• L’alibi de Dieu

     

    Dieu-mechant.jpgLa grande question que se posent (parfois) les croyants en un seul Dieu, surtout les chrétiens pour qui Dieu est bonté, mais peut-être aussi les musulmans pour qui Dieu est miséricordieux : comment peut-il permettre la mort des enfants, la torture, les attentats contre des innocents, les massacres, les guerres, les génocides, bref, le quotidien du monde, d’autant plus que beaucoup de ces crimes sont commis en son nom ? Car Dieu est parfait, omniscient, omniprésent, il à l’ œil sur chacun d’entre nous, surveille et jauge chacune de nos actions, et écoute les prières de chaque individu. Bref, il est partout et se mêle de tout, alors pourquoi le crime ?

    Les croyants font des acrobaties mentales pour le justifier ou l’expliquer : le péché originel (preuve que le Mal existait au Paradis), Satan, la punition des infidèles, la liberté de l’Homme…etc…

     

    A l’époque du polythéisme, Epicure avait déjà une explication séduisante : il ne fallait pas craindre les dieux, car ils s’en foutaient, ne se préoccupaient aucunement de notre misérable condition et n’avaient aucune relation avec les humains. Bienheureux, immortels et autosuffisants, ils vivaient hors du monde dans une suprême indifférence : « L’être bienheureux et immortel est libre de soucis et n’en cause pas à autrui, de sorte qu’il manifeste ni  colère, ni bienveillance », toutes les intentions et les sentiments que la foule prêtait aux dieux n’étaient que des fictions, « tout cela est le propre de la faiblesse ».

     

    Pour le monothéisme, une explication semblable  peut être tirée de la Kabbale : Dieu n’est pas là. Il existe, mais il est ailleurs.

    C’est surtout au XVIe siècle que les kabbalistes ont systématisé l’idée que Dieu s’est retiré du monde pour le  créer. « Là où est le monde, Dieu n’est pas. Et là où est Dieu, le monde n’est pas ». Ainsi les kabbalistes fournissent-ils à Dieu son meilleur alibi : il lui est impossible d’être sur le lieu des crimes.

    La conclusion logique est qu’il faut être reconnaissant à Dieu pour la création dont il est responsable, sinon nous ne serions pas là, mais puisqu’il ne fait plus partie du monde, il ne peut être coupable de ce qui s’y déroule. Et pour paraphraser Woody Allen : si Dieu existe, il a une bonne excuse, il n’est plus là.

    « Le tube de MozartTaxez ce sein pour être vu »

  • Commentaires

    1
    Lundi 7 Novembre 2011 à 14:53
    Cela pourrait être en effet une excuse facile, mais ce n'est pas le cas, chez les catholiques puisqu'il est enseigné , que Dieu est partout et en nous ! i c'est vraiment le cas, il voit ce qui se passe et les excuses lui font défaut !
    Par ailleurs, Dieu donnerait son libre arbitre à chacun, le laissant libre de pêcher ou non... En fait il se simplifie bigrement la tâche !
    Nettoue
    2
    Lundi 7 Novembre 2011 à 15:21

    C'est la contradiction interne des monothéismes et notamment du christianisme où le Dieu-Bonté est partout alors que le crime existe. D'où les explications alambiquées : l'existence de Satan (Dieu est-il dans Satan ?) et la liberté accordée à l'homme. S'il y a liberté, Dieu ne peut pas être en chacun des hommes, sinon ils ne seraient pas libres et s'il y est, il est responsable du mal qu'ils font.

    3
    Lundi 7 Novembre 2011 à 17:47
    Bonne analyse DR WO, la religion n'est que contradiction, en fait elle ne se soucie même pas de donner de vraies explications, puisque le dogme principale est de croire sans poser d'autres questions que celles dont la réponse est déjà dans le catéchisme primaire !
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    4
    Lundi 7 Novembre 2011 à 17:55

    Cela me rappelle une réplique de Georges Marchais (feu 1er secrétaire du PC) à un journaliste : "vous venez avec vos questions, je viens avec mes réponses"

    5
    Lundi 7 Novembre 2011 à 20:46
    Heureusement que Dieu n'existe pas! S'il existait, on ne pourrait que constater qu'il s'amuse avec sa création comme un enfant sadique.
    6
    Lundi 7 Novembre 2011 à 20:51

    Les absents ont toujours tort.

    7
    Mardi 8 Novembre 2011 à 15:31
    Sur un sujet qui a fait couler tellement d'encre, une petite histoire que je trouve "mignonne" : La Trinité s'ennuie au paradis. C'est long l'éternité bienheureuse ! Dieu le père propose d'aller faire un petit tour sur terre pour se changer les idées
    -"Si nous allions à Jérusalem " ?
    -"Ah non, merci" dit Jésus, "j'y ai de très mauvais souvenirs" !
    -"Moi, j'aimerais bien aller à Rome, au Vatican", dit le Saint Esprit, "je n'y suis encore jamais allé" !
    (histoite racontée par une religieuse !)
    8
    Mardi 8 Novembre 2011 à 17:28

    Le Saint Esprit ne manque pas d'esprit.

