• A. Lettre – clef pour ouvrir une bouche. Pendant que l’enfant s’efforce de bien la prononcer, le médecin lui glisse sournoisement un abaisse-langue jusqu’à provoquer la nausée.  Et la méfiance fût.

    Abaisse-langue. Permet de dévoiler les bas-fonds du palais.

    Abus de medicaments.  Se traiter à tous prix.

    Acupuncture. Piercing transitoire.

    Aérophagie. Attribuer à l’air des troubles dont on ignore la cause. Diagnostic léger.

    Affection.  Même terme pour une maladie qui vous atteint et un sentiment qui vous attache. La maladie a malheureusement plus de constance que le sentiment.

    Aléa thérapeutique. Forme médicale du dégât collatéral.

    Alèse.  Protège le matelas, pas les fesses.

    Amaigrissement. Engraisse l’industrie alimentaire.

    Américaine. Casaque stérile que portent les chirurgiens pour opérer et répondre aux interviews télévisées.

    Amiante. Fibres minérales que l’on posait sur les murs avant qu’elles ne se déposent dans les poumons.

    Amnésie. Celle de la vieillesse permet d’oublier les faits récents, mais de se souvenir des faits anciens afin de pouvoir rédiger ses mémoires. Celle des politiques permet de se contredire dans le présent et d’arranger ses mémoires dans l’avenir.

    Amniocentèse. Prélèvement de piscine pour vérifier la conformité du nageur.

    Anabolisant. Accroît la masse musculaire sans augmenter les capacités intellectuelles.

    Anglicisme. Locution empruntée à l’Anglo-américain et que l’on ne rend jamais.

    Anonymat.  Rend les concours écrits justes et les lettres ignobles.

    Anticorps/antigène. Ils s’assemblent et s’annihilent parce qu’ils sont complémentaires. Il n’y a pas d’amour heureux.

    Antirides. Tartes à la crème des publicités de cosmétologie.

    A posteriori. La démarche la plus sûre pour établir un diagnostic exact.

    Apprentissage. Sert d’abord à éviter les erreurs des maîtres.

    Areu. Permet déjà une psychanalyse pour F. Dolto.

    Armoire à pharmacie. Sert à conserver les médicaments périmés.

    Arsenic. Conduit à des expertises tirées par les cheveux.

    Ascenseur. Quand il ne monte plus, il descend les hôpitaux.

    Asile.  Met à l’abri du danger, met les gens dangereux à l’abri, met les vieillards en  danger.

    Athlète. Personne particulièrement saine à qui les médecins prodiguent des soins qui la rendent  souvent malade.

    Auscultation. Méthode d’examen permettant d’être à l’écoute d’un patient en lui demandant de se taire.


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  • Lexicon est un néologisme que je propose pour définir l’étude lexicale destinée à déterminer le poids de connerie contenu dans les mots, substance qui n’apparait pas d’emblée dans la signification des termes et que seule l’expérience peut permettre d’apprécier. En voici quelques exemples (par ordre alphabétique) concernant l’économie :

     

    Action : permet de rapporter de l’argent sans agir, surtout lorsqu’on est initié.

    Concurrence : sert à se débarrasser des concurrents pour pouvoir augmenter les prix, le but ultime de la concurrence étant le monopole.

    Consommation : acte survenant après le mariage béni par la publicité entre une marchandise qui s’expose et un client qui la désire.

    Dégraissage : liposuccion pour se débarrasser d’un homme complet.

    Délocalisation : transport d’une structure où les hommes sont rémunérés, dans un pays où ils le sont peu. L’argent ainsi économisé sert à payer davantage les dirigeants responsables du transport.

    Emprunt d’état : sert à payer des intérêts plus chers à des particuliers et à mettre son nom sur une opération sans intérêt.

    Investissement : sert à dépenser aujourd’hui de l’argent que l’on n’a pas pour le chômage de demain que l’on aura.

    Jetons de présence : sert à rémunérer des individus souffrant d’absences qui n’oublient jamais de venir les toucher en passant d’une table à une autre.

    Loi du marché : la seule législation où il n’existe aucune loi.

    Moralisation de la finance : « Donner des conseils de bonne conduite aux banques et aux traders est aussi ridicule que recommander à un alcoolique de réduire sa consommation ». (Nous remercions Paul Quilès, ancien ministre PS, de nous avoir fourni cette définition).

    Multinationale : organisme ayant la faculté se multiplier en se moquant complètement des nations.

    Petit porteur : celui qui réalise de grosses pertes en possédant peu d’actions.

