Le personnel des établissements hospitaliers a aujourd’hui observé une minute de silence en pensant à l’infirmière assassinée par un psychopathe qui avait déjà poignardé quatre personnes en 2017. Il semble en vouloir aux « blouses blanches » pour les traitements qu’il aurait subis dans les hôpitaux, et qui ont été manifestement inefficaces. A cette occasion les insuffisances de la psychiatrie en France sont soulignées : manque de moyens, manque de personnel. Je me demande si une psychiatrie performante aurait pu empêcher un tel drame. Avoir déjà poignardé quatre personnes, et néanmoins remis en circulation avec un traitement qui avait peu de probabilité d’être pris régulièrement par l’intéressé. Sa responsabilité pénale devait être jugée pour les agressions antérieures. Même s’il est considéré comme non responsable mentalement, je crains que les « blouses blanches », qu’il semble haïr, ne pourront rien pour lui, mais on peut peut-être les protéger en écartant un tel psychopathe de la société. Six personnes poignardées (une secrétaire a également été blessée au CHU de Reims au moment de l’assassinat de Carène Mezino), c’est tout de même beaucoup.
A côté de ce grand psychopathe meurtrier, de nombreux petits déséquilibrés sont parmi nous. Les soignants ont été applaudis chaque soir au début de la pandémie à SARS-CoV-2, à présent ils sont volontiers agressés. Le dernier rapport de l’observatoire sur la sécurité des médecins publié hier indique 1244 déclarations d’incidents violents recensées par les médecins sur l’année 2022. Ce chiffre jamais atteint (+ 23% par rapport à 2021) est probablement sous-estimé car les médecins ne signalent pas toujours les agressions qu’ils subissent.
« Dans 73% des cas, les médecins rapportent des agressions verbales et des menaces, qui sont en nette progression depuis 2021, passant de 710 à 906 médecins agressés ou menacés cette année. S’en suivent les vols dans 10% des cas. Le principal motif évoqué par les médecins vient d’un reproche fait sur une prise en charge (33%) et un refus de prescription (20%). L’observatoire note également que près de 6 médecins sur 10 qui ont effectué un signalement de violence ne déposent ni plainte ni main courante. »
La profession de médecin n’est plus ce qu’elle était. Plutôt que d'enseigner aux étudiants en médecine des matières dont ils ne se serviront jamais dans leur pratique future, il serait opportun de leur apprendre les sports de combat.
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