• Les ouvertures sur l’obscurantisme.

    Rompus du 29.05.17

    Ce petit dessin cruel paru après la tuerie de Manchester montre qu’une société ouverte n’éclaire aucunement l’obscurantisme des fanatiques, ceux-ci ne font que profiter de l’ouverture pour accomplir plus aisément leurs méfaits. La Grande-Bretagne est une société multiculturelle jusqu’à permettre aux musulmans d’avoir leurs propres tribunaux pour juger à l’aune de la charia les affaires familiales en dehors de la législation s’appliquant à tous les autres citoyens. Cette compréhension des mœurs datant du Moyen Âge n’empêche aucunement les islamistes de commettre des attentats. Pour des fanatiques tout ce qui sort de leur vérité doit être détruit : ils ne veulent pas seulement vivre comme ils l’entendent, ils ne supportent pas que les autres puissent vivre autrement.

    Insoumission.

    Rompus du 29.05.17Dans mon article « les rebelles de pacotille », je m’étais demandé à quoi les partisans de Mélenchon pouvaient être insoumis. A présent je sais : leur guide suprême est insoumis au bon sens et à la décence. C’est du moins ce qui ressort de ses déclarations récentes qui accusent Cazeneuve à l’époque où il était ministre de l’intérieur d’avoir contribué à assassiner le manifestant Rémi Fraisse, tué par une grenade tirée par un gendarme (« Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse »). Mélenchon qui se prétend un puriste de la langue française – au point de s’écouter parler avec délice - devrait savoir que l’assassinat est un meurtre avec préméditation. Ni le gendarme et encore moins Cazeneuve n’avaient évidemment cherché à tuer ce jeune homme.

     

    Bouleversant.

    Rompus du 29.05.17

    Des scientifiques viennent de découvrir que les flamants roses sont plus stables sur une patte que sur les deux.


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  • JEUX DE MAINS

    Il y a la main qui écrit, la main qui pétrit, la main qui peint, la main qui pétrit le pain. La main du médecin qui recherche le mal, celle du chirurgien qui le tranche pour le bien.

    Il y a la main complice qui donne une caresse à l’être que l’on aime, au chien qui vous aime, ou aux fesses tentatrices.

    Il y a les mains réunies, une menotte dans une grosse, une large sur une fine, les doigts entrelacés. De petites mains unies dans une ronde enfantine. Celles jointes en prière, ou menottées de fer pour avoir la paix.

    Il y a les mains qui parlent de ceux qui parlent trop ou de celui qui se tait parce qu’il est muet

    Il y a ceux qui tendent la main pour connaître leur destin, et ceux qui prétendent l’avoir dans leurs mains, mais n’en savent rien.

    Il y a celui qui tend la main, le dos au mur, parce qu’il n’a rien, sauf la soif et la faim.

    Il y a ceux en colère qui ferment la main pour en frapper le voisin ou le tenir en l’air pour menacer l’univers.

    Il y a les mains habiles qui trichent ou dérobent. Il arrive que devant des messieurs en robe, ils tombent dans la nasse comme des poissons morts.

    Il y a les mains assassines qui serrent le cou un peu fort : meurtre ou accident, au hasard du jugement.

    Il y a les hommes souriants qui se serrent longuement la main par devant, et jouent parfois à celui qui serre le plus fort, pour la photo, ou qui se passent la main dans le dos pour se trahir demain.

    Il y a ceux qui se salissent les mains dans les moyens justifiés par la fin ou dans le sang de la guerre et en sont fiers. Il y a ceux qui s’en lavent les mains, et même s’ils se donnent du mal leurs mains restent sales.

    Il y a les mains qui tremblent avec sur leur dos cette terrible crasse sénile, ces petites taches brunes qui petit à petit se touchent et tirent un voile blanc sur le destin de chacun.

     

     Albrecht Dürer : "Le Christ au milieu des docteurs" (détail)


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  • 243. Le bon exempleMarlène Schiappa, âgée de 34 ans, est la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Cette jeune femme est entrée dans la notoriété et dans le gouvernement actuel par la porte des réseaux sociaux. Blogueuse, elle a fondé le réseau "Maman travaille » et est l'auteur de plusieurs guides.

    Dans son "Guide de grossesse", publié en 2014, elle donne le bon exemple en livrant 10 conseils pour se faire prescrire un arrêt de travail par son médecin. Conseils tirés de sa propre expérience après son accouchement et au terme de son congé maternité qu’elle trouvait un peu juste pour résoudre les problèmes du post-partum. C’est une sage-femme qui lui a fourni quelques "conseils à mettre en œuvre en cas de contrôle de la CPAM, ou en cas de prolongation de l'arrêt".

