• Les idéologies du quotidien

    Si par hasard un militant antispéciste tombe sur l’article précédent à propos du cannibalisme, illustré par le tableau impressionnant de Goya, je me demande ce qu’il en penserait. Peut-être penserait-il que tuer ses semblables pour les manger est à mettre sur le même plan que tuer des animaux pour s’en nourrir. Ce qui pourrait justifier aux yeux des associations vegan leurs agressions sur des boucheries du nord de la France obligées de faire appel à des vigiles pour protéger leurs commerces.

    Les idéologies du quotidien

    Les grandes idéologies, comme le communisme, visant à transformer en profondeur les structures de la société, et prétendant changer l’avenir pour le bien de tous, ont échoué en montrant que leur application, quel que soit le pays et les modalités d’application, fait le malheur des peuples sauf en se dénaturant comme en Chine.

    Les idéologies d’avenir ont été remplacées par deux types d’idéologies :

    - Celles qui veulent rétablir le passé, l’islamisme est de ce type. Mais également les mouvements que l’on qualifie de populistes ou d’extrême droite qui s’accrochent à leur identité et à leur histoire et s’opposent notamment à une immigration incontrôlée qui menace de diluer cette identité ou de la faire disparaître.

    - Celles qui doivent s’appliquer dans le présent et le quotidien. Elles touchent plutôt la gauche (mais pas seulement), orpheline de la pensée marxiste pour les personnes ayant retrouvé un peu de lucidité. Elles veulent contrôler les gestes du quotidien : comment manger, comment baiser, comment procréer, comment respirer. Mais aussi dans une perspective d’avenir : que faire des déchets, économiser l’énergie, respecter la planète et sa biodiversité.

    Comme toutes les idéologies, celles du quotidien ne sont pas dénuées de violence ou de contrainte. C’est presque toujours le cas quand on veut imposer sa vérité aux autres.

    « Réflexions alimentaires sur le cannibalisme277. A votre santé »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Septembre à 12:25

    Et nous sommes bombardés en permanence d'idéologies en tout genre! Qui gagnera ? çà on n'en sait rien, mais j'espère pas les végans, j'aime manger de la viande, (pas humaine)!

      • Dimanche 23 Septembre à 15:23

        A condition qu'il reste des bouchers

    2
    Dimanche 23 Septembre à 16:53
    Pangloss

    Les extrémistes desservent leur cause. Puisque l'homme est omnivore (donc aussi carnivore), nous tuons des animaux pour les manger. Faut-il pour autant les faire souffrir pendant leur vie et au moment où on les tue?

      • Dimanche 23 Septembre à 17:34

        Il faut évidemment éviter de faire souffrir les animaux non seulement au moment où ils sont sacrifiés mais également pendant leur vie.

      • Sémaphore
        Lundi 24 Septembre à 14:18
        Sémaphore

        Selon la Bible, manger des animaux donc leur chair, est une autorisation du Créateur, donnée aux hommes après le Déluge.

        En bonne logique, cela n'était donc pas permis auparavant.

        Il est loisible de rêver à cet ancien état de choses mais de là à vouloir l'imposer par la force, à ceux qui n'en veulent pas, montre un esprit totalitaire et constructiviste bien avancé.

         

      • Lundi 24 Septembre à 14:39

        Sans aucun doute.

    3
    Dimanche 23 Septembre à 17:56

    C'est l'application massive et cynique ou le laisser faire discret et intéressé, poussés à l'extrême, du principe du diviser pour mieux régner...

    "En politique et en sociologie, diviser pour régner (du latin divide et impera) est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d'un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question." (Wikipedia)

    Chacun de son côté mène sa petite guéguerre contre l'un et contre l'autre et ne pense qu'à ça, ne voit que ça, ne fait que ça, n'agit que pour ça... et pendant ce temps-là, la marmotte et son papier alu, elle compte les points, comme tout un chacun qui finit par se lasser de tout ce barouf et finit par oublier ou minimiser d' autres problèmes.

      • Dimanche 23 Septembre à 18:09

        Mais la population n'a pas besoin de qui que ce soit pour se diviser et oeuvrer pour des causes parfois farfelues. Cette division que l'on peut regretter est aussi liée au régime démocratique qui permet la multiplication des associations dont la motivation frise souvent le ridicule. Mais c'est aussi un critère de liberté.

    4
    Dimanche 23 Septembre à 20:22

     C'est un peu ce que je voulais dire en parlant d'un "laisser faire discret", mais je n'exclue pas que, parfois, certains princes machiavéliques aillent jusqu'à favoriser ou encourager, ou "laisser faire" des causes un peu fantaisistes et saugrenues (pour les plus inoffensives)...

    C'est effectivement une preuve de liberté et de démocratie si un certain sectarisme ne s'en mêle pas et si l'expression d'un désaccord est possible.

      • Dimanche 23 Septembre à 20:31

        Ma naïveté répugne à envisager le machiavélisme, mais par ailleurs ma lucidité ne prête pas tant d'intelligence à ceux qui nous gouvernent. Oui, la liberté ne doit pas être géométrie variable.

