• La confusion des valeurs

    La confusion des valeurs

    Eugène Delacroix : « Le bon Samaritain »

    François Fillon a récemment déclaré sur TF1 :

    « Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité ».

    Que ce soit de la gauche, du centre ou de l’extrême droite, Fillon a essuyé des salves de désapprobations pour s’être servi de ses croyances religieuses comme argument électoral dans une république qui se veut laïque.

    Je ne rentrerai pas dans ce débat.

    Ce qui me paraît plus intéressant est que le candidat de la droite a mis en avant des valeurs chrétiennes pour répondre aux critiques qui lui sont faites sur la « brutalité » de son programme, notamment concernant la prise en charge des soins par l’Assurance maladie : respect de la personne et de sa dignité, solidarité…

    On peut y ajouter d’autres valeurs promues (je ne dis pas qu’elles sont réalisées) par le christianisme : compassion, le secours au plus faible, le respect des pauvres et des défavorisés (« les derniers seront les premiers »), une hostilité (plus théorique que pratique) envers l’argent et les riches (plus pour le catholicisme que pour le protestantisme) et… l’accueil de l’étranger (quant au pardon des offenses, on pourrait qualifier cette valeur de poétique).

    Les valeurs revendiquées par la gauche (non révolutionnaire, car vouloir « pendre les patrons par leurs tripes » comme l’extrême gauche a pu le proposer, sort du cadre des valeurs pour rejoindre celui de la folie) ne me paraissent guère différentes, en y ajoutant peut-être la « justice sociale », valeur particulièrement floue mais qui fait partie de la solidarité, et « l’égalité », en sachant que l’égalité devant le droit est préconisée par tout le monde, mais que l’égalité des individus n’a aucun sens.

    En fait quand la gauche parle avec une certaine emphase de ses valeurs, ce sont essentiellement des valeurs chrétiennes, ce qui lui permet de faire la morale aux autres à l’égal des prêtres.

    En définitive : la gauche est-elle chrétienne ? Ou le christianisme est-il de gauche ?

    « Une certaine gauche est toujours ce qu’elle a étéAvant débat de la primaire de la gauche »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 11 Janvier à 18:19

    Mon père avais pour habitude de dire que "le premier et seul communiste fut Jésus Christ". Il a été enfant de chœur pendant sa jeunesse, et pourtant, si vous saviez ce qu'il a pu bouffer du curé tout le restant de sa vie, au point d'éviter de passer à l'église avant sa mise en terre !

    Bises et bonne soirée

      • Mercredi 11 Janvier à 18:27

        JC, un peu dissident peut-être.

    2
    Mercredi 11 Janvier à 18:32

    Je suis moins inquiet de voir un candidat faire référence aux valeurs chrétiennes qu'un candidat qui affirme que l'Islam est compatible avec notre république.

      • Mercredi 11 Janvier à 18:44

        J'en suis bien d'accord. 

    3
    Mercredi 11 Janvier à 18:58

    Au moins Fillon a des C......s! C'est assez réconfortant chez un candidat, car il sait très bien que l'on va s'en servir contre lui, mais il reste ferme...pour l'instant!!!

      • Mercredi 11 Janvier à 19:17

        La constance est effectivement une qualité...à condition que cela ne soit pas dans l'erreur. smile

    4
    Souris donc
    Mercredi 11 Janvier à 20:20

    La confusion des valeurs. Le répondeur automatique nous a gavés de valeurs pendant 5 ans. Républicaines. Citoyennes. Accolées à n'importe quoi. 5-fruits-et-légumes-vivre-ensemble. Mode d'endoctrinement.

    Ras-le-bol des valeurs. Qu'ils s'occupent des thèmes régaliens (défense, sécurité, justice, finances), le reste, on en fait notre affaire.

    "Que l'Etat arrête de nous emmerder" (Conclusion de Fillon à son meeting de Nice, ce jour)

      • Mercredi 11 Janvier à 20:50

        Qu'on le veuille ou non, les idéologies, qui ne sont que des regroupements de valeurs et la façon de les mettre en pratique, sont là. Mon propos était de remarquer la similitude entre les valeurs chrétiennes (mises en avant par Fillon) et celles de la gauche. Un peu de provocation et de paradoxe.

        Il me semble bien que vous défendez les valeurs de la civilisation européenne face aux valeurs de l'islam, leur dénier toute importance, c'est être vaincu avant de combattre.

      • Souris donc
        Jeudi 12 Janvier à 08:48

        Les valeurs de gauche imprégnées de catholicisme : c’est la thèse d’Emmanuel Todd, Qui est Charlie. Sociologie d’une crise religieuse. Qu’il appelle le catholicisme-zombie. Ce sont les apparences, la posture. A part quelques cathos de gauche.

        La réalité, c’est interdits et taxes. CGT, zadistes, mégères médiatiques, No-borders à petit chignon : la jalousie sociale la plus brutale. (L’inénarrable Cédric Herrou envoyé par Pujadas dans les dents de Valls : crétin ignare, altruisme de pacotille en bandoulière, inutilement agressif faute d’arguments.)

