• Paradoxes en xénophobie

    Paradoxes en xénophobieLe premier est illustré par le diagramme ci-contre montrant la proportion d’immigrés par rapport à la population pour les dix pays qui en reçoivent le plus, car il montre que c’est en France qu’elle est l’une des plus faibles puisque seule la Russie en a moins. Pourtant c’est en s’élevant contre les excès de l’immigration que le parti d’extrême droite est devenu le deuxième parti de France, et a disputé à deux reprises la finale des élections présidentielles. (Comme des commentateurs de cet article me l'ont fait remarqué, l'immigration de travail sous contrat dans les monarchies du Golfe n'a rien à voir avec l'immigration que connaissent les autres pays, notamment européens)

    Le second est que parmi les personnalités qui défendent l’identité française on trouve trois Français d'origine juive : Eric Zemmour dont les outrances affaiblissent les thèses qu’il défend, William Goldnadel qui relève les effets de l’islamo-gauchisme dans la société française et s’élève contre certaines présentations médiatiques des évènements, et enfin Alain Finkielkraut, produit accompli – jusqu’à l’Académie française – de l’école républicaine, qui regrette sa déliquescence et défend les mœurs et la culture françaises.

    Là il y a un double paradoxe. Les Juifs ont toujours été accusés de cosmopolitisme, or ces trois personnalités défendent farouchement, jusqu’à se faire honnir, une identité nationale qu’ils estiment, à juste titre, être la leur. Cette identification pouvant aller jusqu’à la xénophobie pour l'une d'elles, alors que les Juifs ont particulièrement souffert d’être toujours et partout considérés comme des étrangers, même lorsqu’ils étaient présents dans le pays avant ceux qui les considéraient comme tels. Cette xénophobie anti-juive, plus ou moins mêlée de religion et surtout de haine sans objet, ayant entraîné au cours de l’histoire : expulsions, bûchers et pogroms jusqu’à l’extermination industrielle. On peut donc s’étonner que les Juifs aient pu atteindre le XXIème siècle en tant que groupe humain jusqu’à refonder une nation sur la terre de leurs ancêtres, et qu’ils soient à leur tour parfois atteint de xénophobie, corollaire trop souvent lié à l’identification.

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 2 Octobre à 12:03

    Au delà des chiffres bruts (très "significatifs"...), il ne serait pas inintéressant de savoir quels types de "migrants" ("choisis" -économiquement ou professionnellement- ou pas... leurs origines ethniques et culturelles (etc...!)... leurs motivations réelles ou présumées... etc...) arrivent le plus souvent et les plus nombreux aux Etats-Unis, au Canada et en Australie d'une part, ou en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis d'autre part.

    Et je ne sais pas si le fait de "défendre (l'identité) et les mœurs et la culture françaises" dont on a reçu les bienfaits est une forme de xénophobie ?

      • Mercredi 2 Octobre à 13:49

        Je ne connais pas les motivations, mais je ne risque pas de me tromper en disant que la majorité fuit la violence ou la pauvreté ou les deux et cela ne change rien aux chiffres bruts. Aux USA les étudiants ou professionnels sont minoritaires par rapport aux Mexicains.

        Par ailleurs mon texte n'a jamais rapproché la défense d'une culture avec la xénophobie (un peu de mauvaise foi dans votre réflexion). Finkielkraut n'est aucunement xénophobe, il regrette que tout le monde ne puisse pas bénéficier dans les conditions actuelles de l'enseignement qu'il a lui-même reçu et que cet enseignement soit plus ou moins rejeté dans les "quartiers". Ce qui n'est pas le cas de Zemmour qui rejette tous ceux qui ne s'assimilent pas entièrement ce qui aboutit à la xénophobie

      • Mercredi 2 Octobre à 17:31

        J'ai peut-être lu trop rapidement la fin de votre article "atteint de xénophobie, corollaire trop souvent lié à l’identification." 

        Mais, rejeter ceux qui, dans les quartiers, rejettent l'enseignement qu'on leur propose -ou "impose"?- (essentiellement : Histoire de France et Sciences autrefois appelées "naturelles") au nom de leurs croyances ou de leurs superstitions relève d'une certaine logique... Ça fait un peu "c'est lui qu'a commencé...", mais bon...

      • Mercredi 2 Octobre à 17:58

        L'enseignement laïc doit être imposé à tout le monde, sans rejeter qui que ce soit ou d'adapter l'enseignement en fonction de la religion.

    2
    Mercredi 2 Octobre à 12:56

    En écrivant cela, ne seriez-vous pas un peu xénophobe contre les juifs, que je préfère au demeurant à tout ce que l'Afrique nous envoie!

      • Mercredi 2 Octobre à 13:32

        Non, aucunement. Je remarque simplement qu'il est un peu étonnant qu'un Juif ayant subi, lui ou ses ascendants, la xénophobie dans sa chair puisse être xénophobe (ce qui est le cas de Zemmour). D'une façon plus générale tout groupe humain cherchant une identification finit souvent par rejeter plus ou moins ceux qui ne font pas partie du groupe. Ce n'est pas une approbation, mais un constat.

