• Se percer les lobes auriculaires pour y suspendre un bijou est évidemment une pratique très ancienne, mais celle du piercing ne date que de quelques années. Une étude a été faite en Angleterre en 2005 par Bone A. et Coll. sur 10503 personnes âgées d'au moins 16 ans. Le piercing a été adopté par 1 personne sur 10 et par les femmes plus souvent que par les hommes (1 femme sur 2 de 16 à 24 ans). Les femmes ont une préférence très nette pour le nombril (plus d'une fois sur trois) et par ordre décroissant : nez, oreille, langue (est-ce que ça ne fait pas zozoter ? est-ce qu'on le retire pour manger ?), sourcil, mamelon, et lèvre. Les hommes plus souvent que les femmes se percent le mamelon ou les organes génitaux (j'en frémis).

    En voyant les gens percés, j'ai tendance - en bon samaritain - à vouloir désinfecter leur peau. Un geste qui ne serait pas inutile car 2 fois sur 10 le piercing est réalisé par un ami, un proche ou par soi-même. La pratique n'est pas sans danger puisque les complications surviennent 1 fois sur 3 et la moitié d'entre elles exigent des soins médicaux. Les hospitalisations sont heureusement rares (1 fois sur 100).

    Bien sûr le piercing est une mode, mais c'est tout de même différent de la longueur d'une jupe ou de la largeur d'un pantalon, il s'agit de s'enfoncer du métal dans la chair et parfois dans des zones particulièrement sensibles. Alors pourquoi ? On n'est pas plus beau avec un bout de métal dans la chair du visage ou sur la langue que sans. Masochisme, automutilation proche de l'autophagie ? Mais une personne sur dix dans la population générale, ça fait beaucoup. Compétition ? : « Toi tu n'as que deux barrettes à  l'oreille, alors que j'en ai trois » (ce qui fait passer du grade de lieutenant à celui de capitaine). Preuve de courage pour les zones sensibles ? Référence au supplice romain enduré par le Christ ?

    J'avoue que pour moi c'est un mystère à percer. Si un visiteur adepte du piercing tombe par hasard sur mon blog, je lui serais reconnaissant de me donner ses motivations qui sont sûrement excellentes, mais qui m'échappent.


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  • J'ai beaucoup d'admiration pour les jambes des femmes, enfin pour la plupart. Les muscles sont à peine visibles (les muscles font trop penser à l'anatomie et à la fonction motrice), gainés par une peau sans poils, enfin pour la plupart ou des poils si fins, si soyeux qu'ils sont invisibles ou éliminés parfois douloureusement  par la cire sacrificielle. On ne peut qu'admirer les petits genoux ronds et les volumes arrondis harmonieusement étagés sur le socle d'un talon haut qui claque sur le bitume comme pour attirer l'attention (les tennis ne font pas le même effet).

    A coté de ces merveilles doubles, enfin pour la plupart, on est atterré par la laideur des jambes des hommes, enfin pour la majorité : les muscles saillants (quand il y en a), disgracieux, les gros genoux, et que dire des jambes velues. Une femme en chemise, les jambes apparentes, est adorable, un homme dans la même situation, même si la chemise est belle, est parfaitement ridicule. Je pense que cette expérience simple, facile à réaliser, sans matériel  compliqué et sans budget important, illustre parfaitement mon propos.

    La question existentielle qui se pose est la suivante : comment les femmes peuvent-elles coucher avec les hommes ? Alors que l'inverse ne relève d'aucun mystère. Bien sûr, pour être scientifique, il faudrait poser la question aux femmes, leur point de vue ne doit pas être négligé, elles sont partie prenante dans l'affaire.

    Bien qu'étant un homme  hétérosexuel (certes un peu fané), en restant objectif, je ne peux aboutir qu'à la conclusion provisoire suivante (du moins je l'espère) : logiquement, pour éliminer cette disparité choquante, les femmes ne devraient coucher qu'avec les femmes et les hommes qu'avec les hommes.

    Et si l'on interdit les croisements des sexes et des semences, ce serait une façon élégante d'en finir avec l'Humanité, sans passer par une grossière déflagration atomique.


