Chair à canon
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Kim Jong Un est la caricature obèse de Poutine. Tous les deux sont régulièrement élus à une majorité écrasante par leur peuple et issus du communisme avec pour le premier une touche royaliste inattendue puisque qu’il est le troisième rejeton de la même famille à régner de façon absolue sur la Corée du Nord. Quoi qu’ils fassent ou quoi qu’ils disent ils sont applaudis, mais de façon plus unanime pour le Coréen que pour le Russe car pour le premier les applaudissements sont obligatoires et mécaniques comme le feraient des marionnettes dépourvues de tout âme. D’ailleurs la Corée du Nord n’a plus d‘âme, sinon celle de son dirigeant obligatoirement admiré par des foules prosternées à l’égal d’un prophète ayant pris du poids. J’ignore si Poutine aimerait être sa caricature asiatique, mais les deux s’entendent très bien, éliminent ceux qui n'applaudissent pas et se rendent de multiples services.
Le Coréen, disposant d’un peuple esclave, fait cadeau à Poutine de soldats pour se faire tuer sur le front ukrainien à la place des Russes qui se font tirer un peu l’oreille pour y venir. Le Coréen comme le Russe proclame que l’invasion de l’Ukraine est une guerre juste et sacrée pour défendre « la souveraineté de la Russie, son intégrité territoriale (sic) et ses intérêts sécuritaires », et suprême cadeau pour son ami Poutine, il demande aux soldats coréens qu’il livre à la boucherie de se suicider en se faisant exploser pour ne pas être capturés par les Ukrainiens. En échange, la Corée du Nord reçoit « une aide financière, des technologies militaires, ainsi que de la nourriture et des ressources énergétiques »
On peut dire que Kim Jong Un et Poutine ont signé un accord, la plume trempée dans le sang des autres. La face vilaine du monde se cache de moins en moins et compte bien s’étendre à ce qui reste de regardable.
Illustration : « Le Bœuf écorché́ » de Rembrandt (1655)