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    La Fédération française de cardiologie est enfin satisfaite

    Depuis des années et des années, la FFC insiste sur les risques que représente la sédentarité pour le coeur et les vaisseaux en favorisant l’obstruction progressive des artères. Depuis des années, elle montre le bénéfice que chacun pourrait tirer d’une activité physique régulière, et voilà enfin qu’elle recueille le prix de sa persévérance : de plus en plus de gens finissent par suivre ses conseils avec suffisamment d’ampleur et de régularité pour que les médias s’en emparent et diffusent leurs pratiques au monde entier manifestement sidéré.

    Regardez vous-même, chaque fin de semaine on voit des gens marcher dans les rues revêtus d’un dossard jaune comme les sportifs de haut niveau (mais sans numéro). Ils font des kilomètres, homme et femmes confondus. Certains ajoutent même à la marche l’épreuve du lancer pour compléter leur activité pédestre. On ne peut que saluer leur acharnement à suivre les directives de prévention de la FFC.

    Ainsi, le week-end dernier nous avons pu observer le samedi près de 100000 personnes à travers toute la France se livrer à un parcours de santé, et le lendemain nous avons eu droit à deux parcours supplémentaires à Paris, l’un uniquement féminin et l’autre mixte, soutenu par les fabricants d’aiguilles à tricoter.

    Il est bon que la France se mette en marche même si certains disent que c’est à reculons et en obstruant les artères des grandes villes.


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  • En manque de guerre

    Depuis plus d’un demi-siècle la France est en paix. Le terrorisme tue, mais ce n’est pas une guerre. Cette paix semble peser sur les générations qui n’ont connu qu’elle. Elles n’ont connu ni les bombardements, ni les soldats ennemis défilant dans les rues, ni les otages fusillés contre un mur, ni les officines où l’on torture ceux qui résistent, ni les camps d’internement où l’on meure. Elles n’ont connu que la démocratie : l’élection de leurs représentants, ce qui permet de leur cracher dessus, la libre expression sans la crainte d’être emprisonné pour une opinion, le libre déplacement à travers le pays sans papiers pour se justifier. Elles n’ont connu aucune pénurie vitale, mais au contraire des aides sociales de la part de l’Etat, c’est à dire des autres.

    On peut comprendre qu’un tel manque devient insupportable à la longue. Alors on s’invente une guerre. L’Etat devient une dictature, le président de la République un dictateur, la police une armée ennemie, un défilé dans la rue une résistance, on suscite une arrestation pour avoir l’équivalent d’une torture, les victimes des accidents de la circulation qu’ils ont eux-mêmes provoqués comme l’équivalent d’un massacre qu’il faut honorer.

    Générations actuelles, ne soyez pas nostalgiques, ne jouez pas à la guerre des boutons pour passer le temps et vous donner de l’importance, n’usurpez ni les mots, ni les choses, revendiquez comme la démocratie libérale vous en donne le droit, mais sans grandiloquence, et soyez patients, il suffit d’attendre, une véritable guerre avec des morts par milliers ou millions finit toujours par arriver.

    Illustration : Goya « le 3 mai 1808 »


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  • Publicité dans le métro parisien

    Cette jeune personne est bien contente, mais il reste tout de même du travail avant de parler correctement le français.

    Le président de la République passe également des oraux devant des examinateurs sanglés d'une écharpe tricolore qui ne paraissent pas trop défavorables, mais il est possible que ses oraux vont "trop bien" se passer, car ceux sanglés de leur gilet jaune et maintenus à l'extérieur de la salle d'examen par un cordon de police ne peuvent ni ne veulent rien entendre.


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  • Thérapie de groupe

    Ce petit dessin résume assez bien, à mon avis, l’ambiguïté du débat national proposé par le gouvernement. Il est d’ailleurs regrettable que le dessinateur ait fait passer les deux personnages pour des alcooliques du « Café du commerce » car la remarque est des plus sensées et pourrait venir de personnes sobres (dont je suis).

    Les questions posées sont connues (et même celles que l'on a évité de poser) et demander à la population de donner les réponses est la preuve à la fois de l’échec de la politique, dont le rôle est justement de fournir des solutions acceptées par la nation, et d’une fausse naïveté de la part de l’exécutif pour ne pas parler d’hypocrisie. Car peut-on penser un instant que chacun d’entre nous est armé pour trouver des solutions à des problèmes complexes alors que le gouvernement possède tous les moyens et tous les experts pour le faire.

