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45. Histoires de remèdes (1)

« L’obsession des remèdes marque la fin d’une civilisation » disait Cioran. L’obsession des remèdes est de tous les temps et ce, quelle que soit la teneur des remèdes

Potions amères

Au Moyen Age on croyait aux vertus curatives de drogues prétendument faites avec des animaux extraordinaires, dragon, licorne, phénix. On utilise toujours la poudre d’os fossile de mammouth, pris longtemps pour des restes de dragon, en Chine, où l’animal est sympathique et bénéfique.  « Le dragon a le pouvoir de prendre de nombreuses formes, mais celles-ci sont impénétrables… Ses os, ses dents et sa salive possèdent des vertus médicinales….ses yeux, séchés et  battus dans du miel, forment un liniment efficace contre les cauchemars. », mais «  Le temps a considérablement émoussé le prestige des dragons »[1].  

Voici quelques médications de la pharmacopée officielle au XVIIe siècle : yeux de crabe, plumes de perdrix, araignées vivantes enrobées de beurre, œufs de fourmi, excréments de chien et même de la poudre de momie égyptienne ou de la lunea faite avec de la poudre d’os de crâne humain…[2]

                                                                                                                                                                

Une guerre autour d’un remède

La découverte du « vin émétique » à base d’antimoine, bénéfique dans certaines maladies digestives, a été attribuée à Basile Valentin,  bénédictin alchimiste d’Ehrfurth, au XVe siècle. Après l’avoir testé sur des porcs, ce bon moine l’essaya sur les frères dont il envoya quelques uns ad patres, d’où le nom. Mais il semble que le père Valentin n’ait jamais existé et que l’antimoine ait été amené plus tôt à Montpellier par les Arabes et utilisé en vertu du principe que puisque l ‘antimoine purifie l’or en alchimie, il doit bien en faire autant du corps. Quoi qu’il en soit ce fût le prétexte pendant une centaine d’années de disputes invraisemblables : « la guerre de l’antimoine ». Le doyen de la Faculté de Paris, Gui Patin parle de « forfanterie arabesque ». On publie des libelles : « L’Antimoine justifié », « L’Antimoine triomphant », « Le rabbat joye de l’Antimoine triomphant »[3] . Louis XIV ayant été guéri de troubles digestifs grâce à l’antimoine, le Parlement s’en mêle et l ‘autorise.



Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora

[1] Jorge Luis Borges (Le livre des êtres imaginaires, éd. Gallimard)

[2] D’après K. Walker (Histoire de la Médecine)

[3] Cités par J. Lévy-Valensi dans  Histoire générale de la Médecine…  sous la direction du Pr Laignel-Lavastine

 

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O
Merci et bonne année 2010. Les "Chroniques médicales" sont plutôt des récits et des commentaires sur la médecine d'hier et d'aujourd'hui. Je n'ai publié que très peu de "Questions médicales" mais pas l'allergie. Dr WO
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N
Bon année docteur Wo. Je me suis volontairement égarée dans vos " monde " médicale, pour voir si vous évoquiez le monde des allergies subites, sans objets, et UNIQUE, dans le sens, divirginisation. Se que j'ai pu en découvrir dans les sites parcourus ne m'apportant rien que je ne sache déjà ! Et tel Prévert, dans un poème qui fit ma joie au temps de ma jeunesse, je n'ai rien trouvé ! Merci, malgré tout, j'ai été heureuse de découvrir votre site . Nettoue
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O
C'est d'autant plus remarquable de venir ici déposer un commentaire. Dr WO
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S
C'est vrai que je n'aurais pas beaucoup aimé être malade ne serait-ce qu'au début du siècle dernier !<br /> Je n'ai toujours pas de connexion internet, ne m'en veuillez donc pas si je suis un peu...absente.
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O
Adriaen Brouwer "potion amère" (1635-1638). Pendant que la plupart des autres peintres accrochaient et décrochaient le Christ, ce peintre flamand ne peignait que des scènes de la vie ordinaire (y compris un père torchant son enfant !) Dr WO
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L
Pouvez-vous m'indiquer les références du tableau qui ouvre votre chronique?
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O
Vous avez raison : une imagination proche de la poésie...Et du charlatanisme. Mais les médecins avaient si peu de moyens : ils s'adressaient à la croyance. Dr WO
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S
L'histoire des remèdes éveille plutôt ma curiosité et finalement je suis assez émerveillée par l'imagination de ces chercheurs même si la corne de dragon séchée est peu raisonnable...Mais comme vous l'expliquiez, l'effet placebo, ça marche d'autant mieux que le produit est rare et cher !
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O
Il y a des constantes dans les rapports de l'homme et du remède, c'est pour ça que la phrase de Cioran en tête de l'article est très discutable. Dr WO
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L
Des raisonnements similaires sont utilisés de nos jours par les fabricants de cosmétiques. On a connu le savon "Palmolive" à l'époque où l'olivier et le palmier poussaient loin de chez nous, les produits "à l'huile de vison" (ça fait riche) ou au "blanc de baleine"(du vulgaire saindoux de ces pauvres bêtes). Maintenant la poésie va se nicher dans les plantes exotiques sans qu'une efficacité autre que commerciale soit prouvée.
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