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    Picasso disait qu'il fallait apprendre à comprendre. Ce grand homme avait sûrement raison, aussi me suis-je concentré sur un tableau entièrement blanc. J'avoue que mon cerveau est resté aussi vide que la toile. Je ne peux pas représenter le tableau ici car, blanc sur blanc, il risquait fort de ne pas être visible. A moins que, pour paraphraser Coluche, le tableau soit plus blanc que blanc ou l'inverse. Récemment une jeune asiatique pris par le vertige du vide a appliqué ses lèvres sur une œuvre immaculée en y laissant la forme de ses lèvres maquillées. Ce baiser a fait perdre au tableau une partie de sa valeur, je trouve au contraire qu'il prenait enfin une signification et devenait plus humain.

    Non seulement je ne comprends pas l'art moderne mais j'en suis effrayé. Des « artistes » ont exposé des pièces anatomiques. L'autopsie a fait partie de ma formation, je n'ai jamais beaucoup aimé la pratiquer, ne serait-ce que parce que cet exercice avait le toupet de révéler nos erreurs diagnostiques, mais en outre, nos organes s'ils sont admirables dans leur fonctionnement sont plutôt laids et peu ragoûtants. Alors les exposer comme de la viande sur l'étal d'un boucher en tant qu'œuvres d'art, c'est de la perversité !

    Non seulement je ne comprends pas l'art moderne, mais j'en suis dégoûté.

    Comme les « créateurs » cherchent à tous prix l'originalité et qu'ils font des merdes pour se faire remarquer, qu'ils en sont fiers puisqu'ils les vendent et parfois pour une fortune, un puriste a décidé de simplifier les choses en exposant ses propres excréments en un raccourci saisissant, abrégeant ainsi le transit de la création. C'est pas beau ça ?


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  • On a toujours besoin des autres pour exister. Enfin de moins en moins, puisque les autres s'en vont de plus en plus.

    Dans le monde des blogs les autres réapparaissent et ils ont l'avantage d'être désincarnés, lointains et plus ou moins anonymes. Ainsi se nouent ce que les blogueurs appellent des « amitiés virtuelles ». Il serait plus juste de parler de relations ou de correspondances car utiliser ici le beau mot d'amitié, c'est le galvauder. Il n'y a ni vision vivante, ni histoire commune, ni aide donnée ou reçue et les relations virtuelles peuvent disparaître aussi vite qu'elles apparaissent, ce qui n'est pas le cas des relations amicales. L'amitié comme l'amour est toujours risquée, pas la relation entre blogueurs. Bien sûr, les blogueurs jouent le jeu sans être dupes.

    La question est de savoir si aller sur le blog d'autrui c'est y rechercher un contenu intéressant et/ou drôle ou si en laissant  un commentaire en général flatteur, c'est espérer la réciproque. Ainsi peut s'installer un envoi de fleurs mutuel et la plateforme devient une entreprise assimilable à « Interflora ». Certes les insultes ne sont pas exclues, il faut bien que les psychopathes refoulés, cousins des délateurs anonymes, se défoulent et la plateforme se transforme alors en thérapeutique de libération émotionnelle.

    Il est certain que le blog a une vocation de psychothérapie. Nombre de blogs se livrent à une concurrence victimaire, d'autres servent d'exutoires. S'épancher devant un public sans visage est moins cher qu'une psychanalyse, le blogueur à l'écoute est aussi silencieux qu'un thérapeute mais son commentaire a plus de compassion et son oreille est attentive aux récriminations, puisqu'il a les mêmes.

    Mais alors, me direz-vous, pourquoi avoir créé votre blog ? C'est une très bonne question à laquelle je ne répondrai pas.


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  • Chez les Chtis, un mariage a été annulé en raison d'une tromperie sur la marchandise. Le mâle avait cru acquérir une femelle neuve alors qu'elle était d'occasion.

    Il y a ceux qui ne seront jamais premiers
    Ni sur terre
    Ni sur les mers
    Ni dans les cieux
    Mais qui exigent de l’être au moins une fois
    Pour ces prétentieux
    Qui ne tentent aucun exploit
    Il y a la vierge à déflorer
    On est le premier que l’on peut

    (AINSI VA LA VIE I, extrait de"Etre le premier")

    "De nos jours, certaines jeunes femmes issues de familles d'un autre âge, paniquées à la veille de leur mariage, demandent à des chirugiens de leur refaire un pucelage comme des vétérinaires peuvent corriger certains défauts d'un chien avant la confirmation. Cette "chirurgie de compassion" n'a rien à voir avec la reconstruction de l'hymen réclamée par nombre d'Américaines pour assouvir un fantasme de leur conjoint, souvent associée à un resserrement du fourreau vaginal."

