• Etudes pour la profession de victime

    Etudes pour victimes professionnellesLe Point du 14 janvier 2021 fait paraître une série d'articles sur "Les nouveaux fanatiques" : Indigénistes, déboulonneurs, gauche racialiste, écriture inclusive...Un petit monde minoritaire mais très actif jusqu'au fanatisme, excluant, à l'égal des fascistes, toute pensée contraire et interdisant la parole à ceux qui veulent éventuellement l'exprimer. L'idéologie portée tend à séparer le monde en victimes, les personnes surtout d'origine africaine et les minorités sexuelles et en bourreaux qui sont toujours les Blancs, jamais assez coupables à leurs yeux, en jetant un voile pudique sur la culpabilité des Arabes qui ont été très actifs dans l'esclavagisme (et le sont toujours un peu), les Asiatiques semblant tirer leur épingle du jeu. L'idéologie fumeuse de ce monde totalitaire, et pour le moins revanchard, a inclus le féminisme radical sur le mode "intersectionnel" pour faire bonne mesure. Elle va jusqu'à mettre en question l'apport des peuples d'origine européenne à la civilisation alors que leurs militants ne peuvent se dispenser de leurs créations. Une idéologie qui après avoir envahi les universités américaines étouffe les françaises, et "l'on compte 1100 thèses de doctorat dans les études postcoloniales ou décoloniales" ! Le Point cite quelques extraits de thèses sur le décolonialisme dans lesquels on peut noter : “Ce que nous dénonçons est un régime hétérosexuel qui anéantit toute forme de sexe/genre/désir ne s’ajustant pas à vos impossibles critères normatifs. […] La libération du désir ne pourra advenir que lorsque se sera écroulée votre identité hétéro." Non seulement je suis blanc, mais je suis également hétéro, ça va être dur...Et un autre extrait met en doute ma profession : "Par conséquent, la lutte pour une justice sociale globale exige la construction d’une pensée “post-abyssale”, c’est-à-dire une reconnaissance d’autres formes d’appréhension du monde, d’autres formes cognitives. Dès lors que le savoir est toujours intervention dans le monde, la lutte pour la justice sociale globale passe par la promotion de “l’écologie des savoirs”. Celle-ci consiste en un dépassement de la monoculture du savoir scientifique, en concevant les savoirs non scientifiques comme des alternatives au savoir scientifique. » Mais je pourrais peut-être me reconvertir en sorcier africain. 

    Le jargon sociologique est égal à lui-même : confus et hors réalité. Heureusement Le Point a interrogé une papesse du décolonialisme :

    "Considérée comme l’une des théoriciennes du mouvement décolonial français, Nacira Guénif-Souilamas a accepté de répondre au Point. Sociologue et anthropologue, cette professeure à l’université Paris-8 est proche du Parti des indigènes de la République (PIR) et défend la nécessité de faire progresser le champ des études décoloniales à l’université. 

    Le Point : Comment définissez-vous la pensée décoloniale ? 

    Nacira Guénif-Souilamas : C’est un champ dans lequel la question est de savoir comment sortir de la colonialité du pouvoir, d’un ordre colonial, qui n’a pas disparu avec la fin des empires coloniaux, mais qui s’est reconfiguré et continue d’agir, notamment à travers l’ensemble des stratégies capitalistes extractivistes, qui conduisent à la surexploitation des humains, des ressources et au changement climatique. Il y a là une persistance de hiérarchies à la fois sociales et politiques fondées sur une assignation raciale des humains . La pensée décoloniale vise à articuler ces paramètres qui sont, dans la pensée occidentale, séparés. 

    Le Point Le mouvement décolonial dénonce régulièrement le sexisme et le caractère patriarcal de la société… mais ne dénonce jamais les patriarcats imposés par les monothéismes. Cela ne vous semble-t-il pas paradoxal ?