    Dans le débat initial entre les maires et Macron, celui-ci a montré qu’il était parfaitement au courant des dysfonctionnements qui lui avaient été exposés. Alors s’il les connaît, à quoi rime de demander des solutions à ceux qui ne sont pas à même de les fournir ? Peut-être le sont-ils au niveau local mais il est peu probable qu’ils puissent résoudre des dysfonctionnements au niveau national.

    On va donc sans doute assister à une thérapie de groupe, à une psychanalyse nationale, et, comme chacun le sait, les cures de psychanalyse sont onéreuses. Celle à laquelle nous allons assister nous coûtera sûrement très cher, mais il n’est pas certain qu’elle nous guérisse, et il n’est pas impossible qu’elle nous aggrave.

    Mais quoi qu’il en soit de ce débat, quoi qu’il puisse en sortir, il existe, et à l’initiative du chef de l’Etat. Son existence même est la preuve que nous vivons en démocratie, même si elle est imparfaite. Que ceux qui parlent de la dictature de Macron ne savent manifestement pas ce qu’est un dictateur. C’est celui, qui, comme le dit l’écrivain algérien Kamel Daoud « tue la moitié de son peuple pour gouverner l’autre moitié agenouillée ». C’est celui qui envoie sa police ou son armée, non pas pour reculer devant les coups de poings d’un boxeur, mais mitrailler la foule et laisser derrière elle des dizaines de victimes sur les pavés des rues.

    Alors, il faut peut-être psychanalyser l’inconscient des dirigeants politiques qui parlent de la dictature de Macron tout en admirant eux-mêmes des autocrates sanguinaires. Peut-être faudrait-il mettre à nu les fantasmes des manifestants qui se veulent révolutionnaires et qui font jouer à Macron le rôle de dictateur pour donner à leur révolution un quelconque crédit, car peut-on prendre au sérieux une révolution qui se déroule dans une démocratie libérale où l’exécutif pose des questions à la population, même si son rôle est d’apporter les réponses ? Jouer au révolutionnaire dans un pays comme la France, en comparant la police aux SS allemands, c’est se moquer de tous ceux qui en s’élevant contre une dictature se sont retrouvés en prison, torturés ou morts.


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  • Ce que l’on découvre sous le gilet de certains 

    Dessin de Pessin paru dans Slate

    Le paradoxe est que sans les journalistes, et notamment ceux de la TV, qui n’ont pas cessé de parler des gilets jaunes et de passer en boucle les images de leurs exploits depuis plusieurs semaines, cette minorité de quelques dizaines de milliers de personnes n’aurait pas eu l’impact sur la société française qu’elle a.

    Certes, le génie (qui a eu l’idée ?) fut de revêtir le gilet jaune de la boîte à gants de sa voiture ou du chantier, et d’organiser, non une manifestation unique et localisée, mais des démonstrations multiples et dispersées où ont pu s’exprimer les individus violents et vandales assurant une pression hebdomadaire sur les commerçants, la police, les municipalités qui ont vu bâtiments et mobilier urbain mis à mal, et bien entendu sur le gouvernement, terrorisé à la pensée d’être rendu responsable d’un mort. Ce qui nous a permis de voir cette scène hallucinante d’un boxeur faisant reculer avec ses poings une escouade de policiers nantis de boucliers.

    S’attaquer aux journalistes est un très mauvais signe, c’est l’indice d’une pensée qui veut s’imposer dans l’espace public, c’est obliger les autres à penser comme soi, ne pas admettre d’autres versions du monde que la sienne, c’est le premier acte du totalitarisme, celui des autocrates et des dictateurs lorsqu’ils arrivent au pouvoir.

    Le paradoxe est que la pensée unique n’existe pas chez les gilets jaunes, il y a autant de pensées uniques que d’individus et cette insatisfaction multiforme risque de rester inassouvie.


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  • En lisant un article d’Elodie Emery sur la prévention du Sida paru dans l’Express du 13/01/19, j’ai appris une nouvelle étonnante, ahurissante, bouleversante, effarante, étrange, inattendue, inconcevable, incroyable, renversante, stupéfiante, ébouriffante, époustouflante, mais surtout désopilante : le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) agit en pleine conscience et ses opinions sont pour le moins nauséabondes. D’après le "petit lexique à usage interne" de l'association « Paris sans sida » de la mairie de Paris, que L'Express a pu consulter, il est recommandé de dire que "le VIH est raciste, homophobe et transphobe" pour éviter de dire que "le VIH touche particulièrement les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) et les migrants". L'idée générale étant de "ne pas insister sur la responsabilité des individus".