    Restructuration : consiste à supprimer des structures qui contiennent des hommes, sans en créer de nouvelles pour les accueillir. Le but ultime étant d’avoir des structures ne contenant que des esclaves et des dirigeants.


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  • « Rien n’arrêtera les réformes ». Le changement (ou la rupture) est un maître-copeau dans le langage politique. Tous les partis et même les conservateurs l’utilisent. Son emploi est obligatoire au moment des élections, car on ne peut imaginer un candidat dire aux électeurs : « Votez pour moi pour que rien ne change » (mais je ne peux pas affirmer qu’il ne serait pas élu avec une telle déclaration). Une fois au pouvoir, la plupart des gouvernants font comme les comédiens qui piétinent sur place pour faire croire aux spectateurs qu’ils avancent : ils changent le nom des organismes déjà existants, ils en ajoutent d’autres qui feront double emploi, mais tous seront toujours confrontés aux mêmes problèmes dont ils continuent à ne pas avoir la solution. D’autres, plus ambitieux, pris d’une frénésie législative pondent des chapelets de lois qui viennent s’ajouter à celles qui n’ont jamais pu être appliquées et sans prendre le temps d’en prévoir les conséquences, cassant au passage ce qui ne marchait pas trop mal pour des nouveautés qui seront cassées à la prochaine omelette ou balayées par la rue.

    Il est curieux de constater que le mot réforme s’applique aussi bien au changement qu’à la mise hors service.

    Je ne sais pas si les réformes s’arrêteront, mais les âneries sûrement pas. Encore que les ânes dans leur sagesse ne sont guère partisans de la fuite en avant  et ont plutôt tendance à rester immobiles lorsqu’on cherche à les faire avancer.

     

    « C’est la crise ». C’est aujourd’hui incontestable. Pourtant, j’ai toujours entendu les politiques dirent que la France était en crise, même pendant les « trente glorieuses ». La crise est en effet l’alibi le plus parfait pour dédouaner les politiques de leurs actes ou de leur impuissance. « C’est la crise » est un argument imparable pour faire taire les critiques. D’ailleurs, quand elle n’existe pas les politiques l’inventent, s’ils ne la favorisent pas par leur incompétence.

     

    « Lancer des pistes ». Plutôt que de chercher des solutions ou de formuler des hypothèses, les politique préfèrent de plus en plus « lancer des pistes », de préférence le plus loin possible pour ne pas avoir à les suivre.

     

    « Il est bon d'avoir une opposition forte ». Ce copeau est habituellement taillé par le parti qui détient le pouvoir et qui semble ainsi navré de la faiblesse de ses opposants. C’est un des copeaux les plus hypocrites de la langue de bois. En écrasant une larme, le parti au pouvoir est bien entendu ravi de la faiblesse de l’opposition et fait tout pour qu’il en soit ainsi.

     

    « Je ne vous ai pas interrompu ». Il vient de le faire en interrompant celui qui l’a interrompu.


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  • « Tout sera mis en œuvre pour retrouver les auteurs de cet acte inqualifiable ». Ce qui veut dire que d’habitude tout n’est pas mis en œuvre, c’est selon… Copeau stéréotypé d’une grande vacuité pour montrer aux victimes sa commisération et sa volonté. Le responsable pourrait-il dire le contraire ? Ou une phrase comme « on va faire ce qu’on peut, mais c’est pas gagné », mais il préfère faire des moulinets avec ses petits bras pour impressionner la galerie.

     

    « Il faut être volontariste ». Le volontarisme est « L’attitude d’une personne qui croit pouvoir soumettre le réel à ses volontés » (Petit Robert). Ce copeau est plutôt récent. La question est de savoir si ceux qui l’emploient veulent dire volontaire ou réellement volontariste c'est-à-dire avec l’illusion de modifier le réel selon leurs désirs. Après tout, le mot est peut-être employé à bon escient.

     

    « C’est hautement symbolique ». En politique, comme le signal est fort, le symbole est haut. Ce qui implique que le symbole a des degrés. Il y a donc des symboles bassement symboliques. Ce n’est qu’un exemple de l’inflation du langage dont les politiques sont friands (ce ne sont pas les seuls), Citons de la même veine l’inénarrable « au jour d’aujourd’hui » pour bien le distinguer des autres jours.

     

    « Les partenaires sociaux ». Sont ainsi nommés : le patronat qui redoute le social et les syndicaux qui aimeraient bien le représenter. Le gouvernement, qui n’a rien de social, soit surveille son petit monde, soit entre directement dans le jeu, face aux syndicats, car pour le patronat il n’a aucune raison de le rencontrer puisqu’ils sont souvent ensemble. Les partenaires sociaux sont partenaires comme le sont des adversaires au tennis. C’est un partenariat où le but est de vaincre l’autre. Mais aucun politique n’osera parler « d’adversaires sociaux » pour ne pas envenimer le combat, pardon, le débat.


