• Thérapie de groupe

    Thérapie de groupe

    Ce petit dessin résume assez bien, à mon avis, l’ambiguïté du débat national proposé par le gouvernement. Il est d’ailleurs regrettable que le dessinateur ait fait passer les deux personnages pour des alcooliques du « Café du commerce » car la remarque est des plus sensées et pourrait venir de personnes sobres (dont je suis).

    Les questions posées sont connues (et même celles que l'on a évité de poser) et demander à la population de donner les réponses est la preuve à la fois de l’échec de la politique, dont le rôle est justement de fournir des solutions acceptées par la nation, et d’une fausse naïveté de la part de l’exécutif pour ne pas parler d’hypocrisie. Car peut-on penser un instant que chacun d’entre nous est armé pour trouver des solutions à des problèmes complexes alors que le gouvernement possède tous les moyens et tous les experts pour le faire.

    Dans le débat initial entre les maires et Macron, celui-ci a montré qu’il était parfaitement au courant des dysfonctionnements qui lui avaient été exposés. Alors s’il les connaît, à quoi rime de demander des solutions à ceux qui ne sont pas à même de les fournir ? Peut-être le sont-ils au niveau local mais il est peu probable qu’ils puissent résoudre des dysfonctionnements au niveau national.

    On va donc sans doute assister à une thérapie de groupe, à une psychanalyse nationale, et, comme chacun le sait, les cures de psychanalyse sont onéreuses. Celle à laquelle nous allons assister nous coûtera sûrement très cher, mais il n’est pas certain qu’elle nous guérisse, et il n’est pas impossible qu’elle nous aggrave.

    Mais quoi qu’il en soit de ce débat, quoi qu’il puisse en sortir, il existe, et à l’initiative du chef de l’Etat. Son existence même est la preuve que nous vivons en démocratie, même si elle est imparfaite. Que ceux qui parlent de la dictature de Macron ne savent manifestement pas ce qu’est un dictateur. C’est celui, qui, comme le dit l’écrivain algérien Kamel Daoud « tue la moitié de son peuple pour gouverner l’autre moitié agenouillée ». C’est celui qui envoie sa police ou son armée, non pas pour reculer devant les coups de poings d’un boxeur, mais mitrailler la foule et laisser derrière elle des dizaines de victimes sur les pavés des rues.

    Alors, il faut peut-être psychanalyser l’inconscient des dirigeants politiques qui parlent de la dictature de Macron tout en admirant eux-mêmes des autocrates sanguinaires. Peut-être faudrait-il mettre à nu les fantasmes des manifestants qui se veulent révolutionnaires et qui font jouer à Macron le rôle de dictateur pour donner à leur révolution un quelconque crédit, car peut-on prendre au sérieux une révolution qui se déroule dans une démocratie libérale où l’exécutif pose des questions à la population, même si son rôle est d’apporter les réponses ? Jouer au révolutionnaire dans un pays comme la France, en comparant la police aux SS allemands, c’est se moquer de tous ceux qui en s’élevant contre une dictature se sont retrouvés en prison, torturés ou morts.

    « Il y a autre chose que le coeur sous le gilet de certainsTrop, c'est trop »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 17 Janvier à 16:49
    Pangloss

    Il y a comme un parfum d'entourloupe quand le gouvernement qu'on imagine au fait du malaise du pays demande que l'on débatte comme si on avait le choix entre des solutions au lieu de faire son boulot: gouverner.

    Quant aux exagérations verbales de part et d'autre (dictature contre factieux), elles font hélas! partie du débat politique.

      • Jeudi 17 Janvier à 17:11

        Je ne sais pas s'il s'agit d'une entourloupe, une volonté de tromper, ou d'une tentative un peu désespérée de sortir d'un conflit social sans solution évidente devant des demandes irréalistes.

        Les exagérations verbales sont dangereuses car quand les mots perdent leur sens, le dialogue devient impossible.

