• Morosité

    A Paris le temps est morose : gris, pluvieux, venteux et froid. Un temps qui incite à la paresse. Une paresse que je peux me permettre alors que d’autres se tuent dans les transports plutôt qu’au travail. Une morosité qui ne peut que s’accentuer lorsqu’on écoute les chroniqueurs débattre sans fin sur cette réforme des retraites, en se répétant inlassablement. La vacuité est un art qui permet de remplir les ondes. Le fait saillant qui ressort des conversations de plateau entre ces chroniqueurs savants est qu’ils ne comprennent rien à cette réforme qualifiée pompeusement de systémique car le gouvernement se garde bien d’en dérouler les conséquences pour chacun, mais il n’est pas certain qu’il les connaisse lui-même. Le débat semble ainsi se dérouler entre deux vacuités. Mais comme la nature a horreur du vide, la vacuité traînante de la gouvernance est remplie par des débordements quasi quotidiens dans les rues, et ceci depuis près d’un an et demi ou en faisant naître des actions stupides comme le jet de vieux manuels scolaires par des enseignants mal éduqués par-dessus la grille du rectorat de Clermont-Ferrand.

    Un débat ente deux vacuités ne fait de mal à personne, mais nous sommes entrés dans l’ère de la violence démocratique. Violences policières contre violences militantes. Insultes électroniques, menaces de mort et agressions. Et tout ça dans un pays où l'on travaille le moins longtemps (quand on trouve du travail), le plus imposé, le moins inégalitaire, le plus assisté, et de ce fait un des plus endettés. Il semble que les Français ont le goût du pire. Curieusement, ce sont des révolutionnaires conservateurs qui réclament le changement dont ils ne veulent pas. C’est compliqué.

    Heureusement que dans cette atmosphère morose et incertaine, il existe encore une valeur sûre pour nous égayer, je veux parler de Ségolène Royal. Elle ne déçoit jamais dans sa volonté d’exister, et bien qu’en passe d’être licenciée, elle s’accroche à la banquise en attendant sa fonte.

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  • Commentaires

    1
    Orage
    Mercredi 15 Janvier à 16:18

    "elle s’accroche à la banquise en attendant sa fonte."

    Z'êtes un marrant!

      • Mercredi 15 Janvier à 16:28

        C'est l'effet Royal.

    2
    Mercredi 15 Janvier à 17:03
    Pangloss

    Si elle n'existait pas, personne n'aurait l'idée de l'inventer.

      • Mercredi 15 Janvier à 17:07

        Elle s'en charge elle-même.

    3
    Mercredi 15 Janvier à 17:27

    Est-ce que la morosité "serait moins pénible au soleil", avec 30° à l'ombre à Hazebrouck, en plein mois de janvier, réchauffement climatique oblige ?

    ... quoique, sans vouloir entretenir un débat actuel, à propos du réchauffement climatique, s' il est bon d'entendre les partisans d'une origine anthropique à ce phénomène, il ne faut pas pour autant négliger complètement les cycles naturels du        

      • Mercredi 15 Janvier à 17:41

        Nous sommes comme les plantes, nous nous tournons vers la lumière. Mais pas trop.

    4
    Souris donc
    Jeudi 16 Janvier à 09:33

    Ségolène Royal, cruche arriviste qui n'a peur de rien et n'en loupe pas une . Tous les culots Providence des imitateurs.

    Chacun se souvient de ses débuts, quand elle extorque à Mitterrand une circonscription aux législatives de 1988 , on l'entend (vidéo INA introuvable), jeune conseillère, glisser au président qui lui serre la main : "Vous ne pouvez pas faire quelque chose pour moi ?" "Vous voyez bien que c'est trop tard, répond François Mitterrand, agacé. Quelques minutes plus tard, pourtant, il fait signe du doigt et glisse à Louis Mermaz : "Vous voyez cette jeune femme ? Je crois qu'elle commence à s'ennuyer à l'Elysée. Il vous reste bien une circonscription ?"

    Sa première  bravitude.

    En ces temps de délectation morose, un bonheur que de la voir revenir sur le devant de la scène.

      • Jeudi 16 Janvier à 10:16

        Son appétit de pouvoir et de paraître devient touchant. Mais que l'on cherche à l'écarter uniquement par misogynie est irritant

    5
    Jeudi 16 Janvier à 10:38

    Pour ne pas s'être rendue aux pôles, la voilà menacée de se rendre à Pôle... emploi !  happy 

      • Jeudi 16 Janvier à 10:56

        ça jette un froid.

        NB Aragon intime...mais pas seulement

    6
    Jeudi 16 Janvier à 12:11

    la vidéo de Ségolene : 

     

    https://www.ina.fr/video/I07002981

     

     

      • Jeudi 16 Janvier à 14:03

        Donc vous avez trouvé la vidéo INA. La mendicité des élites.

    7
    un coeur qui bat
    Jeudi 16 Janvier à 12:23

    Bonjour Doc,
    Votre plume est toujours aussi plaisante à lire, un véritable rayon de soleil au milieu de l'hiver, dans ce climat effectivement si morose...
    Heureusement les socialistes (ou du moins ce qu'il en reste...) se chargent de nous réchauffer... car si on regarde derrière nous, tout à commencer dès 1981 avec Mitterand et le recul de l'âge de la retraite... à l'époque on était pas si mal avec les 65 ans... mais il a fallu qu'il pose le curseur sur 60... la suite on la connait tous....Royal au bar !

    Très belle journée

      • Jeudi 16 Janvier à 14:07

        Merci. C'est  ce genre d'erreur (la retraite 5 ans plus tôt alors que la longévité s'était accrue dans les mêmes proportions) qu'il est difficile de réparer, car s'il est facile de donner, il est difficile de reprendre.

    8
    joelle
    Jeudi 16 Janvier à 21:16

    D'accord avec Un coeur qui bat, j'adore votre plume et celle de vos amis!

    Quant à Ségolène, même si elle m'agace profondément, je ne peux pas m'empêcher de garder un coin de sympathie pour elle... Un certain courage peut-être, une vie pour la politique...

    Et puis presque touchante de naïveté quand elle se met en scène (en toge bleue scandant"Fra-ter-ni-té", ou récemment en réapparaissant, virulente, pour s'arranger à se faire virer...)

    Mieux vaut sourire de tout cela. La politique est une pitrerie!

      • Jeudi 16 Janvier à 22:59

        Je vous remercie en mon nom et en celui de mes visiteurs (dont vous êtes). Oui, Ségolène Royal est tellement prévisible que l'on peut en sourire. La politique est avant tout un spectacle où les acteurs tentent, souvent maladroitement, de convaincre le public. Mais depuis des années ce dernier ne les applaudit plus.

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