• Effraction

    EffractionEn ces temps où les musées sont veufs de leurs visiteurs qui ne peuvent regarder que leurs façades, l’artiste JR permet la visite d’une salle du palais Strozzi à Florence. Une visite par effraction grâce à un collage en trompe-l’œil qui ouvre une large brèche (l’oeuvre étant intitulée « La Ferita », la « Blessure ») dans la façade permettant de voir deux tableaux de Botticelli et une sculpture de Jean Bologne. (Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir). Je trouve cette idée originale et le collage en lui-même ne manque pas de beauté. L’œuvre de JR inaugurée le 19 mars 2021 est assez symbolique de la place grandissante de l’image comme substitut du réel ou carrément pour le remplacer en le faisant disparaître comme dans la « réalité augmentée » fournie en boîte de conserve. Visite virtuelle d’un musée ou du monde, mais aussi sexualité en voyeur et par procuration. Parallèlement à l’invasion de l’image sous toutes les formes, l’écrit a tendance à s’atrophier pour mieux circuler sur les réseaux sociaux. Il est plus facile d’éructer que d’argumenter comme il est plus facile de visiter le paysage assis sur son séant que de le toucher de son corps. Je trouve que le terme : "dématérialisation" qui traduit un phénomène irrésistible, et qui nous est imposé, a quelque chose d'effrayant car il nous annonce que la réalité va devenir de plus en plus fantomatique.

    « CONFINEMENTEtre dehors ou dedans, là est la question »

  • Commentaires

    1
    Lundi 22 Mars à 21:06

    Je partage votre frayeur, l'avenir fantomatique et très violente me fait aussi très peur, tandis que d'autres se familiarisent avec elle...

      • Lundi 22 Mars à 23:18

        Question d'âge. Ceux qui sont nés avec les télé-images et internet n'imaginent pas un autre monde.

    2
    Lundi 22 Mars à 22:01

    Je ne connaissais pas cette installation...

    Le tout est de savoir dans quelle optique elle a été conçue et réalisée :

    1 consoler autant que faire se peut (avec humour et talent) de la fermeture provisoire(?) des musées 

    2 dissuader de visiter inutilement les originaux, quand des copies ou des reproductions font l'affaire

    (ou un mélanges des deux, ou une troisième, ou ni l'une ni l'autre)

     

      • Lundi 22 Mars à 23:20

        On peut aussi la concevoir comme une protestation et l'illustration d'une privation. 

    3
    Mardi 23 Mars à 12:48

    A force de dématérialiser, on retournera peut-être à nos lointaines origines, quand le savoir était totalement dématérialisé et transmit exclusivement par voie orale. 

      • Mardi 23 Mars à 13:35

        Mais la voie orale implique la mémorisation, or celle-ci se détériore en raison du stockage informatique qui permet de ne plus solliciter et d'exercer sa mémoire.

        NB d'ailleurs le "street art" étale même les connaissances sous forme d'images sur les murs de nos rues. A côté de la publicité pour créer nos besoins.

    4
    Souris donc
    Mercredi 24 Mars à 08:43

    J'aime beaucoup les trompe-l'oeil, même artisanaux pour masquer un espace mural trop vide au gré des habitants. Et le land art.

    Le streetartist Banksy a fait sa BA (Bonne Œuvre) au profit des hôpitaux. Plus de 19 millions d'euros.

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