    2
    Halleyjc
    Jeudi 17 Janvier à 17:09
    Je vous vois bien organisant un débat... Humour
      • Jeudi 17 Janvier à 17:23

        Je tenterai d'éviter le piège. 

    3
    Jeudi 17 Janvier à 18:20

    Une thérapie individuelle aurait pu suffire...

    Mais quel traitement pour un individu hurlant, au bord d'une extase frôlant l'hystérie, pendant la campagne électorale présidentielle, des "Vive la République, vive la France..." exaltés... avant de revendiquer avec un calme de gourou sous influence la "dimension christique" de son personnage à la fois mystique et magique?

    Mais quel traitement pour un individu, "dépositaire de l'autorité publique" frayant dans l'enceinte même du palais présidentiel avec une troupe de "muciciens" se définissant eux-mêmes "noirs et pédés"... qui pose avec un sourire niais d'idiot du village avec des adolescents antillais à demi-nus, faisant un doigt d'honneur à qui veut bien le prendre pour soi... qui s'agite comme un tifosi alccolisé dans la tribune présidentielle lors d'un match de foot, et jusque dans les vestiaires des joueurs... qui entretient une danseuse barbouze qu'il couvre de cadeaux dignes d'un James Bond qu'aucun responsable de sécurité "officiel" ne dispose simultanément, entre véhicules de fonction équipés d'accessoires high-tech, scanners de police, passeports diplomatiques vrais ou faux, téléphone crypté secret-défense (liste non exhaustive) 

    Mais quel traitement pour un individu (et ses acolytes) qui insulte régulièrement le peuple qui l'a porté là où il croit être, "fainéants", "alcooliques", "qui foutent le bordel" ou "qui déconnent"... allant même dans sa Lettre aux français", destinée à lancer son Grand Débat, oser écrire avec un genre de compassion qu'il prend pour une forme de condescendance, que celui-ci est ouvert à tous "...sans distinction (d'âge ni) de condition sociale."

    "..aurait pu..."

     

      • Jeudi 17 Janvier à 18:45

        Ce n'est plus une psychanalyse mais un procès. Fautes avouées ne sont-elles pas pardonnées ?

      • Jeudi 17 Janvier à 21:40

        Quels "aveux", pour quel "pardon" ?

         

         

      • Jeudi 17 Janvier à 23:03
        Le 10 décembre. Fautes idiotes mais vénielles. Il s'agit certes d'un président de la République, mais vous êtes bien sévère avec celui-ci, parmi les précédents présidents nous avons eu des escrocs.
      • Vendredi 18 Janvier à 10:02

        On peut prendre "ça" pour des excuses... mais un Président de la République, un Chef d'État, qui se respecte doit-il (faire semblant de) venir, comme un gamin pris en faute, demander pardon pour les gros mots qu'il a prononcés, plutôt que de simplement respecter ses interlocuteurs ? 

        Un Président de la République, un Chef d'État -entouré d'une escouade de conseillers en tous genres et informé par tous les sondages confidentiels et non rendus publics- qui se respecte doit-il (faire semblant de) venir demander aux mêmes ce qui leur ferait plaisir, ce qui les contrarie un chouïa, s'ils prennent fromage ou dessert, alors que depuis des mois, les Préfets, les élus (maires et députés) lui font remonter les informations qu'il va (faire semblant de) découvrir avec un intérêt non dissimulé ?

      • Vendredi 18 Janvier à 11:20

        En effet il eut mieux valu ne pas  commettre impairs et maladresses, mais on ne peut pas reprocher à quelqu'un de ne pas faire d'excuses, puis de s'excuser.

    4
    Halleyjc
    Jeudi 17 Janvier à 19:45
    Qu'elle belle liste de questions. Les réponses sont laissées à l'imagination et à l'humeur de chacun.
      • Jeudi 17 Janvier à 20:41
        Et même s'il existe des réponses, il n'est pas sûr que l'on puisse ou que l'on veuille les mettre en oeuvre
      • Jeudi 17 Janvier à 21:47

        On devrait facilement trouver une liste complémentaire d'autres questions...