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  • « Envoyer un signal » ; c’est le pendant du message. Le peuple envoie un message qu’il faut déchiffrer et les gouvernants envoient un signal, de préférence fort. Il est curieux que le peuple et les gouvernants soient obligés de communiquer de façon aussi sibylline, du type sémaphorique. C’est sans doute pour permettre à chacun d’avoir une interprétation qui lui soit favorable.

     

    « Nous le ferons dans la transparence ». C’est un copeau très prisé par les politiques, sans doute en raison de sa connotation de limpidité et de pureté. Mais il veut dire aussi qu’auparavant ce n’était pas le cas. Dans une démocratie tout devrait être clair et vérifiable (sic) et cette affirmation n’est donc pas une avancée mais un aveu d’opacité habituelle.

    Bien sûr il y a le « secret-défense » dont on comprend l’utilité, ne serait-ce que pour enterrer des affaires glauques.

     

    « Nous avons créé une commission ».  Chacun sait que c’est la façon la plus élégante d'enterrer un problème. Un copeau voisin est « nous avons demandé un rapport » avec des variantes plus gaies comme livre blanc ou livre vert. Les résultats d’une commission ou d’un rapport ont une utilité bien connue : ils servent à caler les meubles des ministères. Personne n’en tient compte ou on en prend un petit bout pour faire plaisir. Mais en attendant les résultats de la démarche, les gens sont obligés de se taire.

    Les « Hautes Autorités », les « Conseils de… » qui poussent comme des champignons sont de la même veine, en doublant des structures déjà existantes (ne seraient-ce que les ministères). Les unes n’ont le plus souvent qu’une autorité limitée et les conseils des autres ne sont en général pas suivis, Quant aux observatoires, si l’on tient compte des retombées pratiques et en général filantes de leurs observations, leur coût pourrait être considéré comme astronomique.

    Les gouvernants et les administrations font en outre une grande consommation de médiateurs dont on ne sait pas à quel genre ils appartiennent. Le médiateur est une chimère mi-politique, mi-civile qui s’interpose entre les élus du peuple et le peuple ou entre les services publics et le public, ce qui prouve leur éloignement. Le médiateur est chargé d’accélérer les démarches en créant une étape supplémentaire à franchir.

    Mais tous ces bidules ne sont-ils pas la meilleure façon de caser des copains désœuvrés ou de récompenser des fidèles ?


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  • « La balle est dans leur camp ». Ce copeau de la langue de bois d’allure sportive a un côté ludique. Voilà des gens, en principe sérieux, qui jouent à la baballe. Le jeu consiste pour un camp politique ou syndical à se débarrasser de la balle, comme une patate chaude, en l’envoyant chez l’adversaire pour regarder avec intérêt ce qu’il va en faire. On pourrait comparer ce jeu politique à du tennis ou du volley-ball où les joueurs envoient la balle de l’autre côté du filet  avec violence, en montrant les dents et en levant le poing lorsque la patate reste de l’autre côté. Ce qui ne les empêche pas de rigoler ensemble dans les vestiaires, comme les politiques le font dans les palais de la République où seuls persistent les filets à provisions.

     

    « Que le gouvernement (ou toute autre direction) prenne ses responsabilités ». On se demande ce que cela veut bien dire. Les responsabilités, il les a déjà. Ou alors d’habitude il les met de côté, bien rangées dans une armoire et quand on le sollicite, il les sort, les époussette et les prend. Ce copeau n’a aucun sens, même une direction qui ne fait rien reste tout aussi responsable de ce qu’elle est censée diriger.

     

    « Il faut déchiffrer le message » Le message émane en général du peuple et est destiné aux gouvernants. Il parait difficile à lire sans doute en raison d’une certaine incurie du peuple à s’exprimer clairement, surtout lorsqu’il le fait en marchant. Les politiques, voire les journalistes se penchent donc avec perplexité sur le message abscons pour le déchiffrer. On comprend l’embarras de ces diplômés des grandes écoles devant des messages cryptés comme : « Je crains d’être licencié » ou « Je suis chômeur et je ne retrouve pas de travail » ou « Mon salaire ne me permet pas de vivre correctement ». Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? En général les gouvernants devant les difficultés du déchiffrage se contentent d’une solution approximative comme « Ce message traduit un inquiétude ». Ah ! Bon,  c’est rassurant, il ne se passe rien, c’est seulement la crainte qu’il se passe éventuellement quelque chose, on peut donc continuer comme avant.

