L’ex députée LREM Martine Wonner en a fait un plein usage au plus fort de la pandémie de la COVID-19 en avançant sa qualité de médecin psychiatre, bien que les études de psychiatrie n’apportent pas une expertise en matière de maladies infectieuses et plus spécifiquement en virologie. Cette dernière remarque étant de faible poids car bon nombre d’infectiologues lui ont tenu compagnie. Elle a déclaré, entre autres, que le masque "ne servait strictement à rien" (suivant en cela l’ânerie proférée initialement par la Direction Générale de la Santé) et que les vaccins contre le Covid-19 pouvaient déclencher "des fausses couches", de "multiples cancers" et transmettre "le sida". Lors d'une manifestation contre le passe sanitaire, elle avait également appelé à "faire le siège des parlementaires" et à "envahir leurs permanences".
La chambre disciplinaire du conseil régional de l'ordre des médecins du Grand-Est a annoncé, vendredi 25 novembre, la suspension pour un an de ses activités médicales. En fait, Martine Wonner n'exerce plus la médecine depuis la loi du 5 août 2021 qui interdit aux professionnels de santé non vaccinés contre la COVID-19 d’exercer leur métier. Martine a évidemment réagi vivement à cette décision en déclarant : "Cette décision est totalement scandaleuse. Je suis extrêmement et profondément inquiète quant à la liberté d'opinion et la liberté d'expression dans notre pays".
Ce qui est intéressant dans cette déclaration est que cette psychiatre considère que toutes les affirmations qu’elle a sorties dans le domaine médical étaient des opinions, donc couvertes par la liberté d’expression. Or, si on peut avoir une opinion en politique, en art ou pour toute manifestation culturelle, en matière scientifique, et notamment en médecine, l’opinion n’a pas sa place, il n’y a que des hypothèses et des preuves. Seule une hypothèse prouvée peut être utilisée pour l’exercice médical, ce qui n’exclue pas qu’une hypothèse différente mieux prouvée vienne la remplacer ultérieurement ou qu’une hypothèse non prouvée puisse être utilisée en urgence quand on n’a rien d’autre (ce qui a justifié initialement l’utilisation de l’hydroxychloroquine par le Pr Raoult).
Martine Wonner a des opinions (certaines particulièrement farfelues) et aucune preuve de ce qu’elle avance, et pire, elle ne tient absolument pas compte des hypothèses qui ont été largement prouvées comme l’efficacité du masque et des vaccins qui n’apportent évidemment pas une protection absolue mais réduisent nettement les risques de contamination et d’évolution grave de la maladie. De la même façon, elle ne tient pas compte de celles dont on a prouvé qu’elles étaient erronées (comme l’efficacité du traitement par l’hydroxychloroquine).
Peut-être qu’en psychiatrie on peut avoir des opinions sur un patient et que les preuves en ce domaine sont plus difficiles à établir que pour les autres spécialités médicales. Ce qui n’excuse aucunement Mme Martine Wooner d’avoir pris la liberté de dire n’importe quoi.