• SOUPIERE

    SOUPIERE

    C'est beau la nature

    C'est beau la verdure

    Un peu ennuyeux peut-être

    Que faire de ce calme champêtre ?

    Que faire sinon se promener et penser

    Penser fatigue bien davantage que marcher

    Alors on regarde autour, mais il n'y a rien à voir :

    Des champs verts à perte de vue ornés de corbeaux noirs

    Et des bovins qui mâchent entre leurs pattes leur pâte à mâcher

    On regarde les vaches qui daignent un regard mou en vous voyant passer

     

    Les poumons étonnés aspirent à pleines narines le pollen emporté par le vent

    On crotte ses souliers de ville dans la terre boueuse mâtinée d'excréments

    Les fourmis en cavale vous courent dessus si l'on s'assoie sur une racine

    On surveille d'un œil inquiet le vol hésitant des guêpes assassines

    On chasse les mouches qui trempent leurs pattes n'importe où

    Les molosses découvrent leurs crocs et tirent la laisse au cou

    Vigiles attachés aux fermes que l'on observe sans entrer

    Avec les poules caquetantes occupées à becqueter

    Dans la boue aux rigoles serpentines de purin

    Et sous les abois on passe son chemin

     

    Et toi jeune paysanne de Pissarro

    Qui porte si joliment ce chapeau

    Tu as l'air aussi triste que rêveuse

    Les mains déjà rougies et calleuses

    Tu rêves peut-être de la ville où l'on ne voit plus la terre

    Et où les fleurs sages sont en rang dans des parterres

    Où l'herbe disciplinée est enfermée dans des grilles

    Où tu n'auras plus l'ennui de souper en famille


    Paul Obraska

     
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  • Commentaires

    1
    Mardi 12 Octobre à 18:56

    Une balade champêtre qui ne passe pas dirait-on ?

    Et pourtant la campagne c'est beau !

      • Mardi 12 Octobre à 19:05

        Il y a plus d'ironie que de dépit.

    2
    Mardi 12 Octobre à 21:58

    Je me reconnais un peu dans ce portrait d'un urbain pas toujours très urbain avec le monde rural

      • Mardi 12 Octobre à 22:55

        Les intoxiqués du béton.

    3
    Souris donc
    Jeudi 14 Octobre à 08:30

    A la campagne, on a les mains rougies et calleuses.

    Surtout en automne quand il faut récurer son bassin à carpe. Retirer la bonde, attraper les poissons dans leurs ultimes soubresauts des dernières flaques, les mettre dans un aquarium. Et le sérieux commence : mettre ses bottes en caoutchouc, déraper dans la vase gluante, aller se changer de pied en cape, enlever le plus gros de la saleté, remettre en eau, remettre les poissons.

    Protéger le mobilier de jardin. Robinets : fermer le robinet de purge intérieur, laisser le robinet extérieur ouvert.

    Dernière tonte du champ de mauvaises herbes indigènes qui s'est mis à la place de la pelouse.

    Vous me direz y a qu'à faire appel à un professionnel ? Ils vous répondent qu'ils sont surbookés. A mon avis, priorité aux grands chantiers plus rentables. 

      • Jeudi 14 Octobre à 09:12

        Je vois que vous êtes une femme d'expérience alors que je ne suis qu'un touriste, bien que je ne l'ai pas été pendant mon enfance, mais cela remonte à une période archéologique.

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