• SONNET CHEVALIN

     

    L’homme est la pire conquête du cheval

    Le cavalier hautain emporté sur son dos

    Trône à califourchon sur sa cavale

    Comme il le fait en secret sur son pot

     

    Si le cavalier est fier de son destrier

    Le cheval méprise le monteur d’échine

    Et supporte stoïque le poids de sa vanité

    Qui prend pour elle les vertus chevalines

     

    Il traversait pour l’homme devenu fou

    Les champs dévastés devenus mouroirs

    Et bien qu’innocent prenait aussi les coups

     

    L’étalon est fouetté pour être le premier

    Afin que l’homme profite de sa gloire

    Pour plus tard monnayer ses montées


    Paul Obraska


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  • Dans le cœur des grandes tours cubiques de métal et de verre, dans les profondeurs des antres glacés, au bout des halls immenses et lisses, à la sortie des ascenseurs luisants, de chaque côté des couloirs déserts où trônent des machines à café, dans les bureaux cubiques et transparents alignés comme des dominos où clignotent les néons : il n’y a plus de fenêtres, le jour a disparu, le soleil est loin, il n’y a ni nuages , ni pluie, ni froid, ni chaleur, et le climatiseur diffuse les germes à température constante sur des êtres humains qui remuent sur leurs chaises dans les cages vitrées, en hésitant sous le regard des autres à se curer le nez.


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  • Sur Montmartre il fait beau. Un soupçon de lait dans le bleu là-haut. Il fait un peu frais. Les ramures se transforment en rousses ou blondes ravageuses. A droite un accordéon se lamente. A gauche la joie éclate dans les rythmes du Vieux Carré et syncopent sur les pentes. Les gens flânent et entrent dans les boutiques pour le plaisir de ne rien acheter. La douceur de l'automne est là, il faut en profiter.


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  • L'été se meurt. Hier et aujourd'hui à Paris, il fait encore beau. Mais le soleil est déjà bas et les feuilles encore vertes se cuivrent peu à peu. Les cafés se vident sur les trottoirs. Les gens pour goutter le soleil et voler une cigarette, mangent dans les vapeurs d'essence. Et les voitures empêtrées près d'eux klaxonnent comme on gémit lorsqu'on a mal. En pure perte. On manifeste quelque part. On manifeste toujours quelque part. En pure perte.

     Les parcs sont pleins, les uns assis ou couchés, les autres courent. Il y a des tas de gens qui courent et les gens assis les regardent courir. C'est intéressant. Les jeunes filles, les écouteurs aux oreilles, les seins libres cahotant au rythme des foulées, les jeunes hommes, le tee-shirt maculé de larges taches, les vieux hoquetant, le cœur affolé et les enfants courent après les pigeons, s'exerçant aux rêves impossibles. L'été se meurt, vive l'été !


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  • Sans garder des moutons

    Sans entendre des voix

    J'ai parfois la vision

    Entre deux haies de bois

    D'une image irréelle

    Comme un blanc mirage

    Suspendu dans le ciel

    D'un bleu sans nuage


    Paul Obraska


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