    5
    Souris donc
    Lundi 24 Septembre à 16:05

    Les idéologies du quotidien relèvent de la table rase : plus de passé, plus de référence. Au nom du Bien (en vogue), on peut défouler son agressivité en se donnant le beau rôle. Les zadistes, les vegans, les blackblocks... J'ai lu (mais où ?) que notre piètre classement Pisa est plus préoccupant que les 7 milliards dépensés en éoliennes et panneaux solaires de l'idéologie écolo.

      • Lundi 24 Septembre à 17:31

        L'avenir est évidemment au savoir et aux découvreurs. Les nôtres ont malheureusement tendance à quitter l'hexagone comme Emmanuelle Charpentier  (co-découvreuse de l'outil d'édition génétique CRISPR - Cas 9) qui travaille partout sauf en France. 

        Que d'énergie perdue pour des causes vaines ! Le Bien n'est pas apporté par ces agitateurs mais par des découvreurs.

      • Souris donc
        Lundi 24 Septembre à 17:56

        Le Max Planck Institut et la chaire Alexander von Humboldt récupèrent nos découvreurs. J'en connais un qui a du mérite de rester en France...

      • Lundi 24 Septembre à 18:07

        Qui ? ("question pour un champion")

      • Lundi 24 Septembre à 18:39

        Donc j'ai le choix entre 3 sur les  4, je pense.

    6
    Mardi 25 Septembre à 09:25

    Oui, en effet, il y a les marxisants qui pensent que l'homme est un pur produit culturel, sans pulsion, sans bagage génétique, que l'on peut façonner à sa guise pour créer un homme nouveau.  Mais il faut bien reconnaître que la méthode pour créer cet homme nouveau a toujours été une brutalité quasi-animale.

    Pour eux, un pouvoir politique pourrait décider en toute liberté si l'homme est omnivore ou herbivore. 

    Et de l'autre des intellectuels d'extrême-droite  (l'ami Eric Z !) qui pensent qu'il existe une France éternelle, immuable qu'il convient de retrouver. Mais il faut bien reconnaître que la France éternelle en question n'est pas la France de la Renaissance, ni celle du siècle des Lumières, ni celle de la Résistance mais la France de... leur jeunesse (ou celle de leurs papas) : Nostalgie coloniale, hiérarchie des races, statut spécifique pour les femmes, chasse nature et traditions...

    Pour eux, en général adepte de la chasse et hostile à la réintroduction d'espèces menacées,  il est ridicule de se préoccuper de la souffrance animale

    Carlus ( grand classificateur devant l'Eternel)

      

      • Mardi 25 Septembre à 09:55

        Certes, grand classificateur devant (ou derrière) l'Eternel, mais je suis dépité que vous ayez oublié la classe que je viens de créer, celle des idéologies du quotidien comme les vegan, les écolo, l'idéologie du genre... et qui veulent imposer notre façon d'être ou de penser.

    7
    Mardi 25 Septembre à 10:43

    Il n'y a pas vraiment de quoi être dépité, Doc, bien au contraire ! Je n'étais pas du tout en contradiction avec votre classification : simplement je signalais que ce que vous appelez les idéologies du quotidien sont, pour moi, des résultantes du postulat marxiste de base ( même quand on se ne réclame plus du marxisme) : tout est culturel (ou "historique") et donc susceptible d'être modifié : le genre, la parentalité, notre statut d'omnivore ou pas,  etc...

      • Mardi 25 Septembre à 11:16

        Tout est évidemment culturel, y compris le regret du passé et la volonté de le rétablir ou en tout cas de ne pas l'abolir, ce qui est qualifiée par les progressistes de réactionnaire. La pensée marxiste est essentiellement économique et basée sur la lutte des classes en faisant d'ailleurs l'erreur de ne pas prévoir la constitution de la classe moyenne dans l'évolution du capitalisme, classe devenue majoritaire dans les sociétés occidentales et qui tient en fait, pour sa plus grande part, au maintient du capitalisme. En matière d'évolution historique le marxisme s'est trompé, l'homme nouveau ne se débarrasse pas de son passé : dès la chute du communisme, le peuple se précipite dans les églises.

      • Mardi 25 Septembre à 11:41

        Les idéologies du quotidien s'insinuent dans la pensée et dans les comportements sans être imposées (pour l'instant) par une autorité étatique.

    8
    Mardi 25 Septembre à 11:42

    Après tous ces commentaires de haut vol, je ne sais pas si je vais oser écrire le mien !  Mais bon... Je crois que ces idéologies alimentaires du quotidien sont le fait d'une certaine "jeunesse" qui se cherche un idéal (pas facile à trouver, j'en conviens) et surtout qui n'a jamais eu faim, qui n'a jamais connu la misère et qui n'a jamais mis les pieds à la campagne. 

    Faire souffrir un animal est inadmissible, mettre les bouchers au rang de meurtriers l'est tout autant ! 

      • Mardi 25 Septembre à 11:51

        Vous avez raison. La quête d'idéal fait partie des pulsions juvéniles, c'est un bien qui peut conduire au mal.

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