    A cette dernière question, la papesse a répondu d'une façon évasive. Les autres ce n'est pas son problème. On voit que sa définition de la pensée décoloniale, outre le galimatias et les néologismes, fait d'elle la pensée unique, on y trouve la persistance pour l'éternité du colonialisme, le capitalisme par les "stratégies capitalistes extractivistes" et bien sûr l'écologie qui ne saurait manquer dans une pensée dite progressiste. Quant à l'accusation d'assignation raciale des humains, elle ne manque pas de toupet puisque ce sont justement les décoloniaux qui proclament l'identité raciale. Un paradoxe qui ne semble pas effleurer cette universitaire.

    Etudes pour victimes professionnellesSi bien que pour avoir la définition de la pensée décoloniale, je préfère me tourner vers un penseur lucide et sensé, Pierre-André Taguieff qui s'est également exprimé dans Le Point :

    "La « pensée décoloniale », somme de pseudo-concepts, de clichés, de formules creuses et de cuistreries à la mode constituant un catéchisme « antiraciste » et une nouvelle langue de bois, repose sur douze piliers : 

    1 Tout est « construction sociale ». 

    2 Tout doit être « déconstruit ». 

    3 Tout doit être « décolonisé ». 

    4 Toutes les « sociétés blanches » sont racistes et tous les « Blancs » bénéficient du « privilège blanc ». 

    5 Le racisme, qui est « systémique », est l’héritage de la traite atlantique, du colonialisme, du capitalisme et de l’impérialisme du monde dit « occidental » ou « blanc » (il s’ensuit que, par définition, le « racisme anti-Blancs » ne peut exister). 

    6 « L’hégémonie blanche » va de pair avec l’« hétéro-patriarcat ». 

    7 Le « paradigme de l’intersectionnalité » – construit par les afroféministes états-uniennes pour caractériser la situation de personnes qui, appartenant à des « minorités », sont censées subir simultanément plusieurs formes de discrimination (de race, de genre, de classe) dans une « société blanche » – permet une approche scientifique des phénomènes de pouvoir et de domination. 

    8 Tout nationalisme, y compris le patriotisme républicain à la française, est porteur de racisme, donc de « discriminations systémiques ». 

    9 Le sionisme, outre le fait qu’il est un colonialisme et un impérialisme, est une forme de racisme et de discrimination raciale, et Israël est un « État d’apartheid » qu’il faut démanteler. 

    10 L’« antiracisme politique » se fonde sur les principes suivants : les races n’existent pas – ce qui n’empêche nullement que les Blancs soient tous racistes (activement ou passivement) –, et, en plus, elles sont toutes égales, sans compter qu’elles sont des « constructions sociales » qui, en tant que telles, sont indispensables pour critiquer le racisme. Il faut donc bien comprendre que, malgré les apparences, il n’est nullement contradictoire d’affirmer que les races n’existent pas et qu’elles existent. C’est là le dogme fondamental de la « théorie critique de la race », composante de la « théorie décoloniale ». Un autre dogme doit être bien compris, en dépit de son aspect paradoxal : c’est le racisme qui crée la race, mais c’est l’« usage critique de la race » qui permet de lutter contre le racisme. Ceux qui émettent des doutes sur ces deux dogmes sont des racistes à peine dissimulés. 

    11 Fondé sur la « théorie critique de la race », qui suppose que la « race » est une « construction sociale » et que l’islamophobie est un « racisme antimusulman », l’« antiracisme politique » consiste avant tout à lutter contre l’islamophobie et la négrophobie (en France, on doit y ajouter la rromophobie). 

    12 Ce que les « islamophobes » appellent « l’islamisme » n’existe pas : il n’y a que des musulmans qui souffrent de « discriminations systémiques ». Ceux d’entre eux qui osent courageusement se révolter contre la domination d’un Occident oppresseur et islamophobe en passant à la lutte armée, et que les Occidentaux appellent « islamistes », « djihadistes » ou « terroristes », doivent être considérés eux-mêmes comme des victimes de l’« hégémonie blanche » et du système oppressif qu’elle a mis en place"

     
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  • Commentaires

    1
    Samedi 16 Janvier à 15:53

    Dure! Dure sera la chute blanche!

