Les machines capables de prélever instantanément des connaissances disponibles sur la toile pour en faire une synthèse ordonnée et en tirer des conclusions sont plus intelligentes que la plupart des humains. Ces derniers craignent, à juste titre, qu’elles prennent leur place dans beaucoup de leurs activités, celles justement exigeant de l’intelligence et ne plus l’exercer fait craindre qu’elle régresse chez les humains au fur et à mesure qu’elle croit chez la machine.
On aurait pu se poser un peu la même question avec l’utilisation de l’ordinateur et du smartphone puisqu’elle entraîne une régression de la mémorisation que l’on exerce de moins en moins. On n’apprend plus guère « par cœur » comme l’on disait autrefois puisque l’on peut accéder facilement à la mémoire électronique et on a été jusqu’à parler de « démence numérique »
Ce qui est tout même rassurant est qu’une méta-analyse portant sur 57 études groupant plus de 400 000 participants âgés en moyenne de 68,7 ans suggère le contraire en avançant un effet positif sur la cognition. Les septuagénaires font partie de la première génération à avoir utilisé les outils numériques et ils ont également un âge où les troubles cognitifs peuvent commencer à apparaître. Cette étude a révélé que le risque de troubles cognitifs chez les utilisateurs de smartphones et d’ordinateurs était réduit de 42 % et le taux de déclin cognitif était environ un quart plus lent par rapport aux non-utilisateurs.
Ce qui devrait rassurer mes visiteurs qui utilisent forcément un ordinateur et/ou un smartphone. Mais il existe cependant un biais : cette génération des 70 ans a vu l’émergence de ces outils informatiques. Il serait donc possible que les seniors qui se sont ouverts aux nouvelles possibilités aient été a priori plus instruits, plus curieux et plus actifs intellectuellement.
Que ne ferais-je pas pour recruter des visiteurs…
Référence : Benge JF, Scullin MK. A meta-analysis of technology use and cognitive aging. Nat Hum Behav. Published online April 14, 2025. Sur Univadis.