• Un remède à couper le souffle

    La pharmacopée officielle au XVIIe siècle comportait des médications insolites (pour nous) comme des yeux de crabe, des plumes de perdrix, des araignées vivantes enrobées de beurre, des œufs de fourmi, des excréments de chien et même de la poudre de momie égyptienne ou de la lunea faite avec de la poudre d’os de crâne humain…

    On croyait cette époque révolue dans un siècle où l’on est capable de modifier l’activité des récepteurs moléculaires de la cellule ou de manipuler les gènes de l’acide désoxyribonucléique pour intervenir dans le cours d’une maladie.

    Et bien, pas du tout.

    La famille indienne Bathini Goud possède un remède secret qui lui aurait été transmis au XIX siècle par un saint hindou pour traiter l’asthme. Chaque année des milliers de personnes se rassemblent dans une ville du sud de l’Inde pour bénéficier de ce traitement. Il s’agit de « gober un petit poisson vivant dans la bouche duquel on a fourré une boule de pâte à base de plantes censée agir comme remède traditionnel ». Le poisson frétille car il est vivant (alors que l’huitre a la décence de ne pas s’agiter), aussi faut-il des volontaires pour fourrer d'un coup et profondément le poisson chargé du remède dans la bouche du patient et l’obliger à l’avaler en lui bouchant le nez. Les enfants qui, eux, sont restés sains d’esprit n’apprécient pas la chose et sont tenus fermement. Cette ingestion doit être suivie d’un régime strict pendant 45 jours.

    C’est du sérieux. Le gouvernement indien affrète des trains spéciaux et déploie des policiers supplémentaires pour canaliser la foule.

    L’article de l’AFP dont est tirée cette information médicale ne précise pas si cette thérapeutique piscivore à couper le souffle est efficace sur la respiration.

    Aujourd’hui se termine enfin cette trop longue pêche aux voix qui a débuté voilà quelques mois. Les bancs des nouveaux députés vont pouvoir frétiller. Ils vont vite apprendre à nager entre deux eaux. Nous aurons à gober leurs nouvelles lois, espérons que nous n’aurons pas à nous boucher le nez pour pouvoir les avaler et que les remèdes, si ce ne sont pas des placebos, ne nous couperont pas le souffle.

    Un remède à couper le souffle

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 18 Juin à 10:51

    Je connaissais le poisson nettoyeur de pieds, mais pas celui là. Bon je file voter car il commence à faire très chaud. Bon dimanche Doc

      • Dimanche 18 Juin à 11:01

        Avaler un poisson vivant, cela doit être le pied.

    2
    Dimanche 18 Juin à 11:15

    Quelle horreur ! Je crois que je rendrai mon poisson aussi sec !

      • Dimanche 18 Juin à 11:19

        Mais un peu mouillé.

    3
    Souris donc
    Dimanche 18 Juin à 11:40

    Et si le poisson fait une fausse route, le problème est règlé. Définitivement. Pareil avec nos nouveaux députés frétillants ?

      • Dimanche 18 Juin à 14:25

        Un poisson dans le trachée, c'est se noyer à coup sûr.

    4
    Dimanche 18 Juin à 14:21

    Z'auriez pas un peu de Ventoline, s'il vous plaît ? beurk

      • Dimanche 18 Juin à 14:26

        Vous voulez tuer le poisson !

    5
    Dimanche 18 Juin à 14:45

    tant qu'il n'y a pas des antennes ou des pattes de cafards... wink2

      • Dimanche 18 Juin à 15:32

        Oui, le poisson est taillé pour se faufiler.

      • Souris donc
        Dimanche 18 Juin à 17:22

        La preuve. Un incroyable talent. Ne pas se moquer de l'Inde.

      • Dimanche 18 Juin à 17:44

        Mettre un poisson en boîte dans sa bouche sans le tuer, il faut le faire. Mais a-t-il été guéri de son asthme après ?

    6
    Dimanche 18 Juin à 15:13

    Il s'agit de menu fretin, en fait !

      • Dimanche 18 Juin à 15:34

        Encore heureux. les Indiens ne sont pas des sauvages.

    7
    Lundi 19 Juin à 08:34

    Plus le poisson est gros, plus la boule médicamenteuse l'est aussi et plus le remède est efficace. Avec un bar d'un kilo, la guérison est définitive.

      • Lundi 19 Juin à 10:58

        Avec une telle thérapeutique, les patients risquent de se barrer.

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