    Il me semble que les adjectifs par lesquels j’ai pu qualifier cette information sont encore au-dessous de la vérité.

    A cela, il faut ajouter un maternage aveugle qui s’efforce de dégager de toute responsabilité les HSH dans leurs prises de risques. Si une majorité d’homosexuels masculins ont un comportement responsable en prenant toutes les précautions dans leur activité sexuelle pour éviter la contamination et la propagation de l’infection au VIH (« safer sex »), d’autres prennent, par leur comportement, des risques pour eux et les autres. Le préservatif est de plus en plus abandonné depuis l’introduction de la PrEP ("prophylaxie pré-exposition") par le Truvada (voir aussi 165 et 192), médicament onéreux (à présent remboursé par l’assurance-maladie) qui assure une prévention correcte en encadrant (traitement de 3 jours) la prise de risques et du TPE, ("traitement post-exposition") qui est un traitement plus lourd de quatre semaines à prendre en urgence après un rapport « à risque ».

    Il me semble qu’il est tout de même de la responsabilité des individus de prendre ou non des risques, comme de faire payer à la société leurs envies passagères s’ils se dispensent du préservatif.

    A noter que d’après l’article de l’Express, l’association « Paris sans sida » de la mairie de Paris met toutes les mesures préventives sur le même plan alors que si le préservatif est bon marché et assure une protection contre toutes les maladies sexuellement transmissibles, dont la syphilis qui fait un retour en force, les médicaments, eux, sont onéreux et ne protègent que contre l’infection par le VIH.


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  • Je lis en ce moment un livre (un de mes cadeaux pour Noël) de Yascha Mounk intitulé : Le peuple contre la démocratie. Il analyse avec beaucoup de clarté le processus qui peut conduire la volonté populaire à détruire la démocratie libérale, les cas où la démocratie poussée à l’extrême sous sa forme « populiste » avec sa haine des élites, et son adhésion aux solutions simples assorties de quelques boucs émissaires commodes, finit par détruire la part libérale d’un régime, c’est à dire le respect et la garantie institutionnelle des libertés individuelles. Un processus qui risque de conduire le peuple souverain à abdiquer sa souveraineté au profit d’un autocrate ou d’un dictateur.

    Dans mon billet : « 279. La primauté de la loi sur la science » j’avais noté que les juges prenaient facilement des décisions en établissant sans la moindre preuve scientifique un rapport de causalité entre deux évènements médicaux simplement en raison de leur succession chronologique.

    Nous savons tous que la politique intervient dans la science ne serait-ce que pour des raisons éthiques, mais dans les démocraties libérales les politiques tiennent en général compte des données scientifiques pour prendre leurs décisions.

    Il semble que les dirigeants dits « populistes », champions de la désinformation, ont tendance à se dispenser des preuves scientifiques si cela peut faire plaisir à une partie de la population. « La concurrence organisée par ces groupes politiques entre l’expertise scientifique et l’expertise populaire, au nom d’une prétendue égalité des opinions, ne peut qu’être redoutée par ceux qui fondent leur discours sur les preuves et refusent les raccourcis faciles. » (Aurélie Haroche, Journal International de Médecine).

    Donald Trump, qui manie les fausses nouvelles avec un culot qui force l’admiration n’hésite pas à le faire même pour la médecine et la science, en recommandant en outre aux membres du National Health Institute (NIH) de ne plus utiliser la formule "fondé sur les preuves". Ce que l’on peut reconnaître au Président américain, c’est sa franchise puisqu’il réclame le droit de dire n’importe quoi à visage découvert, en encourageant les autres, et même les scientifiques, à faire de même.

    En Italie, l’une des premières décisions du nouveau pouvoir que l’on peut considérer comme populiste a été de revenir sur l’obligation vaccinale qui avait été une réponse à l’affaiblissement de la couverture vaccinale des jeunes enfants. Admirons au passage l’expertise de Matteo Salvini, vice-président du Conseil, lorsqu’il a affirmé qu’il considérait « en tant que père » que les vaccins étaient « trop nombreux, inutiles et nocifs ». Ce qui a conduit des responsables de l’Institut supérieur de la santé (ISS) à démissionner. Ce qui conduira sans doute les autorités italiennes à choisir un personnel médical, non pas sur des critères de compétence, mais sur leur caractère politico-compatible (ce qui n’est pas une spécialité italienne). Le ministère italien de la Santé a d’ailleurs évoqué la possibilité de porter plainte contre ceux qui, par leurs critiques, « entachent l’honneur et la réputation des institutions ».


