• Quand les académiciens pissent dans un violon

    Je reporte ci-dessous un article de Frédéric Haroche paru dans le Journal International de Médecine. (JIM.fr)

    "Les Académies des sciences européennes dénoncent la nocivité de l’homéopathie

    Halle (Allemagne), le mardi 3 octobre 2017 – Se basant sur des travaux de l’Académie royale suédoise des sciences ainsi que sur ceux d’un comité d’experts spécialement constitué,  l'EASAC* a livré un rapport au vitriol contre l’homéopathie. Cette synthèse semble également avoir l’assentiment de l’Académie des sciences de notre pays qui l’a publiée sur son site internet.

    L’homéopathie est-elle au moins respectueuse du principe primun non nocere ?

    Au-delà des conclusions habituelles qui pointent qu’il n’existe « aucune preuve, scientifiquement établie et reproductible, de l’efficacité des produits homéopathiques », l’EASAC dénonce le caractère nocif de l'homéopathie en ce qu’elle retarde « la consultation d’un médecin » ou dissuade « le patient de rechercher les soins médicaux appropriés (…) basés sur des preuves scientifiques ».

    Pour ces sages, l’homéopathie a également le tort de fragiliser la confiance du public envers les "vraies" sciences.

    L’homéopathie porterait aussi en germes des problèmes éthiques relatifs au consentement éclairé du patient « dans le cas où des praticiens prescrivent ou recommandent des produits qu'ils savent biologiquement inefficaces » mais aussi des problèmes de sécurité  en raison du manque de contrôle de la production.

    Quelques recommandations…qui resteront lettre morte en France

    Fort du constat que « chaque cas, pour lequel une efficacité clinique d’un produit homéopathique a été revendiquée, peut s'expliquer par l'effet placebo, une mauvaise conception de l'étude, des variations aléatoires, une régression des résultats vers la moyenne ou un biais de publication »,  l’EASAC recommande aux Etats de prendre différentes mesures.

    L’organisation appelle en premier lieu à ce que soit établi un cadre « réglementaire minimal et cohérent (…) pour que les affirmations d'innocuité, de sécurité et de qualité des produits homéopathiques soient, comme pour tous les médicaments, basées sur des preuves vérifiables et objectives, en accord avec les prétentions affirmées ».

    Dans le même ordre d’idée, elle demande que  la composition des produits homéopathiques soit indiquée « de manière similaire à celle utilisée pour les autres produits de santé » et par conséquent « que l'étiquetage actuellement autorisé de manière exceptionnelle pour les produits homéopathiques soit remplacé par une description simple des ingrédients et de leurs quantités présentes dans la formulation ».

    L’EASAC estime aussi nécessaire la fin des remboursements de ces produits dans toute l’Europe.

    Des recommandations, que certains qualifieront de bon sens, qui resteront sans doute lettre morte dans notre pays où l’homéopathie demeure plébiscitée par la population."

    Voir également "Enfin !"

    * European Academies Science Advisory Council, composé des académies scientifiques nationales des États-membres de l'Union européenne, ainsi que la Norvège et la Suisse

     

    « 252. Le prix de l’inquiétudeLe poids mort des symboles »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 4 Octobre à 11:45

    Il vaut mieux sans doute être empoisonner tout doucement mais sûrement avec du Levothyrox ?

    Et je pense que les médicaments homéopathiques ne sont pas assez chers et ne leur rapportent pas assez de fric! Car combien de médicament ont-ils supprimer pour cette raison ? Notamment l'Altim, ce qui ennui beaucoup les rhumatos!

      • Mercredi 4 Octobre à 13:09

        Le lévothyrox n'empoisonne sûrement pas, il n'a pratiquement pas changé. On assiste pour ce médicament à une véritable panique sans fondement dans la plupart des cas.

        Les médicaments homéopathiques sont très chers pour ce qu'ils sont puisque ce sont des placebos.

        C'est vrai que des entreprises privées ne peuvent pas continuer à fabriquer un produit à perte. Il leur faut aussi de l'argent pour en créer d'autres. 

    2
    Mercredi 4 Octobre à 15:06

    Vous ne prenez surement pas de Lévothyrox, car vous auriez perdu vos tifs, , vous auriez eu des crampes et des migraines! Ce n'est pas de la panique c'est du mal être, c'est tous les "effets indésirables" que ce truc m'occasionne! Il n'y a pas de fumée sans feu, la preuve les labos remette l'ancien et les malades pourront aussi choisir autre chose chez un autre labo! Ceux qui ont porter plainte ont bien fait, pour le bien de 3000 de personnes.

      • Mercredi 4 Octobre à 16:50

        Mais ma femme en prend. Ce que vous décrivez ce sont des signes compatibles avec une hypothyroïdie et il suffit de rééquilibrer la dose (il avait été conseillé pour cela de faire si nécessaire un nouveau dosage des hormones thyroïdiennes). Si l'équilibre est bon, ce n'est pas le mannitol et l'acide citrique anhydre (couramment employés par ailleurs) à dose minime dans chaque comprimé qui peuvent provoquer quoi que soit. Les mesures prises l'ont surtout été pour stopper la panique (effet nocebo).

    3
    Mercredi 4 Octobre à 15:31

    Les partisans de l'homéopathie, manquant d'arguments objectifs pour défendre leur chapelle, s'attaquent aux médicaments de la médecine traditionnelle. De même que ceux qui veulent défendre l'islamisme radical vont chercher leurs arguments dans la condamnation de l'Inquisition.

    Aucun médicament n'est anodin. La preuve: tous ont des effets secondaires. Ce qui n'est pas le cas des préparations homéopathiques qui n'ont pas d'effet du tout (à part l'effet placebo). Certes, certains médicaments, mal formulés, mal fabriqués, mal prescrits ou mal administrés ont eu des effets nocifs (stalinon, thalidomide etc). Mais ces erreurs (ou dans certains cas, ces délits) ne remettent pas en cause le principe de la pharmacie scientifique de même que l'erreur médicale ou la maladresse chirurgicale ne remettent pas en cause les principes de la médecine ou de la chirurgie.

    Je note que l'étude demande que soit clairement indiquée la composition des gouttes et granules homéopathique. Je conçois très bien que les labos qui vendent de l'eau distillée et du sucre en grains s'opposent à cette recommandation.

    Je note enfin que l'homéopathie doit beaucoup à la crédulité féminine*. Ce sont les femmes qui sont, et de loin, les plus fermes soutiens de cette charlatanerie.

    * Eh oui! Crédulité. N'est-ce pas dans la presse féminine que l'on trouve le plus de "régimes-miracles" et de pages entières d'horoscopes?

    Que celles qui veulent me traiter de machiste ne s'en privent pas. Cela ajoutera peut-être à l'efficacité de l'homéopathie et à la fortune des laboratoires Boiron et autres.

      • Mercredi 4 Octobre à 16:52

        Je n'aurais pas mieux dit.

    4
    Jeudi 5 Octobre à 17:47

    Je vais me garder d'entrer dans la polémique... je voudrais simplement dire que si l'effet placebo de l'homéopathie améliore l'état du malade ou enclenche,pourquoi pas, le début d'un processus de guérison, il serait dommage de s'en priver ! Je ne parle évidemment pas de ceux qui prétendent guérir un cancer ou une méningite (par exemple) avec ! 

    Je pense que rien de ce qui peut aider un malade à mieux vivre et guérir ne doit être exclu. 

      • Jeudi 5 Octobre à 17:56

        Je ne suis pas contre, en évitant cependant de laisser mourir un enfant que les parents en Italie ne traitaient que par homéopathie et de rembourser même un peu du placebo.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :