• De quoi se défiler

     

    De quoi se défiler

    Un bref coup d’oeil sur l’écran de télévision où se déroule la cérémonie du 14 juillet.

    Une chorégraphie multicolore sur terre et dans le ciel, impeccable comme d’habitude. Je ne suis guère amateur de ce genre de spectacle, mais on ne peut contester qu’il a de l’allure du peu que j’en ai vu, tout en étant décalé dans la France et le monde d’aujourd’hui.

    Un petit bonhomme plutôt embarrassé lorsqu’il serre la main des officiers qui le dépassent d’une tête. On ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil à sa chevelure de bonne teinture. Quand on y met le prix, les résultats sont là. J’ai trouvé que le caméraman, sans doute par mauvais esprit, s’est un peu trop attardé sur sa tonsure.

    Et puis la Marseillaise, violent chant guerrier où le sang (impur de surcroît) qui abreuve les sillons revêt un incontestable côté gore. Les paroles du chant national sont aujourd’hui à la limite du ridicule.

    Mais il faut se remettre dans l’époque révolutionnaire où décapiter au canif la tête du gouverneur de la Bastille et la promener sur une pique allait de soi, même si le propriétaire de la tête s’était rendu avec la garnison qu’après avoir obtenu des émeutiers la promesse qu’il n’y aurait aucune exécution après la reddition de la forteresse.

    Ce n’est pas cet événement de la prise de la Bastille, suivie par des exécutions sommaires, que l’on commémore depuis 1880 en tant que Fête nationale, mais la Fête de la fédération qui s’est déroulée le 14 juillet 1790, date qui n’a pas été choisie au hasard. De ce fait, c’est finalement l’événement guerrier et peu reluisant qui est restée dans les mémoires et non la pacifique et fugace union nationale de l’année suivante.

    « 219. Le pas de gauche chaloupé sur un air de PMALa stratégie de l’après-coup »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 14 Juillet 2016 à 16:11

    Quand les présidents sont à la hauteur de leur fonction ce défilé peut être très beau mais avec ce petit bonhomme rougeaud et gonflé de sa propre importance (il n'y a d'ailleurs que lui qui y croit), c'est en effet ridicule (mis à part le défilé proprement dit avec les militaires, tout y est parfait)

    Quand à la Marseillaise, vous devriez allez sur youtube pour lire les commentaires  des français à son propos... ils ne la trouve absolument pas abscon!

      • Jeudi 14 Juillet 2016 à 17:17

        C'est un hymne qui ne parle que de guerre, de sang, de mort, de vengeance etc...

        C'est un hymne qui a été écrit pour une armée allant au combat et qu'il fallait en quelque sorte "chauffer".

    2
    Souris donc
    Jeudi 14 Juillet 2016 à 18:19

     

    Plus personne ne pense au sens des mots, c’est juste un moment d’union patriotique. Pour tous les pays du monde. Dans l’hymne américain, il y a

    "la lueur sanguine des fusées, les bombes explosant dans les airs [...] leur sang a lavé les souillures de leur traces immondes."

    Cependant l’hymne allemand a été expurgé de ses 2 premières strophes, trop…martiales. Donnant lieu à des gaffes diplomatiques régulières,  comme le 11 novembre 2009 à l’Arc de Triomphe, en présence d’Angèle. Le chœur de l'armée française n'était pas au courant.

     

    Pourquoi Mou-Président-Je, coquet et coquin à ses heures, ne s’est-il pas fait faire des implants chez Cahuzac ?

     

      • Jeudi 14 Juillet 2016 à 18:42

        C'est vrai que plus personne ne pense au sens des mots, c'est d'ailleurs une tare de notre société, les mots n'ont plus de sens ou un sens dévoyé. Quand on lit les paroles de la Marseillaise, à l'époque où elles furent écrites, elles avaient un sens, on y parle par ex. des "complices de Bouillé", général ainsi passé à la postérité et cité à de multiples reprises. Je trouve ça plutôt amusant.

