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132. La solitude de l'homme

132. La solitude de l'hommeLes chromosomes porteurs des gènes qui programment les caractères d’un être humain forment 22 couples de chromosomes semblables quel que soit le sexe, l’un des membres du couple provenant de la mère et l’autre du père.

Le 23ème couple (de même provenance) est formé par les chromosomes sexuels. Ils sont semblables chez la femme : XX, couple que l’on pourrait appeler  « lesbien » (et richement pourvu en gènes), et différents chez l’homme : XY, couple que l’on pourrait appeler « hétéro » (je souligne que ces dénominations personnelles n’ont aucune investiture scientifique).

Il faut noter qu’un Y n’est qu’un X qui a perdu une de ses branches et Jenny Graves de l’université de Canberra pense que le mâle n’est qu’un accident de l’évolution (que je trouve pour ma part assez réussi bien qu’un peu agressif, mais je ne suis pas objectif). Beaucoup pensent même que le mâle est destiné à disparaître car ce pauvre Y serait fragile : il perdrait progressivement ses gènes n’ayant pas les moyens de se réparer (et donc vulnérable aux mutations) en utilisant son voisin semblable, X et Y faisant chambre à part.

C’est ce qu’affirmait en 2005 Bryan Sykes de l’université d’Oxford (« La malédiction d’Adam : un futur sans hommes ») qui estime que ce pauvre Y disparaîtra dans une dizaine de millions d’années. Jenny Graves pense, elle, que sa durée de vie ne serait que de 5 millions d’années. Ce qui laisse tout de même du temps pour pérenniser le sexisme. Que les féministes intégristes ne se réjouissent pas trop, car il n’est pas impossible que le gène de la détermination sexuelle puisse être porté dans un avenir lointain par un autre chromosome que cet Y évanescent.

D’autres doutent d’une perte linéaire de gènes car en 25 millions d’années l’Y n’aurait laissé aucune plume si l’on compare l’Y du macaque mâle (dont nous nous sommes séparés au cours de l’évolution à cette lointaine époque) à celui de l’homme d’aujourd’hui. Je ne peux que remercier notre ancêtre le macaque de faire son possible pour nous rassurer sur notre avenir, mais je crains la disparition de l’humanité avant celle du chromosome Y.

Source : Aurélie Haroche, Journal international de Médecine.

Illustration : Macaque de Barbarie.

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