3 Septembre 2018
Hier, sur LCI, j’ai assisté aux échanges entre Daniel Cohn-Bendit et Roselyne Bachelot, l’essentiel étant consacré à la succession de Nicolas Hulot pour lequel ce cher Dany a été sollicité.
Je ne sais que penser de Cohn-Bendit. Quoi que l’on en dise, c’est un personnage sympathique, souvent souriant, apparemment sincère et sans langue de bois. On espère que son discours, car il parle fort bien, viendra épingler autrui. C’est incontestablement une grande gueule que l’on écoute même si l’on est en désaccord avec ses prises de position.
Ce qui est étonnant est que son principal titre de gloire fut d’avoir pris la tête d’un monôme estudiantin il y a cinquante ans, d’avoir été porteur de quelques phrases énigmatiques comme « nous sommes tous des juifs allemands », d’avoir eu la chance d’être pris en photo avec un sourire ironique face un CRS qui avait une tête de plus que lui, et enfin d’avoir été nommé « Dany le rouge », c’est à dire d’avoir obtenu le label un peu usurpé de révolutionnaire. Il a cependant fait un bon score comme tête de la liste écolo à des élections européennes et fut député européen pendant 20 ans.
Il a endossé avec bonheur l’habit du trublion qui s’est un peu usé avec le temps, mais il n’a rien accompli de notable, les manifestations d’enfants de bourgeois bien nourris de Mai 68 se seraient fort bien déroulées sans lui.
Il fallait voir au cours de cette émission le large étalage de son débat intérieur qui a finalement conduit le trublion assagi à ne pas entrer dans l’arène comme successeur de Hulot malgré les amicales pressions venues de tous ses admirateurs. Devenir ministre de l’écologie aurait été selon ses dires une fausse bonne idée.
Car bien entendu remplacer l’habit de trublion par celui de ministre était pour lui une bonne idée. Il n'a aucun doute sur ses compétences. Il faut savoir que Dany ne se prend pas pour une petite merde : il tutoie tout le monde, il fait part au public de ses conversations intimes avec le président de la République et ne manque pas au passage de signaler que celui-ci lui demande son avis pour bien montrer au petit peuple la position de premier plan qu’il est la sienne. Sympathique, beau parleur un peu hâbleur, imbu de lui-même, mais inutile.