    9
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 08:58
    Quelle facilité de mettre la faute sur un tiers ; il y a longtemps que je ne compte que sur moi pour y arriver , ainsi je n'ai que moi a engueuler pour mes erreurs et moi a féliciter pour mon parcours ,
    10
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 17:18

    Malgré l'absence de Dieu, on parle et on fait beaucoup en son nom.

    11
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 17:22

    Il est difficile d'engueuler ou de féliciter quelqu'un qui n'est pas là. Soi-même est sous la main.

    12
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 18:43
    Et pourquoi les poly, les mono et les kabalistes n'auraient-ils pas TOUS raison ? Dieu peut être à la fois ici et ailleurs et s'en ficher comme de sa première explosion nucléaire. D'ailleurs, puisque Dieu est l'ESSENCE de l'homme, il est à la fois la première cellule et toutes celles qui, après multiplication et différenciation, en découlent, ce qui explique cela. Rien à voir avec des considérations morales sur la justice divine. Les horreurs existent autant que les beautés et c'est ça qui fait que Dieu est ce qu'il est, non ?
    13
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 18:55

    Votre opinion rejoint, me semble-t-il, la conception de Dieu de Spinoza : nous faisons partie de Dieu sous une forme finie et mortelle. Dieu se confondant avec l'ensemble de la Nature, ce qui retire toute culpabilité vis à vis de lui.

    14
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 19:45

    Au point que l'on pourrait douter de son existence. Mais l'ensemble de la nature est féroce : c'est à qui bouffera l'autre. L'ennui avec l'homme est que sa violence est "gratuite"et pas pour survivre.

    15
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 19:58
    Vous m'avez bien sondée : j'adore Spinoza !
    16
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 20:49

    C'est pourtant un philosophe très difficile à lire et à comprendre (sauf le petit livre qui s'intitule "De la liberté de penser dans un Etat libre")

    17
    Mercredi 9 Novembre 2011 à 20:52

    Il y a en effet des éducations qui peuvent conduire à la violence, en particulier celles qui sont soutenues par une idéologie.

    18
    Jeudi 10 Novembre 2011 à 11:51

    Des idéologies imposent leur éducation dès le plus jeune âge. Ce fut le cas du communisme et du nazisme et l'éducation des parents ne peut pas y faire grand chose, surtout s'ils sont eux-mêmes embrigadés.

    19
    Jeudi 10 Novembre 2011 à 13:53

    D'éducation en éducation, il faudrait alors remonter très loin.

    20
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:01
    Vous avez raison, que les hommes laissent Dieu là où il est, qu'il laisse de sont côté sa création vivre pleinement sa vie sans lui, c'est d'ailleurs ce qu'il a toujours fait, après tout Responsabilité est une chose qu'ils ne connaissent pas, mais ils trouveront soyez en sûr un autre prête nom pour pertétrer toutes sortes de massacres et barbareries comme ils l'ont toujours fait. Le véritable Dieu à l'heure actuelle c'est l'argent et il nous promet à l'humanité un bel avenir.
    Personne à l'heure actuelle n'ose inculper l'être humain de son propre malheur et pourtant il y a de quoi.
    21
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:01
    C'est aussi ma conception, sauf que notre parcelle divine est en sommeil.
    22
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:01
    Sans doute, mais il n'y a pas que celles là, tous les hommes ne se trouvent pas happés par une idéologie, tous les hommes n'ont pas l'instinct grégaire et je pense que l'éducation dès le plus jeune âge qui laisse à désirer permet justement ce passage vers une idéologie quelconque.
    23
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:01
    Oui mais les adultes qui ont adhéré à ces idéologies n'ont pas été élévés dans celles-ci, pourquoi ont-ils accepté cela? sans doute à cause de leur éducation précédente?
    24
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:01
    L'homme est violent parce que c'est qu'il apprend dès son plus jeune âge et les manques viennent de l'éducation.
    Prenons par exemple "la responsabilité de ses actes" Dès l'enfance qui n'a pas dans un groupe (famille, école) écopé de punition collective pour une faute commise par un seul qui ne prend pas ses responsablités en se dénonçant? Dans la vie courante à plus grande échelle on retrouve la même chose, combiens payent pour l'erreur d'un seul dont on ne connaîtra pas le nom. L'homme est aussi empli de désirs qu'il veut assouvir coûte que coûte pour certains même s'il doit se débarasser de ses semblables. C'est pour cela que les violences perpétrées par un animal n'ont rien à voir avec celle de l'homme qui utilise son intelligence qu'il utilise comme un instrument de pouvoir et domination.
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