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  • La France est maladeUne partie de la population est atteinte d’une maladie de foi républicaine qui provoque une jaunisse ne touchant que le thorax.

    Il semble que les premiers cas furent signalés en octobre 2018 mais la contagion a été rapide au point d’atteindre près de 300000 personnes à la mi-novembre en provoquant déjà à l’époque quelques morts. La maladie a d’abord touché la province, et ce n’est que dans un second temps qu’elle toucha les villes importantes en l’absence de mesures d’isolement.

    Au départ l’essence de l’affection se borna à un coup de pompe frappant des populations souffrant d'un déficit d’argent, une fatigue que tout le monde pensait transitoire et en particulier les autorités (in)compétentes qui ont manifestement négligé ces premiers symptômes qui paraissaient, il est vrai, anodins. Pourtant, les personnes touchées furent dès le début amenées à sortir de chez elles et à se rassembler sur des ronds-points pour comparer leurs symptômes et exiger un traitement urgent.

    C’est ainsi que le coup de pompe initial fut suivi d’une agitation qui entrava la circulation sur les routes pour connaître des paroxysmes hebdomadaires qui poussèrent des cohortes à se déplacer dans les grandes villes où des infirmiers pourtant durement équipés eurent bien du mal à les contrôler afin d’éviter que les (im)patients ne se blessent dans leurs mouvements désordonnés en se coupant avec les vitres brisées des magasins, les échardes des portes enfoncées ou les arêtes des pierres historiques.

    Cette maladie toucha même des personnalités qui ne souffraient d’aucun déficit en argent. Ce fut le cas de Mr Wauquiez qui fut atteint d’une désorientation au point de ne pas savoir s’il avait enfilé un gilet ou pas ou de Mr Mélenchon dont le comportement devint inquiétant, et bien qu’insoumis, il serait souhaitable qu’il se soumette à un examen de conscience.

    Quelques tentatives thérapeutiques furent faites sans grand résultat, la jaunisse persiste et l’agitation avec elle. Ces prochains jours doit s’ouvrir un congrès pour débattre de la situation sanitaire de la France. Espérons, mais le pronostic reste incertain.


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  • Pitrerie post mortemLa mort n’est plus une chose sérieuse, la robotique japonaise s’en empare. La période de deuil est habituellement une période de tristesse solitaire. Au Japon, elle dure 49 jours et elle peut ne plus être solitaire mais accompagnée par le défunt lui-même, non pas sous une forme fantomatique, mais sous la forme d’un robot. C’est un simulacre grotesque préparé, bien entendu, du vivant de la personne avant son voyage dans l’au-delà : fabrication du masque imprimé en 3D qui sera collé sur le robot et enregistrement des messages qui seront prononcés par la marionnette pour égayer les soirées de ses proches. Comme les choses sont bien faites la durée de vie - si j’ose dire – du robot macabre est de 49 jours, la durée du deuil. Mais comme la population du Japon diminue, rien n’empêcherait de conserver plus longtemps ces avatars pour faire illusion.

    Source 20minutes.fr


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  • En cette période agitée où les Français se plaignent beaucoup de leur sort, ils ont tout de même l’avantage d’avoir un système de santé qui reste encore performant malgré ses imperfections, où tous les soins sont gratuits pour plusieurs millions d’entre eux en raison de la faiblesse de leurs ressources, et peu onéreux pour les autres malgré le prix très élevé de certains actes dont ils peuvent bénéficier.

    Dans d’autres lieux, des patients sont pris en otages dans les hôpitaux dans lesquels ils ont été soignés, et ne peuvent en sortir que lorsque les factures des soins ont été réglées par la famille. Les patients peuvent ainsi être enchaînés derrière des portes verrouillées et gardées par des hommes en armes qui patrouillent dans les couloirs.

    C’est ce qui ressort d’une enquête publiée par l'agence de presse américaine Associated press (AP). Ces faits ont été observés dans une trentaine de pays. La pratique serait courante au Kenya et au Congo mais également signalée en Inde, en Chine, en Thaïlande, en Iran, en Bulgarie, en Lituanie et en Amérique latine. Des dizaines de femmes auraient été détenues à la maternité de Pumwani (Kenya) après la naissance de leur enfant. "Même la mort ne garantit pas la libération", relève AP. Les hôpitaux et les morgues kenyans retiennent des centaines de corps afin de forcer les familles à payer les factures.

    D’après le Dr Ashish Jha, directeur du Harvard Global Health Institute. "Ce sont probablement des centaines de milliers, voire des millions de personnes qui sont affectées dans le monde entier."

    Sources : Egora et  Apnews.com


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