558. Le coup de pouce du hasard
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Dans les années 1960, les accidents de la route étaient à l’origine d’une véritable hécatombe : près de 16000 morts et 300000 blessés par an ! (Aujourd’hui : 3000 morts par an avec 4 fois plus de voitures en circulation). Beaucoup d’accidentés, faute de soins rapides, mourraient sur le lieu de l’accident, alors qu’ils étaient parfois proches d’un hôpital, ou pendant le transport. Les médecins hospitaliers susceptibles de porter secours à ces accidentés pouvaient avoir connaissance d’un accident proche de leur hôpital sans pouvoir intervenir car il leur était interdit d’en sortir pour donner les premiers soins.
A Toulouse, l’un d’entre eux, Louis Lareng, décida avec son équipe de braver le règlement et d’intervenir comme il le disait « au pied du platane ». Il fut donc question de sanctionner ces rebelles qualifiés de cow-boys. Mais le hasard, plus joliment dénommé le destin, fit que Louis Lareng et ses complices sauvèrent la vie d’un jeune homme accidenté dont le père était justement membre de la commission chargée de sanctionner le meneur de ces voltigeurs secouristes. Bien sûr, les rebelles furent pardonnés et on leur donna même les moyens pour intervenir hors des murs de l’hôpital. Ainsi fut créé le SAMU (Service d'Aide Médicale d'Urgence) et la régulation par le 15, Louis Lareng étant devenu par la suite député.
Le 15 reçoit plus de 40000 appels téléphoniques par jour et cette organisation sauve quotidiennement la vie de milliers de personnes.
Illustration : Eugène Delacroix « Le samaritain »
Source : Jean-Noël Fabiani-Salmon, La Revue du Praticien avril 2026