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    3
    Jeudi 14 Juillet 2016 à 18:39

    L'émeute populacière qui s'est terminée par le honteux massacre de La Bastille a pris le pas sur la grotesque pantalonnade que fut la Fête de la Fédération...la République est construite sur du solide, elle a donc incontestablement le président qu'elle mérite.
    Amitiés.

     

      • Jeudi 14 Juillet 2016 à 18:46

        Elle a eu toutefois des présidents qui ne manquaient pas d'allure.

    4
    Jeudi 14 Juillet 2016 à 19:21

    J'aime bien les défilés et les mouvements d'ensemble bien réglés. Les militaires savent faire ça.  J'ai donc apprécié. Mais ça me fait aussi penser aux parades nazies, à l'URSS, à la Chine, à la Corée du Nord nettement plus spectaculaires. Et  soudain, j'aime un peu moins les défilés

     

      • Jeudi 14 Juillet 2016 à 19:37

        Si l'on ne voit que le côté chorégraphique, les mouvements d'ensemble sont toujours spectaculaires. Sauf que ce ne sont pas des danseurs mais des soldats, ce ne sont pas des costumes, mais des uniformes, ce ne sont pas des instruments, mais des armes. Cependant, quoi que l'on dise, ces militaires, nous en avons impérativement besoin.

      • Souris donc
        Jeudi 14 Juillet 2016 à 22:22

        Des danseurs, il y en eut pour le Bicentenaire chorégraphié par Jean-Paul Goude. En finale, la divine Jessye, chantant la Marseillaise place de la Concorde, drapée dans le tricolore, spectaculaire, un peu fantomatique. Plus grandiose que le projet de "fête" de Verdun avec le rappeur. 

         

      • Vendredi 15 Juillet 2016 à 08:00

        Oui la prestation de Mme Norman est impressionnante : la voile est belle et les paroles à peine nécessaires. Il est incontestable que le chant lui-même est d'un grand dynamisme.

    5
    Jeudi 14 Juillet 2016 à 23:33

    Moi non plus, comme vous, je n'aime guère les paroles de la Marseillaise.

    Mais je souris en pensant  (parfois!) que celui qui aura tôt ou tard la mauvaise idée de vouloir en "moderniser" les paroles  pour  "les faire mieux correspondre à notre époque" ouvrira une boîte de Pandore d'où il sortira en vrac les mots Mixité, Egalité-réelle, quelque-soit-mon-sexe, quelque-soit-mon-genre, métissage, droits-des-minorités, musulmans-chrétiens-athées-tous-ensemble, black-blanc-beur...

    Et ce, bien entendu, décliné en Français, Breton, Corse, Créole, Occitan et Basque (j'en oublie peut-être)

      • Vendredi 15 Juillet 2016 à 07:53

        Alors à tout prendre je préfère les paroles historiques qui servent de rimes pour chanter en oubliant leur signification première. C'est un chant de guerre dépassé.

      • Souris donc
        Vendredi 15 Juillet 2016 à 08:57

        Carlus, c'est le consensuel du vivrensemblisme, comme l'interprétation plus guimauve à l'ukulélé de On n'est pas là pour se faire engueuler, que Boris Vian faisait swinguer avec une trompette éclatante et second degré dans cette parodie de musique militaire pour voir défiler le roi de Zanzibar. Si tout le monde était resté chez soi, ça ferait du tort à la république.

      • Vendredi 15 Juillet 2016 à 09:32

        Carlus manie l'ironie avec beaucoup de verve.

    6
    Souris donc
    Vendredi 15 Juillet 2016 à 10:44

    J'ai bien compris son intervention. Je m'adressais à Carlus pour ajouter "vivre-ensemble" à sa savoureuse modernisation bisounoursique de la Marseillaise.

      • Vendredi 15 Juillet 2016 à 10:47

        Autant pour moi.

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