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Bassesse

Michel Houellebecq, dans une chronique (écrite avec Laurent Frémont, enseignant à Sciences Po) contre la loi en discussion à l’Assemblée Nationale sur l’aide active à mourir, a déclaré : « un mourant coûte, un mort ne coûte rien ». Décevant. Ayant lu les livres de Houellebecq, je sais que cet écrivain a parfois l’esprit tordu pour ne pas dire  malsain, mais comment peut-il projeter une telle bassesse sur l’esprit des autres ? Il y a, bien sûr, des arguments philosophiques ou religieux contre l’acte crucial de donner la mort à son prochain, même si elle librement réclamée par celui-ci, mais penser que ceux qui proposent aux Français (qui n’ont pas les moyens d’aller à l’étranger) de disposer à l’heure de la mort de cette liberté dans des conditions bien précises, puissent le faire par souci d’économie est proprement indigne.

 

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S
Dans la boite à gants de ma voiture, j'avais mis un don de mon corps à la "science" en cas d'accident <br /> https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043895775/<br /> <br /> Et maintenant j'aimerais savoir comment se faire piquer et rendre son âme directement à Dieu, pour éviter les établissements pour personnes âgées dépendantes EHPAD, l'horreur.
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D
Vous ne remplissez pas encore les conditions nécessaires pour bénéficier du procédé.
B
Pour ma part je voudrais préciser une petite chose (si vous le permettez, Doc).<br /> Je veux bien croire en l'aspect charitable et miséricordieux d'euthanasier quiconque en aurait fait la demande. Dont acte et de toute façon cela ne me regarde pas, je crois.<br /> Voila donc : je m'interroge, dans la mesure de mes capacités, sur ce que ce progrès nous dit sur nous-même ou sur ceux qui pensent et décident pour moi-même.<br /> L'homme (pardon : "l'être humain...") a t-il jamais été confronté à un tel choix éthique où la raison, les sentiments, les sciences et la philosophie (j'allais ajouter "les religions") sont poussés dans leurs derniers ou avant-derniers retranchements ?<br /> Y a t-il une différence fondamentale entre l'aide à mourir, la gestation pour autrui, les transitions de genre ou même les interruptions volontaires de grossesse telles que comprises actuellement ? Les besoins existent, les techniques le permettent, la morale l'accepte. Mais "où s'arrêteront ils", comme disait Coluche<br /> Il est possible que je sois encore "à côté de la plaque" et/ou que ce soit un effet de "mes idées fixes ou de ma mauvaise foi", mais vous savez on ne se connait jamais vraiment soi-même, comme l'aurait voulu Montaigne à moins que ce ne soit Socrate..
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B
" il arrive un moment où ce que l'on sait faire se fera "<br /> <br /> (no comment... et je n'insiste pas --pitié ou miséricorde ?)
D
Bien sûr que le choix éthique est primordial et l'on se trouve devant une contradiction justement d'ordre religieux : le "tu ne tueras pas" de la bible hébraïque face à la miséricorde que l'on doit à l'autre. Le choix est très difficile et les uns choisissent le commandement biblique et les autres la pitié.<br /> Il ne faut pas mettre sur le même plan l'aide à mourir, la gestation pour autrui, les transitions de genre ou les interruptions volontaires de grossesse car on peut avoir un avis différent pour chacun de ces actes. Oui, la société change dans le sens d'une primauté de l'individu sur le groupe, chacun aura son avis sur cette évolution, mais il est difficile de s'y opposer car il arrive un moment où ce que l'on sait faire se fera. Même les dictatures finissent par flancher.
P
Pour les gens conscients? Pour les autres, on parle d'euthanasie ou on les laisse délirer?
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D
J'ajoute que la loi actuelle permet de tuer lentement un malade en phase terminale (pas d'alimentation et sédatifs)
D
La loi (que je n'ai pas vue en détail), implique une demande du patient (validité contrôlée par des médecins) qui peut injecter la substance léthale lui-même (suicide assisté) ou par une autre personne s'il n'est pas capable de le faire (euthanasie). Les comas prolongés n'entrent pas dans le cadre de la loi, à ma connaissance.
C
Je voudrais dire que, pour ma part, je suis également résolument contre le droit de tuer des gens ! C'est odieux, c'est cruel, c'est inhumain ! <br /> <br /> PS : je parle, bien sûr, du droit que s'arrogent des dictateurs criminels et mégalomanes à envoyer à la mort des centaines de milliers de jeunes hommes qui ne demandaient qu'à vivre, aimer, fonder une famille.(1)<br /> <br /> Pour ce qui est des malades qui souffrent le martyre, qui voient leur corps se dégrader sans aucun espoir de guérison et qui savent que de toute façon la mort sera au bout de souffrances insupportables, je suis bien sûr, favorable à ce qu'on les aide à mourir dans la dignité et dans une relative sérénité.
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D
Et chacun est libre d'utiliser ou non cette possibilité dans des conditions précises. Je ne connais pas les détails de la loi proposée pour que toute dérive soit évitée. Je crois que la pathologie psycho- psychiatrique est écartée des motifs, ce qui n'a pas été le cas en Belgique.
P
Dans le premier cas, je n'ai besoin de personne dans les autres cas, à quoi sert la loi? J'aurais pu manifester mon intention avant? Oui mais j'aurais pu changer d'avis.
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D
Vous pouvez toujours changer d'avis. La loi est faite pour les gens conscients.
P
Tout ça est mal fichu car on bute sur des impossibilités: ou je suis en mesure de le faire et je me suicide <br /> ou je ne peux ni bouger ni parler mais conscient sans pouvoir communiquer et qui voudra m'achever? <br /> ou je suis inconscient et qui voudra abréger mes souffrances?
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D
La question est celle du suicide. Vous, je crois que vous possédez une arme.
L
Ce n'est pas une bassesse, c'est un constat que j'ai fait quand mon époux était au plus bas, la petite nouvelle gérontologue (à qui on n'avait pas appris le tact, la pitié et la politesse) me l'a dit : "je renvoie votre mari mourir chez lui, il occupe un lit, et l'hôpital a besoin d'argent frais!" L'interne a été autant suffoqué que moi !
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L
Mais je persiste dans mon refus qu'une loi voté par des incapables pour la plupart comme Danielle Obono, ou encore Rachel Coco femme de chambre d'hôtel au paravent !
D
Ne parlons pas de l'indélicatesse de cette femme, mais elle n'a pas proposé ( ce qui lui était impossible) de lui donner la mort pour libérer un lit. Devant cette proposition de loi les gens qui s'y opposent font des amalgames très douteux comme cet imbécile de Philippot qui a déclaré que cette loi permettra d'avoir des organes frais pour les transplantations en prévoyant "un formidable marché qui se met en place". La motivation économique pour justifier l'opposition à cette loi me parait indécente. alors qu'il s'agit de souffrances et ceux qui l'invoque ont un esprit mercantile bien curieux.