30 Octobre 2026
Quand on est marqué sur le plan idéologique, quand on regarde le monde en lui appliquant une grille de lecture pré-établie et une analyse des faits selon un ensemble d’idées considérées comme vraies et celles qui y sont opposées comme fausses, il arrive que la réalité n’entre pas dans la grille de lecture. Quand cette réalité est exposée par autrui et que l’on ne peut pas balayer le réel ne cadrant avec ses opinions, la seule alternative est de s’attaquer à l’interlocuteur en mettant en cause son statut social, ses antécédents, ses prises de position antérieures pour le décrédibiliser en tant qu’individu ou source d’informations, en espérant ainsi mettre en doute la véracité de son discours.
C’est l’argument « ad hominem » largement utilisé par le RN ou LFI, un argument qui clos tout débat puisque leurs militants contestent le droit de parler à l’opposant ou à la source d’information, même si sa parole est vraie et surtout si elle est vraie. Le fameux « d’où parles-tu camarade » de mai 68 entre dans la même catégorie, ce n’est pas la teneur du discours qui importe, un discours n’est valable que si celui qui le prononce est accepté. On finit par n’écouter que ceux qui sont et qui ne pensent que comme vous et ne montrent que ce qui vous convient. Le message n’est entendu que si vous vous entendez avec le messager.
Veuillez excuser la banalité du propos, je l’ai rédigé pour me soulager car l’argument « ad hominem » m’énerve particulièrement.
Illustration : Louis Moeller « The conversation »