• JEUX DE MAINS

    JEUX DE MAINS

    Il y a la main qui écrit, la main qui pétrit, la main qui peint, la main qui pétrit le pain. La main du médecin qui recherche le mal, celle du chirurgien qui le tranche pour le bien.

    Il y a la main complice qui donne une caresse à l’être que l’on aime, au chien qui vous aime, ou aux fesses tentatrices.

    Il y a les mains réunies, une menotte dans une grosse, une large sur une fine, les doigts entrelacés. De petites mains unies dans une ronde enfantine. Celles jointes en prière, ou menottées de fer pour avoir la paix.

    Il y a les mains qui parlent de ceux qui parlent trop ou de celui qui se tait parce qu’il est muet

    Il y a ceux qui tendent la main pour connaître leur destin, et ceux qui prétendent l’avoir dans leurs mains, mais n’en savent rien.

    Il y a celui qui tend la main, le dos au mur, parce qu’il n’a rien, sauf la soif et la faim.

    Il y a ceux en colère qui ferment la main pour en frapper le voisin ou le tenir en l’air pour menacer l’univers.

    Il y a les mains habiles qui trichent ou dérobent. Il arrive que devant des messieurs en robe, ils tombent dans la nasse comme des poissons morts.

    Il y a les mains assassines qui serrent le cou un peu fort : meurtre ou accident, au hasard du jugement.

    Il y a les hommes souriants qui se serrent longuement la main par devant, et jouent parfois à celui qui serre le plus fort, pour la photo, ou qui se passent la main dans le dos pour se trahir demain.

    Il y a ceux qui se salissent les mains dans les moyens justifiés par la fin ou dans le sang de la guerre et en sont fiers. Il y a ceux qui s’en lavent les mains, et même s’ils se donnent du mal leurs mains restent sales.

    Il y a les mains qui tremblent avec sur leur dos cette terrible crasse sénile, ces petites taches brunes qui petit à petit se touchent et tirent un voile blanc sur le destin de chacun.

     

     Albrecht Dürer : "Le Christ au milieu des docteurs" (détail)

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  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Mai à 13:41

    Magnifique Doc, ce qui mériterait de faire partie au défi N°111 de notre "aminaute" EVY.

    Des mains, cette semaine, nous en avons pu en voir et revoir, notamment la poignée de main MACRON/TRUMP, une poignée de main qui était un bras de fer, avantage au petit jeune ! Mais à l'issue de ce G7, cela va se terminer par un doigt d'honneur pour TRUMP ! Nous ne pesons pas grand chose devant de diable d'homme.

    Bon après midi Doc

      • Samedi 27 Mai à 14:29

        C'est cette poignée de mains Trump/Macron dont on a beaucoup parlé alors que ce n'était qu'un incident de cour de récréation qui m'a fait penser à publier ce texte.

    2
    Evy
    Samedi 27 Mai à 13:52

    Superbe vraiment je me permet de le rajouter à mon défi avec un lien vers ton blog bonne journée Evy

      • Samedi 27 Mai à 14:29

        Merci.

    3
    Souris donc
    Samedi 27 Mai à 18:22

    Belle revue des mains et de leur jeu.

    Je suis éperdue d'admiration devant la perfection des mains des nouveaux-nés. Leurs petits ongles nacrés.

      • Samedi 27 Mai à 18:49

        Et l'habitude qu'ont les nourrissons de prendre leurs pieds avec leurs mains pour jouer avec.

    4
    Samedi 27 Mai à 19:26

    Beau texte, écrit de main de maître. 

     

     

     PS : pour ma part, quand j'ai tenté, par le passé, d'évoquer les jeux de mains, c'était très égocentré et plutôt "jeux de vilains"

     

      • Samedi 27 Mai à 21:59

        Onan qui mal y pense.

    5
    Souris donc
    Samedi 27 Mai à 19:31

    Et les mains des pianistes. Daniel Barenboïm. Des mains costaudes, courtaudes, des mains d'artisan. Et un jeu pianistique d'une infinie finesse.

    Le contraire des mains osseuses et longilignes de Glenn Gould.

      • Samedi 27 Mai à 19:50

        C'est vrai. Les mains des musiciens et notamment des pianistes sont belles à regarder fair surgir la beauté. Pourquoi ces mains m'ont-elles échappé ?

      • Samedi 27 Mai à 22:06

        FairE. Main maladroite.

      • Souris donc
        Dimanche 28 Mai à 17:06

        Vous a échappé également : la main de ma soeur.

      • Dimanche 28 Mai à 18:46

        Elle était dans la culotte du zouave.

      • Souris donc
        Dimanche 28 Mai à 19:06

      • Souris donc
        Dimanche 28 Mai à 19:22

        Le zouave du Pont de l'Alma. J'ai cherché la marche des zouaves. Pan Pan l'Arbi. Impossible de trouver sur YouTube.

      • Dimanche 28 Mai à 19:28

        Bel effort tout de même. La main a disparu pour des raisons de bienséance.

      • Souris donc
        Dimanche 28 Mai à 21:40

        Ou alors le zouave du Pont de l'Alma est une sorte de grenouille météorologique parisienne. Pour le provincial, c'est l'arthrose ou la grenouille. Demander au pharmacien un peu d'hormone thyroïdienne, ou prendre du ris de veau, mettre dans l'eau de l'aquarium des têtards.

        On obtient des mini-grenouilles barométriques. Des zouaves miniatures.

      • Dimanche 28 Mai à 22:50

        Le zouave serait plutôt un maître-nageur.

    6
    Un Cœur qui bat
    Samedi 27 Mai à 20:23
    Bonsoir Doc, votre article est une fois de plus splendide, ils ont tous été pris "la main dans le sac"
      • Samedi 27 Mai à 22:04

        Les mains sont si habiles que certaines ne se sont pas laissées prendre;

    7
    Un Cœur qui bat
    Dimanche 28 Mai à 09:07
    Pas vu pas pris.....
    8
    Lundi 29 Mai à 10:49

    Très beau texte ! Les mains, dans leur gestuelle, sont avec le regard et le sourire, le reflet de "l'âme" d'une personne.

      • Lundi 29 Mai à 11:07

        Comme la langue, la main peut exprimer le pire comme le meilleur.

    9
    Lundi 29 Mai à 11:22

    La main passe ...

      • Lundi 29 Mai à 11:40

        La main basse.

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