Accouchement à Pompéi
« Depuis 2011, l’État du Texas a approuvé une série de lois visant à restreindre le recours à l’avortement.
Sa dernière idée en date est d’imposer aux femmes qui avortent ou à celles qui font une fausse couche à l’hôpital, l’enterrement du fœtus, quel que soit le stade de la grossesse. En pratique l’état interdira aux établissements de santé de se débarrasser des restes fœtaux dans les décharges sanitaires, et n’autorisera que la crémation ou l’inhumation pour les embryons. La mesure devrait être effective d’ici à la fin de l’année. » (Journal International de Médecine).
Il est évident qu’un processus de disparition des tissus embryonnaires ou foetaux similaire à celui consacré à la disparition d’un être humain entièrement constitué, vise à culpabiliser les procréateurs en les assimilant à des meurtriers, avec, de plus, l’épreuve d’être le témoin, même à distance, de l’inhumation ou de la crémation de l’amas cellulaire ou d'un foetus partiellement formé dont ils sont accusés de l'avoir volontairement tué.
"Deux équipes, américaine et britannique, sont parvenues à cultiver in vitro des embryons humains jusqu’à 14 jours, alors que la limite technique était auparavant de 9 jours (en photo, un embryon de 11 jours)" (Le Monde)
A quand l’inhumation du sperme dispersé et des ovules perdus ? Les gamètes sont des demi-êtres humains potentiels, et leur rencontre peut aboutir à un fœtus qui, à 12 semaines, n’est ni fini, ni viable.
Foetus de 12 semaines
La culpabilisation est l’élément moteur de la plupart des religions, elle leur permet de dominer le croyant et de lui imposer une conduite dogmatique.
Il est évident que chacun a le droit d’avoir son opinion sur l’avortement. Mais chacune doit être libre d’interrompre sa grossesse ou pas à un stade précoce. Ce n’est pas une affaire d’homme, mais de femme, et les prêtres, qui ne sont pas – en principe - directement confrontés à cette situation, ont encore moins le droit de décider pour les autres, qu’ils fassent ou pas intervenir Dieu dont ils prétendent, indûment, connaître l’opinion en ce domaine.
Quand je préparais jadis le concours de l’externat des hôpitaux de Paris, dans le programme figurait une question intitulée : « Complications de l’avortement criminel », c’était donc avant la loi sur l’interruption volontaire de grossesse de 1975. Ces complications consécutives aux avortements clandestins, faites dans des conditions souvent épouvantables, étaient nombreuses et certaines mortelles.
Tout cela pour dire, ce que chacun est censé savoir, que les femmes confrontées à des situations difficiles ont été amenées de tout temps à se résoudre, souvent douloureusement, à interrompre une grossesse en prenant pour le faire un risque vital en l’absence d’encadrement médical, et celui-ci n’a été proposé que très récemment. Les culpabiliser, de surcroît, manque totalement de compassion.
L’encadrement de l'IVG est un moindre mal, même si la contraception est préférable. Celle-ci n’est cependant pas pour autant en odeur de sainteté dans les religions qui ont la manie malsaine de se mêler de l’intimité de leurs brebis, et d’encourager la procréation même si les enfants à naître risquent d’être menacés de mourir dans leurs premières années de maladie ou de faim.