    Conseils que notre future secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'hésite pas à partager avec les futures ou jeunes mamans lors d’une consultation chez le médecin :

     - Se "faire moche""Une queue de cheval mal attachée, la peau nue, un t-shirt blanc crado et un jean douteux seront du meilleur effet. Ne vous lavez pas et ne vous parfumez pas".

    - "Pendant que vous parlez, toussez, touchez-vous le visage, rongez-vous les ongles, mettez la main devant la bouche pour couvrir des nausées... Ayez l'air traumatisée. Ne pas hésiter à simuler une douleur en "fermant les yeux et en grimaçant" Regardez par la fenêtre, demandez un verre d'eau, faites répéter les phrases au médecin." Surtout, ne pas sourire. Ou bien arborer un "petit sourire triste".

    - Venir avec le bébé à l'heure du repas pour faire plus "misérable", jouer la carte du "sans famille" et pleurer si possible. "Exagérez tout""Vous avez eu un étourdissement ? Dites que vous êtes tombée dans les pommes. Vous avez eu des nausées ? Dites que vous avez vomi pendant une heure."

    - Mme Schiappa, afin d'inquiéter davantage le médecin, fournit à ses lectrices une liste de "questions idiotes et flippantes" à poser, telle "le foetus peut-il parler à travers le ventre de sa mère ?".,

    « Et surtout ne pas jubiler quand le généraliste attendri aura enfin cédé en délivrant le précieux sésame ». Cela va de soi si l’on veut obtenir une prolongation ultérieure.

    Reste à Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, à éditer un guide de simulation pour les hommes afin d’obtenir un arrêt de travail auprès de leur médecin lorsqu’ils l’estiment nécessaire.

    Source : Egora.fr Je n'ai donc pas lu directement les phrases transcrites, je les ai tirées de cette source habituellement sérieuse. Je n'ai pas retrouvé le texte original, explications ci-dessous :

    Posté par webmaster d'Egora le lun, 22/05/2017 - 16:03 

    "La photo des pages en question tourne sur les réseaux sociaux. Et nous avons retrouvé le post d'origine -supprimé depuis- sur son blog, grâce au site <a href="https://archive.org/web/" target="_blank" rel="nofollow">Way back machine</a>."


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  • Petits riens

    Ce matin dans le métro, j’ai assisté à un spectacle assez fréquent : une femme se maquillant dans la rame. Sans doute n’avait-elle pas eu le temps de le faire avant d’aller au travail. J’ai toujours admiré cette prouesse : passer délicatement la brosse du mascara sur les cils nonobstant les cahots, les arrêts brusques et les départs du métro alors que les gens se tiennent aux barres pour ne pas basculer. J’ai toujours la crainte que la brosse ne dérape dans l’œil, mais l’habileté des femmes est telle pour cet exercice que je n’ai jamais assisté à cet accident.

    Près de la femme au mascara se tenait une jolie noire qui oscillait rythmiquement de la tête. D’après le rythme céphalique, ce qui se déversait de façon continue dans ses oreilles devait être du rap, mais je n’étais pas assez près d’elle pour entendre le grésillement révélateur. Malgré toutes les années, je reste étonné par ce besoin d’entendre en permanence du bruit dans les conduits auditifs même lorsque l’on peut jouir du silence. Toujours en oscillant de la tête en l’absence de toute pathologie, la jeune femme s’est assise et a sorti un livre de son sac, retrouvé la page et s’est plongé dans la lecture. Bien sûr, ma curiosité m’a poussé à regarder le titre de l’ouvrage. Il s’agissait des écrits de l’empereur romain Marc-Aurèle.

    Métro, 1976. Huile sur toile. © Philippe Waty, courtesy éd. Gourcuff e& Gradenigo


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  • Courage au barbuAvant même son appartenance au parti LR et sa grande taille (ce qui lui permet de dominer nettement son président Emmanuel Macron et encore davantage son prédécesseur Bernard Cazeneuve), ce qui a d’emblée frappé chez le nouveau Premier ministre Edouard Philippe, c’est sa barbe. C’est tout de même la première fois au cours de la Vème République que la France va être dirigé par un barbu. Est-ce un signe ?

    Un article du New York Times dont fait état Slate rapporte une étude sur l’attractivité de la pilosité faciale masculine sur les femmes, l'attractivité de la pilosité faciale féminine sur les hommes n’ayant pas été étudiée. Il est peut-être osé d’extrapoler les résultats de cette étude aux hommes, mais les hommes ne sont-ils pas des femmes comme les autres ?