      • Samedi 16 Janvier à 16:04

        D'autant plus qu'il vient de neiger sur Paris.

    2
    Samedi 16 Janvier à 16:16

    Ce qui me parait dangereux chez ces gens c'est que l'idée que "tout est construction sociale" et donc que tout peut être déconstruit (c-à-d : "effacé") et reconstruit ( c-à-d : réécrit sur une page blanche)  est une vieille idée anarcho-marxiste qui est à la base de tous les totalitarismes et de tous les génocides de l'histoire contemporaine.

    Ce qui me parait insignifiant est que ce galimatias qui s'auto-justifie par la confusion, le verbiage et un haut degré de pédanterie linguistique, est la caractéristique des pédants ridicules et coupés des masses auxquelles ils croient s'adresser. Quel mouvement de masse s'est jamais réclamé de Bourdieu et de Lacan ?

      • Samedi 16 Janvier à 16:33

        On a l'impression d'idées théoriques qui tournent en rond et macèrent dans leur jus

    3
    Samedi 16 Janvier à 17:32

    Ce qui est inquiétant, ce sont les sujets de thèse de doctorat. Devenus docteurs, ces gens diffuseront leurs idées dans l'université et -qui sait?- se retrouveront peut-être un jour sur des plateaux de télévision pour expliquer au petit peuple du haut de leur titre universitaire (pourquoi pas "chercheur au CNRS"?) ce qu'il faut penser et de quoi il faut se repentir.

      • Samedi 16 Janvier à 17:41

        Mais beaucoup d'enseignants sont déjà acquis à ces thèses radicales, plus ou moins extravagantes et certainement dangereuses.

    4
    Souris donc
    Dimanche 17 Janvier à 09:56

    Depuis des années, les chaisières de gauche, quel que soit le sujet, incriminent l'homme blanc, hétéro, colonisateur et saccageur de planète. Une facilité.

    Nouveau terme à la mode : systémique (quel que soit le sujet, cf. le galimatias de la prof de Paris VIII ). Or systémique a un sens précis : boucle de rétroaction, feed-back. Interaction sociale, si on veut absolument l'appliquer aux événements

    On a maintenant "le racisme systémique". Que quelqu'un m'explique.

      • Dimanche 17 Janvier à 10:10

        Quand je lis ces textes de sociologie, j'ai vraiment l"impression de lire du Pierre Dac dans ses exposés merveilleusement alambiqués et qui ne veulent rien dire. Mais ces gens là ne plaisantent pas, ils sont redoutables.

    5
    Le Page
    Dimanche 17 Janvier à 14:22

    Ouf, j'ai bien fait de venir chez vous car auparavant, ayant essayé  de lire et d'écouter ces gens là, je faisais un gros complexe d'infériorité ne comprenant rien à leur galimatias.

    Votre article et vos commentateurs me rassurent, merci!

      • Dimanche 17 Janvier à 15:49

        Je crois que Taguieff  a bien montré la vacuité de leurs concepts noyés dans une phraséologie pseudo sociologique. La plaisanterie s'arrête quand au nom de ce discours on empêche les autres de parler jusqu'à utiliser la violence.

    6
    Lundi 18 Janvier à 15:26
    Il me semble que nous leur faisons trop d'honneur en commentant leurs delires...
    Mais ce que je trouve dingue c'est la porosité de nos grandes écoles à ces délires justement. Ça en dit long sur leur état de délabrement.
      • Lundi 18 Janvier à 16:12

        Vous avez raison, ces délires méritent plus une opposition que des commentaires. Il faut cependant exposer leur ridicule auquel participent beaucoup de nos têtes pensantes (de travers)

    7
    Aristarkke
    Samedi 23 Janvier à 13:09
    Aristarkke
    Pour la reconversion en sorcier africain, pensez à vous documenter suffisamment pour faire démarrer les motos russes...
    Cela fera expert sérieux.
      • Samedi 23 Janvier à 14:20

        Mais les sorciers africains ne seraient capables de réparer les motos que si elles sont russes ? Encore une discrimination.

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