      • Jeudi 12 Janvier à 09:32

        Je n'ai pas lu ce livre d'E. Todd. Son interprétation de la manifestation (dont il n'a même fait l'expérience)  qui a suivi les attentats de janvier 2015 m'a paru idiot. Le fait de brandir des valeurs ne prouve en aucune façon qu'on les suit. L'histoire du christianisme et l'inquisition ont été les applications inverses de l'Evangile. Si les socialistes eux-mêmes ne se plient guère à la "justice sociale", leur politique prétend en tenir compte avec des résultats souvent mitigés. 

        Oui, beaucoup de posture pour les uns comme pour les autres mais les décisions, elles, sont bien réelles.

      • Jeudi 12 Janvier à 09:40

        Pour l'Azuréen (Cédric Herrou), il faut "lutter contre le terrorisme par la compréhension, pas la stigmatisation." 

        En effet, c'est lumineux, mais très chrétien...

      • Souris donc
        Jeudi 12 Janvier à 11:27

        Le problème de ces "altruistes" est leur incapacité à envisager les conséquences à grande échelle d’une addition de transgressions individuelles. Se faire le passeur de 8 clandestins, qu’est-ce que ça peut faire ? Ça  permet de se donner bonne conscience, de faire la morale à la terre entière et d’avoir son quart d’heure warholien à la télé. Les effets de masse sont inaccessibles à leurs petites cervelles endoctrinées. De droitdelhommisme, d’humanisme ou de valeurs chrétiennes.

        En face de ces ingénus, on a des Anis Amri (attentat de Berlin) qui se baladent avec 8 identités différentes, de camp de réfugiés en centre d’accueil, exhibant des papiers grâce auxquels ils passent pour mineurs. A 24 ans. Se foutent de notre gueule et tuent. Même les Saoudiens arrêtent de subventionner leurs pseudo-ONG humanitaires.

      • Jeudi 12 Janvier à 11:46

        Cet altruiste prétend que ces migrants voulaient rejoindre leur famille, un regroupement familial en somme, mais il a peut-être été abusé. Aller chercher des migrants n'est pas souhaitable, mais être confronté directement à des migrants en perdition, que faire ?

    5
    Mercredi 11 Janvier à 21:27

    On a (beaucoup) payé pour le savoir, pour les uns comme pour les autres, l'enfer est pavé de bonnes intentions.

      • Mercredi 11 Janvier à 21:43

        "Si quelqu'un veut ton bonheur, change de trottoir"

    6
    Jeudi 12 Janvier à 11:59

    Oui, en fait, la position originelle du christianisme en la matière est de rendre à César ce qui est à César et a Dieu ce qui est à Deu". .

    Sinon rien ne marche !

    On peut comprendre que des hommes éprouvent de la compassion  et décident d'aider leurs frères humains dans la détresse. Ca c'est la part de Dieu. .

    Mais il faut comprendre aussi que l'action politique se situe à une autre niveau et ne saurait être dictée uniquement par de bons sentiments, comme des bisousnours de gauche ( et ce connard de Cedric Herrou) le pensent

      • Jeudi 12 Janvier à 12:14

        Là aussi on pourrait parler de confusion des valeurs. Les valeurs individuelles ne sont pas celles de la politique qui doit raisonner en terme de collectivité et à longue échéance. Aussi un débat entre un politique responsable et un individu dans sa sphère n'a pas de sens. Les médias, bien sûr, se gargarisent de ce type de confrontation parfaitement biaisée par le choix de l'individu.

    7
    Jeudi 12 Janvier à 15:25

    Pas mieux que Pangloss ! yes

      • Jeudi 12 Janvier à 16:23

        Paresseuse ! smile

    8
    Souris donc
    Jeudi 12 Janvier à 19:04

    Une valeur, c’est ce au nom de quoi un individu peut décider de sacrifier ses intérêts, orienter ses choix et ses comportements. Que les valeurs soient issues de religions ou idéologies n’est gênant que dans la mesure où l’on opprime au nom de ces valeurs. Par exemple, tuer Cabu (Cabu !) au nom du sacré (pour nous imposer le délit de blasphème). Et tout le cirque avec le "respect". Une valeur dévoyée en respect de l’environnement, quand il ne s’agit pas d’en imposer, voire de faire peur, au sens donné par la racaille. Quand un système de valeurs qui rencontrait un large consensus social devient tout à coup relatif et polysémique, il perd tout sens. C’est ce qui est arrivé dans ce quinquennat calamiteux avec ses "valeurs républicaines et citoyennes", accolées à tout et n’importe quoi.

      • Jeudi 12 Janvier à 19:19

        Le terme de valeur implique une possible variabilité, une valorisation, une dépréciation, une fausseté comme la monnaie. C'est la société et les hommes qui en déterminent le cours, de l'abandon au sacrifice.

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