• Thermodynamique

    Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que Daniel (Dany pour les intimes) Cohn-Bendit est sans cesse invité sur les plateaux et sur les ondes (on a même vu réapparaître Serge July) comme spécialiste du soulèvement populaire inattendu en raison de son passé de meneur lors des monômes étudiants de Mai 1968, assortis de propositions farfelues pseudo révolutionnaires, suivis d’une grève générale qui ébranla l’Etat français jusqu’à faire fuir le général De Gaulle en Allemagne, ce qui compte tenu de son passé fut assez paradoxal.

    Il faut noter qu’il y a plus de motifs aujourd’hui de mécontentements qu’en 1968, année faisant partie sur le plan économique des « trente glorieuses ».

    Mais le processus est comparable avec une disproportion entre la cause immédiate et les conséquences.

    Hier, la brèche fut provoquée au départ par une protestation à Nanterre, puis au quartier latin, contre l’arrestation d’étudiants lors d’une manifestation anti-impérialiste (et plus précisément antiaméricaine, contre la guerre au Viêt-Nam).

    Aujourd’hui, la brèche a été provoquée par les « gilets jaunes », issus d’une classe moyenne en difficulté, protestant contre l’instauration de la taxe carbone (motif plus justifié et moins idéologique que celui de 1968). Le risque est que profitant de cette brèche, tous les mécontents et les opportunistes s’y engouffrent jusqu’à ébranler l’autorité de l’Etat et le menacer sans avoir le moindre projet cohérent à proposer pour remplacer celui du gouvernement actuel.

    Est-ce que soulever un peu le couvercle de la cocotte-minute suffira à calmer les esprits ? Nous savons que les esprits ont tendance à s’échauffer lorsqu’ils se frottent les uns contre les autres. C’est de la thermodynamique. Espérons que cette énergie qui va dans tous les sens se transformera en énergie utile et non pas en anarchie ou en autoritarisme, le second suivant en général la première.

    « Un problème de communicationLa température monte dans les foyers »

  • Commentaires

    1
    Mardi 4 Décembre à 18:42

                               

    ...allusion au général de Villiers, invité généreusement devant les micros et présenté comme un premier ministrable possible chez Ruquier ou chez Ardisson ou chez Hanouna (?)

     

     

      • Mardi 4 Décembre à 19:08

        Pourquoi souhaite-t-on tant de mal à ce général ?

    2
    Mardi 4 Décembre à 19:22

    Le plus difficile pour des grévistes ou des émeutiers est de rentrer à la maison retrouver la monotonie de la vie quotidienne  après plusieurs semaines d'adrénaline, de discours plein d'emphase et de nuits blanches fraternelles. Maurice Thorez le disait lui-même à ses troupes (pourtant plutôt disciplinées à l'époque) : "il faut savoir terminer une grève". 

    C'est marrant de voir aujourd'hui la déception des gilets jaunes et leur détermination à "continuer le combat" pour... pour la sixième république pour les uns, pour que le peuple soit acteur de son destin pour les autres, pour que le contrôle technique obligatoire soit annulé pour celui-ci, pour que Macron soit destitué pour celui-là, pour que le Sénat soit dissous... 

     

     

      • Mardi 4 Décembre à 19:31

        L'incohérence n'est pas pour autant rassurante.

    3
    Souris donc
    Mercredi 5 Décembre à 09:24

    De Rugy les excite avec sa "fiscalité écologique"*. Taxer, c'est en ajouter à une fiscalité dont nous sommes déjà les champions du monde. Peu importe le motif, trop c'est trop. Ils devraient récupérer sur la dépense publique. Ah oui, mais les gens ne veulent pas de taxes, mais en même temps, ils veulent plus de services publics. Ah qu'en termes galants ces choses là sont dites. Les services publics dont on pourrait aisément se passer, ce sont les milliards en politique de la Ville (et en pure perte), les milliards aux vaches sacrées de l'immigration, aides sociales et personnels dédiés. Et qu'on cesse de donner satisfaction aux bobos frivoles et végan, dernière lubie après la trottinette électrique et les moulins à vent qui hérissent la campagne : l'abandon des chaudières au fuel.

    Les gens savent très bien au profit de qui ils se font ponctionner, et la CSG est encore à venir.

    * autre chiffon rouge : le "moratoire". Les gilets jaunes, c'est pas un moratoire qu'ils veulent, c'est une suppression.

    Ils les cherchent ou quoi ?

     

     

      • Mercredi 5 Décembre à 09:52

        La fiscalité écologique remplira les caisses de l'Etat mais ne diminuera pas la température du globe et ne changera pas le comportement des Français qui ne peuvent pas faire autrement. Par contre, elle fera reculer la cause écologique en la rendant impopulaire. En effet les dépenses inutiles ne manquent pas : conseils, commissions, observatoires, subventions d'associations plus nocives (et antirépublicaines) qu'utiles et le train de l'Etat et ses privilèges est à revoir (remplacement des voitures de fonction par des trottinettes électriques...smile). La gestion de la crise actuelle y compris le maintien de l'ordre a été mauvaise. On peut rendre hommage au sang-froid de la police, mais pourquoi l'Arc de Triomphe n'a-t-il pas été protégé pendant toute la journée de samedi dernier ?

      • Souris donc
        Jeudi 6 Décembre à 08:27

        Je commence à en avoir assez de voir des gilets jaunes dans tous les coins et recoins (ne parlons pas des saccages et pillages parisiens qui sont le fait des antifa-zadistes-blackblocs infiltrés). Ici ils s'incrustent dans le décor champêtre, avec maintenant non seulement des gilets jaunes mais des tentes jaunes Quechua. Ils campent. Mon vieux 4x4 diesel avec un gilet jaune sur le tableau de bord passe tout-terrain, parfois sous les applaudissements. Question :

        Hier, sur les chaînes d'info en continu, de Rugy et la pittoresque Schiappa en mission. Hystériques. De Rugy, débit de parole accéléré. Schiappa montant dans les aigus.

        C'est pas ce qui va apaiser les gilets jaunes les plus déterminés.

      • Jeudi 6 Décembre à 08:59

        Il semble que des "gilets jaunes" ont largement participé à la casse. En tout cas ce sont les seuls qui se sont fait prendre (moins expérimentés). On comprend la panique du gouvernement car celui-ci risque de ne pas pouvoir faire face aux désordres qui se profilent. Il y a un effet d'entraînement  que j'ai connu en 1968 mais à l'époque c'était uniquement pour des raisons idéologiques. Là les raisons sont peut-être plus profondes et cela devient dangereux. Aujourd'hui nous avons en outre les réseaux sociaux qui permettent de mobiliser plus vite et qui charrient des mensonges propres à mobiliser les foules dont le degré de réflexion est inversement proportionnel au nombre.

    4
    Mercredi 5 Décembre à 17:40
    Pangloss

    Je suis entièrement d'accord avec vous. Qu'apporterait la destitution de Macron? Ou la suppression du Sénat? Exiger l'impossible, c'est chercher le chaos. Et derrière lui, qui sait?

      • Mercredi 5 Décembre à 21:02

        L'histoire. Même si les événements ne sont jamais identiques, les constantes varient peu.

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