    3
    Souris donc
    Mercredi 2 Octobre à 15:14

    Le tableau ne précise pas l'origine et les conditions de l'immigration. Les Saoudiens au 3ème rang, se gardent bien de faire venir Maghrébins ou Subsahariens musulmans. Leurs immigrés sont philippins, dument nantis d'un contrat de travail précisant date d'arrivée et de retour. S'ils ne donnent pas satisfaction, c'est rupture de contrat et retour immédiat.

    Quel délit d'opinion a commis Zemmour ? Que vont lui infliger les juges rouges du Mur des Cons ?

      • Mercredi 2 Octobre à 16:06

        Pour les monarchies du golfe, vous avez raison, c'est une immigration de travail en général temporaire.

        Zemmour appelle à la haine des musulmans dans une démarche de globalisation alors que si l'on peut critiquer la religion et ses radicaux, on ne peut pas dire qu'il y a une invasion dans un projet de conquête pour tous Français musulmans.

         

      • Souris donc
        Mercredi 2 Octobre à 16:24

        Zemmour a fait sienne la théorie du grand remplacement de Renaud Camus. Dans le cadre d'une Convention de la Droite. Le délit d'opinion n'existe pas (encore). On est en démocratie. Pas chez Erdogan et son régime sans Gülen.

      • Mercredi 2 Octobre à 16:34

        Je crois qu'il a exprimé plus qu'une opinion, mais un appel à la haine en comparant nazisme et islam aujourd'hui, même s'il n'a pas tort sur le plan historique puisque certains responsables de l'islam n'avaient pas caché leur sympathie pour Hitler lors de la 2ème guerre mondiale.

      • Mercredi 2 Octobre à 17:48

        (je ne parlais de rien d'autre en évoquant l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis... arf )

      • Mercredi 2 Octobre à 18:02

        En effet, pour les monarchies du Golfe le biais statistique est évident.

    4
    Mercredi 2 Octobre à 15:19
    Pangloss

    Ce mot de xénophobie est mis à toutes les sauces et ceux qui en font usage se plaisent à en faire un reproche à adresser à leurs adversaires.

    L'histoire du monde est pleine de ces circonstances où la xénophobie (peur de l'étranger) était parfaitement justifiée depuis les invasions barbares, Attila et ses joyeux compagnons, les raids vikings, la conquête de l'Angleterre par les Normands pour en arriver aux trois guerres contre nos cousins germains et plus récemment contre la poussée musulmane en Europe.

    Quant aux chiffres, un descendant d'immigré à la seconde ou troisième génération, de nationalité française mais qui ne se sent ni ne se dit français, est-il un immigré?

      • Mercredi 2 Octobre à 19:29

        La xénophobie est une attitude en effet fréquente. Mais tous les degrés existent dans cette attitude, et là où elle devient dangereuse c'est quand elle ne regarde plus l'individu mais le groupe à qui est attribué les mêmes caractéristiques de nocivité et cela peut aller jusqu'au meurtre.

        Non, les enfants d'immigrés ne sont plus des immigrés et le problème apparait lorsqu'ils ne se sont pas intégrés et préfèrent la culture importée à la culture commune.

    5
    Mercredi 2 Octobre à 16:19
    Pangloss

    En cas de guerre, la xénophobie officielle est allée jusqu'à encourager, recommander et imposer le recours au meurtre de l'ennemi.

      • Mercredi 2 Octobre à 16:23

        Oui, la xénophobie peut aller très loin et pas seulement en cas de guerre.

    6
    Mercredi 2 Octobre à 19:08

    Ce tableau est faussé car  il y a immigrés et immigrés. Pour faire faire bref , je dirais qu'un immigré syrien au Liban en Turquie ou en Jordanie retournera tôt ou tard en Syrie. C'est la volonté du pays qui l’accueille et c'est également son souhait, ses conditions de vie étant très mauvaises. 

    Son cousin qui a réussi a atteindre l'Allemagne ou la France n'a aucune intention de retourner vivre en Syrie. 

    En conséquence, la pression culturelle qu'exerce les 12% d'immigrés présents en Allemagne et en France est infiniment supérieure au  87% des travailleurs sous contrats à durée déterminé présents dans les Emirats. 

    Et c'est peut-être ( peut-être...!) ce qui oblige les intellectuels juifs à monter au créneau, une partie de cette immigration récente ayant tendance à afficher un antisémitisme viscéral et décomplexé.

     

    PS : je ne classe pas le pétainiste Zemmour dans les intellectuels juifs ( ni dans l'un dans l'autre )

      • Jeudi 3 Octobre à 08:44

        Vous êtes de ceux qui m'ont fait remarquer que les statistiques étaient biaisées et j'admets que vous avez tout à fait raison. Les intellectuels juifs ont été presque tous de gauche, mais depuis quelques années un certain nombre se sont droitisés. Il n'est pas exclu, comme vous le dites, que les islamo-gauchistes et l'importance croissante des musulmans, les uns et les autres volontiers antisémites et antisionistes les ont poussé à se droitiser.

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