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305. La couleur des aliments

305. La couleur des aliments

« Après une bataille de plusieurs années, le logo nutritionnel coloriel Nutri-Score a été adopté officiellement en France en octobre 2017 (puis en Belgique, en Espagne, en Allemagne et aux Pays-Bas). Destiné à être affiché sur la face avant des emballages alimentaires, il a un double objectif : aider les consommateurs à juger, d’un simple coup d’œil, de la qualité nutritionnelle globale des aliments au moment de leur acte d’achat et inciter les industriels à reformuler la composition nutritionnelle des aliments qu’ils produisent. Le choix du Nutri-Score par les autorités de santé publique repose sur des bases scientifiques solides (plus de 40 études) qui ont validé l’algorithme sous-tendant le calcul du Nutri-Score et démontré son efficacité…Dans une étude récente de modélisation il a été démontré que le Nutri-Score apposé sur l’ensemble des aliments permettrait, en France, de réduire la mortalité par maladies chroniques de 3,4 %, soit de 6 600 à 8 500 décès qui pourraient être évités chaque année par cette simple mesure de santé publique. » (extrait d’un éditorial de Serge Hercberg paru dans la Revue du praticien de décembre 2019 )

L’auteur de cet éditorial appelle à rendre obligatoire pour toutes les entreprises l’apposition de ce logo nutritionnel coloré du vert au rouge, car nombre d’entreprises sont très opposées à cette exposition, et l’auteur cite entre autres : Coca-Cola, Mars, Mondelez, Unilever, Kellogg’s, Ferrero…

Le bénéfice en matière de santé publique avancé par l’auteur est impressionnant, et il parle de bénéfice démontré, or il s’agit d’une modélisation et non d’une démonstration. C’est une prospective probable mais non certaine. Loin de moi l’idée qu’il ne faut pas s’efforcer de manger plus sain, c’est à dire en général de façon plus ennuyeuse en retirant le plus souvent à la table le plaisir qu’elle peut donner. Je ne parle pas du Coca-Cola dont la consommation pour accompagner les aliments m’a toujours paru une aberration mais qui s’est malheureusement généralisée. Sélectionner ses aliments comme s’il s’agissait de médicaments (« nutriments ») me semble triste. Comme dit l’autre « je ne sais pas si en suivant ce régime vous prolongerez votre vie, mais il est certain qu’elle vous paraîtra plus longue »

Le « Nutri-Score » est sûrement une bonne chose, surtout s’il permet d’écarter des saloperies. Mais c’est encore une médicalisation de la vie courante, une inquiétude supplémentaire, une incursion dans notre liberté de choisir, un formatage des esprits.

J’ai eu l’expérience douloureuse concernant deux de mes amies, toutes deux obsédées par la sélection alimentaire, cuisant tout à la vapeur, se privant depuis des décennies de croissants ou d’autres mets qu’elles aimaient. Elles sont mortes toutes les deux prématurément d’un cancer du pancréas. Aucune valeur statistique, mais quelle triste ironie.

Illustration : Renoir "Le déjeuner des canotiers"

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U
Cher Doc,<br /> Un code de plus.... tout est désormais normé....c'est ainsi...<br /> Un tout grand merci pour vos billets qui se lisent toute l'année avec plaisir.<br /> Excellent réveillon de la Saint-Sylvestre.<br /> Bien à vous
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S
Le Nutri-Score est inutile dans les familles où bâfrer, s'empiffrer, se gâver, est synonyme de bien manger, de savoir-vivre et recevoir. Résultat : de plus en plus d'ados obèses.<br /> Moi, cuisse de mouche (fleur de banlieue),  ma taille est plus mince que la retraite des vieux, je peux m'adonner au foie gras des fêtes, mais ensuite, l'année nouvelle commence par un mois de soupes.<br />  
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C
Ce n'est pas une mauvaise idée en soi, mais le problème c'est qu'on risque  de voir ajouter rapidement aux critères purement nutritionnels des critères qu'imposeront les ONG (du genre "coût carbone" "éco-responsable" ou "issu de la déforestation". 
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P
Ce nutriscore aura au moins l'avantage (j'espère) de dégoûter les fabricants d'aliments en barquettes ou en boîtes d'utiliser de faux produits et de mettre des additifs pour donner du goût à des aliments qui devraient en avoir.
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B
 <br /> Il m'arrive de regarder sur une chaîne de télé dont le nom commence par "M" et finit par "6" une émission à mi-chemin entre jeu télévisé, télé-réalité, concours culinaire et promotion d'un chef propriétaire de plusieurs restaurants gastronomiques, mais qui n'a rien d'autre à faire que d'animer deux ou trois spectacles de ce genre en prime-time ou de jouer à Fort-Boyard.<br /> Le principe de l'émission est que des apprentis cuisiniers de 15 à 18 ans ou de purs amateurs arrivent à stupéfier ce chef multi-étoilé, Meilleur Ouvrier de France, ambassadeur de la bière Kronenbourg et revendeur de matériel (de qualité) pour la cuisine.<br /> Pour ça, ils doivent à un moment donné cuisiner et "valoriser" des ingrédients de grande qualité fournis par de petits producteurs ou des artisans, ou "revisiter" un plat tout à fait quelconque, en évitant les colères et les railleries du meneur de jeu. <br /> C'est ainsi que j'ai appris que le saumon fumé (je crois) est excellent grâce aux nombreux oligo-éléments qu'il renferme, que la viande de pintade (je recrois) contient des bonnes protéines indispensables pour la santé et que les carottes (je re-recrois) qui poussent en pleine terre ou dans le sable et récoltées à la bonne saison ont des vitamines plus vitaminées que celles achetées en sac plastique bio-dégradable (ou pas).<br /> On en apprend tous les jours et à tout âge.<br />  
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