• La culpabilité du thermomètre

    La culpabilité du thermomètreOn sait que la fièvre est officielle que lorsque la température corporelle est mesurée à l’aide d’un thermomètre, de là à penser que c’est le thermomètre qui donne de la fièvre, il n’y a qu’un pas.

    Les médias sont les thermomètres d’une société. Dans les sociétés autocratiques il n’y a qu’un seul thermomètre et il ne donne qu’une seule température, celle imposée par le pouvoir. En autocratie, il est prudent que la population fasse semblant d’être en bonne santé et d'admettre que le pouvoir est sain.

    Dans les sociétés libres, il existe de multiples thermomètres, ce qui ne veut pas dire que chacun d’eux donne la température exacte et que les thermomètres ne sont pas plus ou moins manipulés pour donner une température qui convient au pouvoir ou à la majorité ou aux idées dominantes. Mais le panel des thermomètres est le plus souvent assez large pour que l’on puisse se faire une idée correcte de la température ambiante.

    Depuis quelques temps les thermomètres sont régulièrement accusés de créer la maladie dont on est atteint et de la fièvre qui vous consume.

    Mélenchon parle régulièrement du « parti des médias » responsable de tout ce qui ne va pas pour lui. La webtélé « Le Média » qui lui est plus ou moins affiliée voit ses participants partir les uns après les autres (j’avais averti Mélenchon que, Miller, un des responsables de ce média, choisissait toujours le mauvais camp. Voir « un psychanalyste qui parle trop ») et bien sûr « les chefs de file du "Média" se défendent bec et ongles en dénonçant un "lynchage" de la part des médias mainstream » (Huffingtonpost.fr)

    Après Fillon qui avait accusé la presse d'avoir révélé le côté argenté mais peu reluisant de sa personnalité, nous avons eu Wauquiez qui, après avoir dit ce qu’il pensait de ses petits camarades à des étudiants, a accusé les médias d'en avoir fait profiter tout le monde, comme on accuse un thermomètre de donner la température exacte ou le messager de la teneur du message. Il est vrai que Wauquiez a surtout accusé le thermomètre d’avoir pris sa température à son insu, ce qui peut s’avérer, en effet, assez désagréable.

    Je pense que je ne prends aucun risque en disant que celui ou celle qui utilise sans cesse la malveillance des médias comme seul argument politique a toutes les chances d’être en mauvaise posture.

    « La parole est aux organes259. Odeurs et politique »

  • Commentaires

    1
    Souris donc
    Dimanche 4 Mars à 10:03

    Les médias fournissent aux Français le thermomètre à affichage automatique de la bonne température, celle du commanditaire, journal ou chaîne de télé. Corto dénonce cette complaisance des instituts de sondage.

    Du coup, le JDD publie un thermomètre des thermomètres qu'il appelle le baromètre des baromètres.

    Pour moi, Macron est en hypothermie. Macron et sa martingale : faire les poches aux vieux sans défense.

    Baisse des retraites + montée de la CSG + prochaine chypriotisation des assurances-vie (fastoche, suffit de puiser, et si les séniors ne peuvent plus financer leur autonomie, ils iront en EHPAD, où c'est pas cher, c'est l'Etat qui paie).

      • Dimanche 4 Mars à 10:27

        Les baromètres évaluent l'opinion, les thermomètres font l'opinion en mesurant la température des politiques. S'attaquer aux revenus déjà bas de la plupart des retraités est une curieuse maladresse de Macron et une forme de mépris pour les retraités en les considérant comme non productifs, alors qu'ils l'ont été pendant longtemps. Il suffisait de toucher que les fortes retraites en sachant que les retraités aisés entretiennent quasiment les jeunes de leur famille au chômage. 

    2
    Dimanche 4 Mars à 11:32

    Ce qui crée la confusion, c'est que certains utilisent de faux thermomètre où la température indiquée est celle qu'on a décidé et non celle qu'on dit mesurer.

      • Dimanche 4 Mars à 11:40

        Les thermomètres peuvent être aisément manipulés, mais dans un pays libre on en a plusieurs et la moyenne des manipulations permet de se faire une idée.

    3
    Dimanche 4 Mars à 16:20

    C'est aussi le problème de la "popularité réelle" et de la "popularité ressentie" en fonction de la direction et de la force des vents qui émanent des médias...

      • Dimanche 4 Mars à 16:24

        Remarque très astucieuse. yes

    4
    Souris donc
    Lundi 5 Mars à 09:27

    Celui qui utilise la malveillance des médias est en mauvaise posture. Mais celui qui utilise sa bienveillance risque de s'illusionner. Le FigMag publie, depuis des années, un sondage Kantar-Sofres qui laisse perplexe quant aux facultés de l'échantillon représentatif (de la population générale). Les réponses ne correspondent jamais à la question : Pour chacune des personnalités suivantes, souhaitez-vous lui voir jouer une rôle important au cours des mois et des années à venir.

    Le classement qui en résulte est clairement une liste par notoriété. Ainsi, on a toujours Hulot, Mélenchon et Juppé sur le podium. Puis  Aubry ! Et Royal ! Vers la fin, Blanquer juste derrière Duflot. Je serais le FigMag, je ME poserais des questions...

      • Souris donc
        Lundi 5 Mars à 11:06

        LE Média de Mélenchon : un seul thermomètre. Et info en liberté surveillée.

      • Lundi 5 Mars à 11:25

        Mon billet est axé sur les faits rapportés par les médias permettant de juger le milieu politique, et il arrive que les acteurs de la politique pour éviter de parler des faits accusent les médias de les avoir rapportés.

        La fiabilité des sondages est un problème entièrement différent. On peut très bien leur faire dire ce que l'on veut en formulant la question de façon adaptée. On peut ainsi trouver facilement des sondages d'opinion où chacun dit le contraire de l'autre. Nous ne sommes pas dans les faits mais dans les manipulations statistiques. 

        Bien sûr La Média a les ambitions de la Pravda de l'URSS

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