    Cette étude a été réalisée par des chercheurs de l’université du Queensland en Australie, à l’aide de photos modifiées testées sur 8.520 femmes (en trois groupes), l’image montrant l’homme imberbe, avec une barbe de cinq jours, avec une barbe de dix jours et enfin avec une barbe épaisse d’environ un mois.

    « Les femmes ont ainsi trouvé plus sexy les barbes de dix jours suivies de celles de cinq, tandis que les coups d’un soir les mieux cotés étaient ceux avec une barbe de cinq jours, suivis en seconde place des barbes de dix ».

    Notre nouveau Premier ministre ayant une barbe de plus d’un mois, il n’entre pas dans les catégories précédentes, ce qui peut lui donner quelques regrets. Par contre il peut être préféré pour une relation à long terme : pour « Les auteurs de cette étude… les femmes qui recherchent un partenaire sur le long terme, la barbe serait peut-être plus attrayante parce qu'elle indique une capacité de l’homme à se battre pour des ressources ». De ce point de vue Edouard va devoir se battre (et pas aux poings) pour nous en trouver. Je crains, cependant, la façon dont il les trouvera, mais sera-t-il un partenaire sur le long terme ?


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  • La preuve des mondes parallèles

    "Le pape François a canonisé Jacinta et Francisco, les deux petits bergers (neuf ans et sept ans au moment de leur vision) qui auraient assisté à six apparitions de la Vierge à Fatima, au Portugal, en 1917". A noter que les deux enfants sont morts rapidement de la grippe espagnole, mais leur cousine Lucia (10 ans à l'époque) qui avait vu également la Vierge le 13 de chaque mois à partir du mois de mai a vécu 97 ans en étant détentrice de secrets révélés au trio par l'apparition mensuelle. 

    D'après le Père René Laurentin (« Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie »), il y aurait eu 2450 apparitions de la mère juive de Jésus en 2000 ans. Mais l'Eglise, très prudente et plutôt réticente, n'en n'a reconnues que très peu, mais elle en a reconnues, car ces apparitions font du bien à la foi.

    Ceux ou plus souvent celles, en général humbles et d'une culture un peu limitée, qui voient Marie, pensent donc qu'elle existe et ceux qui voient ou qui se souviennent de ceux et surtout de celles qui ont vu, croient davantage à l'Au-Delà.

    Je ne peux m'empêcher de me poser des questions que les croyants jugeront primaires et iconoclastes, qu'ils veuillent bien m'en excuser :

    1° Ce que l'on voit existe-t-il ? La réponse de bon sens est oui. Alors les hallucinations provoquées par une maladie mentale, une tumeur cérébrale ou une drogue existent.

    2° Pourquoi est-ce surtout Marie qui apparait aux terriens ? Serait-ce pour sa douceur supposée et comme ambassadrice, son sens de la diplomatie ? Ou peut-être simplement que l'apparition d'une femme est sûrement moins effrayante que celle d'un homme (il existe donc encore la différenciation des sexes parmi les purs esprits).

    3° Pourquoi ces terriens sont-ils toujours chrétiens ? Seuls les chrétiens sont donc susceptibles de la voir apparaître ; ce qui, il faut en convenir, est une forme de discrimination. Bien sûr, c'est une question de foi, mais ne serait-il pas souhaitable, dans l'intérêt même de la chrétienté que ces apparitions surgissent devant des incroyants ou même devant ceux ou celles qui croient à une autre religion. Marie étant vierge et couverte de la tête aux pieds, un musulman ne saurait s'en formaliser.

    4° L'apparence que revêt Marie est plus ou moins toujours la même : jeune et jolie. C'est-à-dire avec l'apparence donnée par les artistes (qui n'ont jamais eu la moindre représentation de la mère du Christ) sur les tableaux et les statues.

    5° Depuis 2000 ans où-est-elle ? Pour l'Enfer il y a un lieu possible, le magma terrestre pourrait faire l'affaire. Mais pour le Paradis où elle est censée séjourner ? On parle du Ciel, mais il est quotidiennement exploré (certes les trous noirs nous échappent), alors reste la solution avancée par l'imagination des auteurs de science-fiction et même dans des théories scientifiques : les mondes parallèles. Voilà : si l'on croit aux apparitions de la Vierge Marie, il faut aussi croire aux mondes parallèles et à la faculté qu'elle a de passer d'un monde à un autre sans difficulté et sans rien perdre de son intégrité.

