• Une littérature apocalyptique

    Une littérature apocalyptique

    Une littérature, mais également les images qui peuvent en être tirées : les films, les téléfilms, les BD et autres étant toujours précédés et/ou accompagnés d’écrits.

    Cette littérature apocalyptique est celle de la science-fiction qui pourrait troquer son nom pour celui de science-affliction tellement les récits de l’avenir qu’elle dépeint sont désespérés. Certes, l’avenir se termine toujours mal qu’il s’agisse de l’avenir de chaque individu - bien que les religions vous promettent un avenir radieux si vous le méritez avec une garantie de durée éternelle - qu’il s’agisse de la terre ou du soleil, l’une et l’autre étant destinés à disparaître dans un délai que l’on peut calculer. Pour l’Univers, je ne me mouillerai pas.

    Je n’ai lu aucun récit optimiste. Je comprends bien qu’un récit où tout baigne serait ennuyeux et peu vendeur, alors les auteurs rivalisent en général dans le pire.

    J’ai lu beaucoup de science-fiction dans ma jeunesse et j’ai récemment un peu renoué avec. Bien sûr, les auteurs imaginent des mondes futurs différents mais on retrouve, le plus souvent, trois thèmes plus ou moins associés :

    D’abord, le totalitarisme : l’individu est écrasé et uniformisé dans une société ou une communauté dont il doit suivre les règles contraignantes et dont il ne peut s’extraire. L'homme se robotise et le robot s'humanise. Le monde futur est policier et surveillé, et l’on persuade l’individu que cette structure totalitaire a été mise en place pour son bien, qu’il n’y a aucun salut en dehors. Ce qui laisse la place à quelques héros rebelles.

    Ensuite, L’inégalité. Le monde est divisé en clans inégaux et séparés. La société du futur est une juxtaposition imperméable de castes, les unes plus avantagées que les autres.

    Enfin, la planète est irrespirable. Soit après une guerre mondiale destructrice laissant une terre en ruine et pelée, soit par l’évolution de la biosphère sous l’effet d’une humanité irresponsable. Ce dernier thème est nettement plus présent dans les ouvrages plus récents.

    On voit que les auteurs de cette littérature apocalyptique jouent sur trois thèmes du présent :

    - La crainte du totalitarisme et pour eux la démocratie ne semble avoir aucun avenir.

    - La montée des inégalités qui, elles, auraient un bel avenir.

    - L’aggravation de la pollution, l’accumulation des déchets, la disparition des espèces.

    Où est la fiction ?

    Illustration : une image de « Soleil vert »

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 15 Mars à 16:52

    A l'époque de Jules Verne, quand on croyait aux bienfaits du progrès technique, la science-fiction (ou l'anticipation) était résolument optimiste. On ne faisait que laisser l'imagination prolonger ce que la science découvrait.
    D nos jours, en prolongeant les avancées scientifiques et en poursuivant l'évolution de nos sociétés, on ne peut être que pessimiste.

      • Jeudi 15 Mars à 17:01

        Vous avez raison. C'est la vision du progrès qui a changé. On se rend compte aujourd'hui que les progrès techniques et scientifiques ont leur face sombre. Cependant, les humains ont toujours eu cette réticence face aux nouveautés telle a été l'hostilité vis à vis de la machine à vapeur ou de l'automobile. Ajoutons le mouvement rétrograde auquel nous assistons comme pour la vaccinations ou des certitudes scientifiques, rondeur de la terre ou la théorie de l'évolution.

    2
    Jeudi 15 Mars à 19:40

    je me souviens d'un courte nouvelle de science-fiction que j'avais lue étant jeune (le premier qui rigole...!)

    La short-story la plus courte (donc la meilleure ?) et la plus désespérée (donc la plus belle ?) qui existe à ma connaissance.

    J'ai oublié l'auteur et le texte exact, mais ça disait à peu près:

     

    Examen d'entrée dans la Confédération Inter-galactique.

    Planète Terre :

     

    ...faire plus bref et plus explicite, faut voir...

      • Jeudi 15 Mars à 20:36

        Et il n'a même pas été ajouté : peut mieux faire.

    3
    Souris donc
    Vendredi 16 Mars à 08:35

    Apocalypse now. Mayotte. Préfiguration de la France dans une génération. Peut-être en accéléré, dans 5 ans. Macron visionnaire : Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent.

    La réalité dépasse l’affliction.

      • Vendredi 16 Mars à 08:40

        Il serait bon que la vision ait des applications pratiques.

    4
    Vendredi 16 Mars à 16:17

    Mais dans beaucoup de livres de science-fiction, après l'apocalypse, il y a quelque part un brin d'herbe qui repousse ! C'est un peu le mythe de Noé revisité....

      • Vendredi 16 Mars à 16:21

        Mais tout juste à mettre entre les dents.

    5
    Nada
    Samedi 17 Mars à 15:34

    >>bedeau : Avez tort. :D A ma connaissance, la plus courte "short short story" s'intitule "science fiction for telepaths". En voici le texte (de mémoire, je n'ai pas sous la main l'antho logie compilée par Asimov) : "Eh, see what I mean ?"

    L'expression "Science-affliction" vient, dans mon souvenir, de Jacques Bergier déplorant que la S.-F. n'était plus le genre du triomphe sur l'espace, du triomphe sur le temps, du triomphe sur la mort. :D


      • Samedi 17 Mars à 15:49

        Dans mon ignorance je pensais avoir fait une trouvaille avec science-affliction. Tout a été dit, on n'invente jamais rien, sauf en science et encore, en cherchant bien on trouve toujours un prédécesseur qui a eu l'idée...parfois dans l'Antiquité.

      • Nada
        Samedi 17 Mars à 17:13

        "Nous avons nos précurseurs" (probablement Bossuet) :D

        Et retrouver Bergier, c'est bien !

        Les bons auteurs de S.-F. ont toujours su poser la question des limites, même quand ils célébraient l'homme face aux forces de la nature (même extra-terrestre !). Heinlein, Leiber, Brunner, Dick, Smith, Simak, Pohl, Campbell, Clarke...

         

      • Samedi 17 Mars à 17:29

        Pour ma part, j'ai surtout apprécié Dick (quelle imagination délirante ! ) et Simak (le remarquable "Demain les chiens")

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