La communication du gouvernement, quel qu'il soit, comporte des « éléments de langage », formules adoptées par le porte-parole et les ministres, et qu'ils devront répéter pour convaincre la population du bienfondé des décisions, pour vanter des actions ou masquer des insuffisances. Cette sémantique change avec les circonstances. Aujourd’hui, la circonstance dominante est, bien entendu, la pandémie responsable pour l’instant de plus de 90000 en France, ce qui n’est pas mal pour une « grippette ». Manifestement, le virus SARS-Co-2 n’a pas aimé le mépris que certains ont affiché à son égard lors de son émergence. Quoi qu’il en soit, il me semble que l’élément de langage gouvernemental qui revient le plus souvent dans les bouches ministérielles est : « la montée en puissance ». Formule astucieuse qui, par un tour de passe-passe sémantique, utilise le mot puissance pour traduire une situation de faiblesse. Nous avons eu la « montée en puissance » pour les tests de dépistage et nous avons à présent le « montée en puissance » pour la vaccination. Ce serait mesquin de ne pas reconnaitre que pour le dépistage comme pour la vaccination le nombre de personnes intéressées a aujourd’hui augmenté, mais parler de « puissance », c’est tout de même de la poudre aux yeux un peu irritante, et quand initialement la « montée en puissance » avait été fièrement annoncée, elle ressemblait plutôt à une accélération au point mort. La lenteur du démarrage de la vaccination ayant été présentée comme une stratégie dont on ne sait pas si la raison en était une impuissance ou une pusillanimité. Une faiblesse que l'on ne retrouve pas ailleurs : Le professeur Zeev Rotstein, directeur général de L'hôpital Hadassah de Jérusalem, ayant décidé que les droits de patients étaient plus importants que celui du personnel à refuser la vaccination dans la mesure où "le public en état de vulnérabilité et de faiblesse doit être protégé". Il a donc mis 80 de ses personnels (qui ne répondaient à aucune des conditions dérogatoires), notamment des médecins et des infirmiers, en congé sans solde pour avoir refusé de se vacciner contre la Covid-19. Une décision qui aurait provoqué une révolution en France alors que la contamination va bon train à l'hôpital. Illustration : triomphe de la première vaccinée en France.