        Les réponses, existantes, ne sont pas près d'être révélées au grand jour...

         

      • Jeudi 17 Janvier à 23:05
        Un petit complot pour la route ?
      • Vendredi 18 Janvier à 10:24

        Il ne faut pas voir des complots partout happy...

        Juste quelques pieux mensonges par omission: dans toutes les familles, même surtout politiques, il y a des placards dont chacun préfère garder la porte fermée à cause des cadavres qui sont à l'intérieur et dont les relents pourraient empoisonner l'atmosphère pour plusieurs générations de politiciens de tous bords...

        Par exemple, je me souviens d'avoir entendu un "journaliste" (je crois que c'est comme ça qu'on dit) prétendre que si Benalla avait été sanctionné comme il se doit pour les violences commises le 1er mai dernier, eh ben... on n'en serait pas là aujourd'hui avec toutes ces histoires et ces scandales qui n'en finissent pas et qui pourrissent la vie politique.

         

      • Vendredi 18 Janvier à 10:57

        C'est un point de vue.

    5
    Souris donc
    Vendredi 18 Janvier à 08:47

    Débat National : un contre-feu aux Gilets Jaunes ? Notamment à leur RIC (référendum d'initiative citoyenne) ?

    Les gens n'ont pas oublié que Macron a été élu par défaut : se rappeler le suicide en direct de Marine Le Pen. Et le Pénélopegate, opportunément orchestré par Hollande qui a fourni à Gaspard Gantzer un rapport de Bercy, que celui-ci, de la même promo ENA que Macron, s'est dépêché de lui remettre. Le piteux Hollande obligé de renoncer en direct devant les caméras à la candidature à la présidence.

    Tout ça s'est inscrit dans la mémoire collective des Français, comme les cris de goret en faveur de l'Europe, poussés lors d'un meeting. Et le côté people, l'affichage avec des rappeurs, n'arrange rien.

    Je crois que Macron, toute pensée complexe confondue, prend la mesure du poids de la France Périphérique. De son insécurité sociale et culturelle.

    Y a pas que les bobos parisiens dans la vie.

      • Vendredi 18 Janvier à 11:11

        Chirac avait aussi été élu jadis par défaut. Tous les présidents ont été élus avec une marge faible, c'est à dire ne représentant que la moitié de la France et beaucoup moins si on se réfère au premier tour. On peut critiquer sévèrement les sorties de Macron, mais pas sa légitimité. Gauche et droite se sont suicidés. Fillon s'est révélé une personnalité très critiquable et les sympathisants de droite l'ont préféré à Juppé. Macron a comblé un vide et a été préféré à Marine Le Pen, faut-il le regretter ?

    6
    Vendredi 18 Janvier à 18:53

    En fait ce débat n'est là que pour enterrer le mouvement, car personne ne le demande vraiment et surtout pas les Gilets jaunes

    En tout cas pas ceux qui ont envie de casser du flic, pas ceux qui veulent officialiser la quenelle de Dieudonné, pas ceux qui ont attaqué un ministère, pas ceux qui, affublés d'un Gilet Jaune affirment que ce sont les juifs qui dirigent la France, pas ceux qui agressent physiquement les journalistes, pas Mélenchon, pas Le Pen pas Ruffin, pas Besancenot et pas Dupont-Aignant.   Bref pas les Gilets jaunes ! 

    Les quelques braves gens désœuvrés qui participeront à la thérapie de groupe, comme vous dites, exigeront au final plus de démocratie, plus de justice , moins d'impôts et plus de prestations! Moi je dis bravo d'avance !

      • Vendredi 18 Janvier à 19:20

        Certes, on peut être dubitatif, mais si ce mouvement qui ne sait pas ce qu'il veut sinon créer du désordre et/ou faire à nouveau surgir de vieux démons pouvait être enterré par ce débat après en avoir tiré les leçons, je suis pour.

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