     

    « Il faut se retrousser les manches » copeau prolétaire toujours prononcé par ceux qui ne le sont pas en réponse aux prolétaires qui réclament une augmentation de leur salaire et de façon indécente aux chômeurs qui ne demandent qu’à les retrousser.


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  • « C’est une provocation ! ». C’est un copeau de la langue de bois volontiers syndical. On passe de la cour politique à la cour d’école où le gamin bagarreur vous pousse pour déclencher la bagarre. On ne cherche pas vraiment à réfuter la décision de l’adversaire car on estime qu’il ne l’a prise que pour vous embêter. Na !

     

    « Vous êtes archaïque ». Copeau dur, suprême insulte. Plutôt que d'apporter des arguments pour justifier un changement envisagé, on classe  l’adversaire comme opposé à la modernité, donc non crédible. Car quelqu’un de sensé pourrait-il s’opposer à la modernité ? Même si la modernité est en fait un recul sur ce qui existait. Modernité que d’absurdités a-t-on commises en ton nom !

     

    « Nous avons eu un dialogue constructif ». Le dialogue constructif se déroule de la façon suivante : lorsque l’un place une brique, l’autre l’enlève et vice versa. Après une telle construction il ne reste plus une seule brique debout et les deux s’en vont, remportant avec eux les briques qu’ils avaient amenées.

     

    « Nous sommes partisans de l’ouverture ». En voilà une idée qu’elle est bonne. Les politiques veulent ainsi prouver leur largeur d’esprit et leur esprit de conciliation. En réalité l’ouverture est celle de la gueule d’un requin qui se referme sur un morceau un peu faisandé du camp opposé pour l’avaler, puis le digérer dans les profondeurs de son antre.


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  • « Je ne peux pas vous laisser dire ça ». Et le politique, apparemment outré par les propos de son opposant, montre ainsi qu’il est prêt à combattre pour ses idées, qu’il va rétablir la vérité sans se laisser circonvenir par des manœuvres mensongères. C’est donc un copeau à double détente : on gonfle le torse de l’honnête homme et on rabaisse l’adversaire. Le huron qui a reçu un jour ce copeau en pleine figure a eu cette réponse : « Et comment comptez-vous m’en empêcher ? » (Pas mal, non ?).

     

    « C’est intolérable ». Par cette expression le politique se dédouane. Il montre son émotion et sa révolte alors qu’il est le plus souvent responsable de l’intolérable par son incapacité à prévenir ou à résoudre l’évènement qui le scandalise. L’expérience montre qu’il continuera à tolérer l’intolérable montrant ainsi sa résistance aux épreuves.

     

    « Nous avons fait le nécessaire » : jamais avant, parfois après. Quant au contenu du nécessaire, ce n’est en général pas suffisant. Ce copeau de la langue de bois est destiné à clore un débat embarrassant, sachant que sur le moment le nécessaire ne peut pas être vérifié.

     

    « Il faut être responsable ». Les premiers responsables sont les politiques. Combien d’entre eux ont eu à pâtir de leurs échecs à l’échelon national ? Car ils sont réélus pour leur efficacité à l’échelon local grandement facilitée par leur position nationale.

     

    « Je suis un homme (une femme) de conviction ». On ne sait pas laquelle, ce qui permet d’en changer. D’ailleurs il est préférable que le politique n’ait pas de convictions car si elles sont mauvaises et s’il cherche vraiment à les appliquer envers et contre tous, le pays risque d’aller au désastre. Il vaut mieux qu’il résolve les problèmes avec conviction que par conviction

     

    « Je serai candidat si on me le demande ». Le « on » étant indéterminé on peut s’y mettre soi-même

     

    « Nous n’avons aucun différent ». C’est le plus souvent le contraire, car comment deux personnes peuvent-elles être d’accord sur tout, à moins de n’avoir aucune idée personnelle (ce qui n’est pas exclu).

     

    « Il (elle) a tout mon soutien » est un copeau semblable. Les politiques réussissent l’exploit de soutenir quelqu’un en le poussant pour qu’il tombe.

     

    « Je fais confiance à la justice de mon pays ». Le politique prend ainsi la posture du bon citoyen respectueux des lois alors qu’il n’a pas cessé auparavant de les transgresser. D’ailleurs il va continuer à le faire en mettant tout en œuvre pour influencer la justice dans un sens favorable à ses intérêts, c’est en cela qu’il lui accorde sa confiance.


