• Parler pour ne rien dire

    Parler pour ne rien direIl y a des jours où l’on n’a rien à dire. Cette déclaration préliminaire devrait susciter chez mes éventuels lecteurs deux questions :

    La première : si l’on n’a rien à dire, pourquoi parler ? Question à laquelle je réponds : pour donner une preuve de vie.

    La seconde exprime de l’étonnement : comment peut-on n’avoir rien à dire alors que nous sortons du grand débat ?

    Justement, le grand débat (j’hésite à mettre ou non des majuscules), ce n’était qu’une thérapie de groupe au niveau national, et comme dans toute thérapie de groupe, l’essentiel n’est pas ce que l’on dit, l’essentiel est de parler, de s’exprimer devant les autres. Une parole qui libère, même si l'on n’a rien à dire.

    Certes, des choses ont été dites, mais ces choses étaient déjà de notoriété publique, chacun les connaissait, et notamment ceux qui nous dirigent même s’ils feignaient par commodité de les ignorer.

    Si l’on en croit Saint-Exupéry, « aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction », on peut se demander en voyant les Français regarder dans toutes les directions s’ils aiment être ensemble.

    Tout de même, il y a quelques points sur lesquels ils semblent d’accord : moins d’impôts et plus de services publics et de solidarité, plus d’autorité de la part de l’Etat et plus de démocratie participative (vue du citoyen) ou délibérative (vue de l’Etat), moins d’élus mais plus de disponibilité et d’écoute de leur part, des élus moins payés mais insensibles à la corruption.

    Le consensus parfait se retrouvant dans le mécontentement. Celui des pauvres qui veulent l’être moins, celui des classes moyennes qui ne veulent pas s’appauvrir, celui des riches qui veulent le rester.    

    « Vestiges du passéSoulagement »

  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Avril à 16:36

    En parlant de parler pour ne rien dire et de débat thérapeutique, un homme politique français semble n'avoir de leçon à recevoir de personne... en s'exprimant pendant près d'une demi-heure pour expliquer qu'il avait fallu à son gouvernement passer plus de deux mois de discussions intenses, analyser environ 2 millions de suggestions et de propositions déposées sur le site du grand-débat, étudier près de 20 000 cahiers "citoyens" dans diverses mairies, parcourir plusieurs centaines de milliers de kilomètres et rencontrer des millions de français, élus municipaux ou régionaux et femmes et enfants des écoles dans les salles polyvalentes de tout le territoire, dépenser pour tout ça au minimum 12 000 000 d'euros, etc... et en révélant finalement aux français qui ne le savaient peut-être pas encore qu'en fait ils attendaient d'avantage de justice sociale et fiscale, plus de respect et de démocratie, et de meilleurs accès aux divers services publics.

    Et que par conséquent que des mesures seraient à prendre.

    Tout ça après deux ans de "gouvernement" -comme on dit.

      • Mardi 9 Avril à 17:10

        J'aurais pu également intituler mon petit billet : "agir pour ne rien faire" ou "comment découvrir des évidences à prix exorbitant" ou "comment enfoncer des portes ouvertes à grande échelle et à grand fracas"

    2
    Mercredi 10 Avril à 11:03

    En fait, il y a une très bonne façon de savoir ce que veulent vraiment LES Français : c'est d'être dans l'opposition. Dans cette lieu merveilleux, n'existent ni  contraintes budgétaires, ni problèmes de faisabilité, seulement la satisfaction des désirs les plus fous des Français. 

    Le seul problème est qu'une fois arrivés au pouvoir, les opposants d'hier devenus gouvernants devront laisser leur place aux nouveaux opposants qui découvriront à leur tour de la magie du lieu. smile 

      • Mercredi 10 Avril à 11:18

        L'opposition est en effet une zone de confort sans risque dans une démocratie. Certains opposants craignent même - à juste titre - d'arriver au pouvoir (je crois que Trump a été surpris d'y arriver...et nous aussi).

    3
    Mercredi 10 Avril à 17:10
    Pangloss

    J'ai entendu dire que les participants au grand débat ne constituaient pas un échantillon représentatif de l'ensemble des Français.

      • Mercredi 10 Avril à 17:51

        C'est plus que probable, puisqu'il est basé sur le volontariat. Un échantillon pour un sondage s'efforce en principe d'être représentatif.

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