    Je dois avouer que j'aime bien l'idée des mondes parallèles et ces apparitions multiples en apporteraient la preuve. Mais ce qui m'inquiète est qu'aucun homme (à ma connaissance, et les anges étant en principe asexués) n'est venu de façon itérative de l'Au-delà pour en prouver l'existence. Le monde parallèle au nôtre ne serait-il donc peuplé essentiellement que de femmes et saintes de surcroît ? Ce qui réduirait singulièrement mes chances de réapparaître dans ce bas monde.

    Fra Filippo Lippi : détail de "La vierge à l'enfant et deux anges" 


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  • Le 1er septembre 2012 – comme le temps passe vite – j’avais écrit une fable : « La fable des convictions » qui prétendait proposer une organisation de la vie politique qui, à l’époque, semblait improbable. Or ce qui passe actuellement n’est pas loin de l’application de ce texte imaginaire et ironique. Je vous laisse juge :

    Si l’on regarde sur le long terme l’action des gouvernements successifs, on s’aperçoit qu’un gouvernement de droite fait quelques bêtises de droite, puis une politique de gauche. De même, un gouvernement de gauche fait quelques bêtises de gauche, puis une politique de droite. Un gouvernement d’un bord défait en priorité ce qu’a fait le gouvernement de l’autre bord, mais pour le rétablir plus ou moins par la suite, d’une façon ou une autre, en général en changeant de dénomination.

    Devant le désordre engendré par ces tribulations, le personnel politique décida d’un commun accord, pour le bien du pays, d’adhérer périodiquement tantôt à un parti de droite, tantôt à un parti de gauche, les adhésions se faisant par fractions réciproques. Ainsi fut fait, et l’on constata rapidement une conduite plus harmonieuse des affaires et moins d’agressivité factice dans les débats.

    Bien sûr, les électeurs ont été un peu déboussolés, mais un changement du mode de scrutin leur permit de voter plus pour des personnes que pour des partis et ceux-ci devinrent des groupements d’intérêt personnel. Ces GIP ayant pour vocation, d'une part la promotion de leurs membres, et d'autre part d'établir un catalogue, non pas de promesses, mais de solutions de droite ou de gauche, ce qui évita la multiplication ultérieure de commissions pour en trouver, et à leur personnel d’être perdu une fois arrivé au pouvoir. 

    Que dites-vous ? Et les convictions ? Quelles convictions ? Un homme ou une femme politique sensé(e) (je sais, il y en a qui ne le sont pas) choisit de faire carrière en politique pour obtenir un poste ou de préférence plusieurs postes, et tenter de bien gérer les choses ou de masquer une mauvaise gestion pour pouvoir s’y maintenir. Les convictions ce sont les électeurs qui les ont, un(e) politicien(ne) de talent est capable de défendre n’importe quelle conviction. D’ailleurs, les personnages politiques changent fréquemment d’avis, et il leur arrive de se contredire même sur une courte période, ce qui ne semble pas choquer leurs chauds partisans qui les défendent quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils disent.

    On voit qu’être tantôt de droite, tantôt de gauche ne devrait pas poser de problèmes à un(e) politicien(ne) chevronné(e). Bien sûr, il faut se méfier des jeunes qui commencent par croire à ce qu’ils disent, mais s’ils insistent, leur carrière risque d’être brève.

    Je ne parle pas des fanatiques qui ressortent du domaine de la psychiatrie. 


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    Gustave Klimt "Musique"

    Il y a un lieu qui rassemble dans les cieux les musiciens morts avant de devenir vieux, ceux qui disparaissent avant quarante ans, et que leur génie rend immortels. 

    Pergolese en est le benjamin. Marie par son instinct de mère a un petit faible pour l'Italien. Quand on joue son Stabat Mater, elle l'écoute debout sous le charme sans pouvoir retenir ses larmes. 

    Quand Pergolèse vint, Purcell était déjà là en habit de cour après avoir quitté ses rois.

    Entre compositeurs lyriques ils se sont vite compris, et les deux s'inclinèrent quand Mozart arriva. Le grand Mozart déjà grand lorsqu'il était petit, tiré d'une fosse commune après qu'on l'eùt trouvé là où les croquemorts sous la neige l'avaient égaré 

    Schubert bohème et fidèle en amitié hésita à quitter le cimetière de Vienne où il était enterré près de son cher Beethoven. Lui qui n'avait pu partager de grand amour, lorsque le délicat Chopin arriva à son tour, il lui fit raconter sa passion pour Maria dont la maternelle George Sand le consola

    Mendelssohn venu peu avant, en homme raffiné les écoutait poliment. 

    Le dernier arrivé parmi eux fut Bizet trois mois après la création de Carmen, le temps que les critiques se déchaînent sur l'opéra qui allait triompher peu après. 

    Sur les portées des étoiles filantes, les musiciens aux chants inachevés composent les musiques enivrantes qu'ils n'ont pas eu le temps de créer. C'est ainsi que devant un ciel étoilé, devant l'orange d'un coucher de soleil, devant l'amour des amants, dans le rire des enfants, en tendant bien l'oreille on entend, venues des nues, des musiques inconnues.

         


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  • Le pari du Grand ParisIl y a peu j'ai lu le roman d'Aurélien Bellanger intitulé "Le Grand Paris", paru fin 2016. Un roman inclassable, poétique, politique (sur le quinquennat de Sarkozy), urbanistique, traitant, entre autres, des banlieues et notamment du 93, territoire inquiétant. Cette lecture m'a rappelé que j'avais publié sur ce blog, en mai 2009, un billet intitulé "Le grand pari" (dans "Fables") que je reproduis ci-dessous :

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    Les banlieues des grandes villes posaient depuis longtemps des problèmes à ceux qui nous gouvernent et ce, quel que soit le gouvernement. Certes, certains en tiraient avantage et trouvaient là l’occasion de montrer leurs muscles, de préférence avant une élection, mais dans l’ensemble la banlieue restait toujours un sac de nœuds.

    Pourquoi ? Parce que la banlieue est sensible. Non, il ne s’agit pas de la sensibilité du romantique, la banlieue n’est pas romantique, elle est malade. La banlieue est sensible dans le sens médical : quand on la touche, elle s’agite et parfois elle crie lorsqu’on  appuie là où ça fait mal. En médecine lorsqu’un organe ne peut être sauvé, lorsqu’il n’est pas indispensable et qu’il risque de perturber le reste de l’organisme, on l’ampute.

    C’est ainsi qu’un jour, nos gouvernants pensèrent que pour défaire les nœuds contenus dans le sac des banlieues, la solution la plus simple était de supprimer le sac et son contenu, c’est à dire les banlieues elles-mêmes.

    On commença par le Grand Paris en réalisant une métropole allant jusqu’au Havre, englobant villes et banlieues, ces dernières cessant ainsi de l’être.  Bien sûr, cette tentative fut un échec, car une nouvelle banlieue se créa en périphérie du Grand Paris. Il fut donc décidé de créer de grandes métropoles sur tout le territoire : Grand Lille, Grand Lyon, Grand Marseille, Grand Bordeaux…etc.…Bien entendu autour de chaque nouvelle métropole se créaient de nouvelles banlieues, mais admirez la sagesse de nos gouvernants : il arriva un  jour où toutes ces grandes métropoles se rejoignirent, rejetant à la mer ou aux frontières les banlieues qui prétendaient à nouveau se créer.

    C’est ainsi que depuis on voit des banlieusards entassés sur des bateaux de fortune tenter de rejoindre les côtes et d’autres franchir les frontières cachés dans des camions.

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    Le pari du Grand Paris

    Espaces d'Abraxabas de Noisy-le-Grand créés par Ricardo Bofil (1984). Utopie grandiose qui a mal tourné (mais qui sert de décor pour y tourner des films).

    Dans le roman "Le Grand Paris", le héros exprime son admiration devant ce monumental ensemble architectural construit en banlieue (93), en passe d'être rénové, et dont l'image ne donne qu'une petite idée. VOIR


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  • Le sparadrap du capitaine HaddockComme chacun a pu le constater lors des récentes commémorations, Hollande n’a pas perdu une occasion de se coller à Macron comme un sparadrap dont celui-ci avait du mal à se débarrasser sans paraître discourtois. Harcèlement assorti de gestes affectueux et de quelques déclarations qui laissaient sous-entendre qu’il avait placé lui-même son successeur sur le trône de la République. La chronologie des évènements ne plaide guère en faveur d’un rôle quelconque de Hollande pour la mise sur orbite du nouveau Président de la République, car au moment où son ministre de l’économie avait pris ses distances, il est probable qu’il pensait pouvoir encore se représenter.

    Comment interpréter ce sparadrap encombrant ?

    Hollande voulait-il montrer que Macron est bien son poulain en espérant attirer un peu de sa gloire sur lui-même ?

    A moins que Hollande cherchait à suivre par ses démonstrations l’adage de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur. ». Ce qui pourrait satisfaire les adversaires de Macron ayant le goût des complots et qui ne voient en lui que la créature de Hollande et son continuateur.

    Reste une hypothèse machiavélique : « je te colle publiquement le sparadrap de l’impopularité, ça t’apprendra à prendre ma place, alors que je t’ai mis le pied à l’étrier ». Une filiation imposée pour nuire, le baiser qui cherche à tuer.


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