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  • « Soyons sérieux » : c’est un copeau-clé de la langue de bois. Elle a pour but de rabaisser l’adversaire ou le journaliste dont les arguments même exacts deviennent ainsi fantaisistes, pour tenter de rendre son propre discours crédible en lui donnant un label de véracité, surtout s’il s’agit d’un mensonge.

     

    « Nous le ferons après une large concertation » : c'est-à-dire, la décision étant déjà prise elle sera néanmoins exposée à ses adversaires qui ne pourront rien y changer. La concertation se situe entre la décision et son application.

     

    « C’est un débat démocratique »  est un copeau du même ordre : le débat l’est parfois (mais qui participe au débat ?), la décision qui en découle, rarement.

     

    « C’est un progrès pour la démocratie ». Là il faut vraiment dresser l’oreille car le plus souvent c’est un recul (ex. un conseiller de Sarkozy a osé dire sur France Inter que la nomination du président de la TV publique par le président de la république était un progrès pour la démocratie)

     

    « C’est une loi votée par les élus du peuple ». Il n’y a plus rien à dire, sauf que ce n’est pas pour cela que la loi est bonne, qu’il n’est pas du tout certain que le peuple dans sa majorité la veut, qu’une grande partie du peuple n’est pas représentée au parlement et qu’une fois élus – surtout en début de mandat – les représentants se fichent le plus souvent de ce que veut le peuple qu’ils sont censés représenter. Le peuple ne peut s’exprimer que par les sondages dont les résultats sont parfois manipulés, ne serait-ce que par les questions posées.

     

    « La France est un pays d’assistés ». A commencer par les hommes politiques qui montrent l’exemple en  n’hésitant  jamais à augmenter leurs émoluments et à défendre leurs privilèges (à tel point que, comme pour les hauts fonctionnels, leur salaire ne leur sert, pour la plupart, que d’argent de poche).


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  • « Aller sur le terrain » : les politiques se gargarisent de ce copeau de la langue de bois pour montrer combien ils sont proches de leurs concitoyens (et surtout de leurs électeurs). Ils font une apparition fugace, très organisée et encadrée, pour retourner bien vite dans leurs palais, conduit par leur chauffeur attitré qui ne respectera pas les limitations de vitesse, tellement le maître est pressé de rentrer. En fait, c’est une façon de s’exprimer méprisante ; le terrain, c’est quoi ? Des champs peuplés de péquenots ? Des quartiers incertains ? Des chantiers salissants ? De la boue ? Du purin ? des ordures ? Attention ! Les politiques choisissent leur terrain, mais il faut leur rendre hommage quand ils se vantent d’ « aller sur le terrain » comme on va à la guerre, car c’est faire preuve de courage que de se mêler à la populace,  même de loin et pas longtemps.

     

    « Je suis à l’écoute » : Ah ! Les politiques montrent ainsi qu’ils daignent vous écouter ! Ils font un effort, être à l’écoute serait une qualité alors qu’ils sont élus pour ça. Il ne faut pas se faire  d’illusion, ils sont surtout à l’écoute la veille d’une élection où ils semblent passionnés, sous le regard des caméras,  par ce que raconte la marchande de fruits et légumes. Ils écoutent en pensant à autre chose ou ne retiennent que ce qui les arrange, tout en vérifiant la bonne position des journalistes.

     

    « Je suis au service de mes concitoyens ». Un député est élu exactement pour ça, il n’y a donc pas lieu de s’en vanter. Alors pourquoi donner cette précision ? Justement parce que les concitoyens ont des doutes : et si le député ne pensait d’abord qu’à lui ? Et s’il ne rendait service que pour être réélu ? Il est bon de répéter qu’il ne pense qu’aux autres et qu’il se sacrifie pour eux. On ne sait jamais, à force ça peut marcher.

     

    « Il est dangereux de dénigrer les politiques ». Sous-entendu : dénigrer la classe politique c’est faire le jeu des extrémistes, donc : acceptez ce que nous sommes, car nous sommes moins pires que les autres. Bien sûr, il ne faut pas mettre tous les politiques dans le même cageot, il y en a d’honnêtes et même d’efficaces (quoi ? Je ne plaisante pas), mais c’est comme pour les fruits : si dans un cageot les uns sont pourris, les autres risquent de le devenir à leur contact. La politique en tant que profession est rentable et un élu cherche à le rester car une fois entré personne ne veut sortir du fromage, bien que dans ce métier le risque de chômage est faible : ceux restés en place trouvent toujours pour les copains des points de chute enviables. Le renvoi d’ascenseur est une mécanique bien rodée chez les politiques, ce qui montre leur altruisme.


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