    Extrait de "6. La médecine est faite pour les malades"

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    Les cellules vivantes ont la capacité de se renouveler éternellement et les êtres vivants de ne jamais mourir, alors ils se suicident. Ils sont programmés pour çà.

    La mort n'est qu'une constatation statistique. Certes, la loi des grands nombres en fait une vérité, mais une programmation peut toujours avoir un bug, n'est-ce pas ?

    Jusqu'à présent, aussi loin que remonte la mémoire humaine, on n'a pas observé de bug dans la programmation génétique suicidaire. Heureusement. Car même en laissant par obligation la place aux autres, même en faisant disparaître des plantes et des animaux, la masse vivante augmente, de plus en plus humaine, et elle bouffe la masse minérale qu'elle recrache en fumée, de préférence toxique.

    Alors, il y a les guerres ; elles érodent la masse vivante, moins vite mais plus largement que les catastrophes naturelles. Les hommes font ce qu'ils peuvent. Il faut reconnaître que les guerres ont des vertus. Dans la tourmente on se regarde moins le nombril, il y a moins de dépressions, il y a moins d'obèses - surtout dans les camps de concentration - Un vent de liberté souffle sur les mœurs : les soldats vont aux putes sans remords et les femmes se laissent convaincre pour une dernière étreinte.

    Toutes les compétences sont utilisées : les voyous deviennent des héros, les meurtriers sont décorés pour leurs meurtres, les sadiques sont promus pour leurs tortures, les voleurs pillent joyeusement, les violeurs violent en paix, même les bons pères de famille, et leurs chefs indulgents détournent le regard quand ils n'y prêtent pas la main.

    Et que dire des progrès réalisés pendant les guerres : des bactéries inconnues colonisent les laboratoires, les chimistes remplissent leurs cornues de molécules nouvelles, les ingénieurs construisent des machines qui tuent mieux et plus loin, les savants font péter des pétards et retrouvent ainsi leurs joies d'enfant.

    Quand une masse humaine est plus entamée que la masse ennemie, vient la paix où on continue encore un peu d'élaguer par vengeance ou pour ne pas perdre la main, en suivant le doigt anonyme des délateurs.

    Les périodes qui suivent les guerres sont des périodes fastes, on les appelle « Glorieuses », même pour les vaincus. Certes on pleure un peu, mais on rit beaucoup d'être resté vivant, on recommence à ne penser qu'à soi, et on reconstruit vaillamment. L'économie ne connait pas de crises, il n'y a pas de chômeurs, on manque même de bras, ceux laissés sur les champs de bataille. En fait, pendant la guerre il ne s'était pas passé grand chose dans les champs, tout s'était passé dans les villes, là où il y a le plus de civils, bien plus faciles à tuer que des soldats armés.

    Mais les périodes fastes n'ont qu'un temps. Les choses reviennent comme avant et on attend la prochaine guerre pour casser et recommencer ou la mort prochaine pour laisser la place aux nouveaux nés


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  • Ces jours-ci l'essentiel du débat politique tourne autour du mot « rigueur » : « Vous  voulez faire de la rigueur - Non je ne veux pas faire de la rigueur ». Les uns accusent, les autres se défendent. La rigueur est devenue une véritable insulte. On peut en conclure :

    1° Que pour les hommes politiques ce qui importe n'est pas le contenu d'une politique, mais le nom qu'on lui donne

    2° Que les hommes politiques ne veulent pas être rigoureux. On s'en était aperçu.

    3° Qu'une politique approximative et/ou incertaine aurait l'assentiment de tous.

    4° Que l'idéal est de diriger un pays avec la douceur  d'une assistante sociale. L'ennui est que ce n'est pas possible.


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  • En dehors du monde politico-guerrier, j'avoue ne pas trop savoir ce que veut dire « mourir dans la dignité ». Est-ce à dire que la mort d'un malade que l'on entoure de soins, que l'on ne laisse pas mourir de faim et de soif , à qui on évite le mieux possible des souffrances et des traitements inutiles ou disproportionnés par rapport aux résultats que l'on peut en attendre, que cette mort est indigne ?

    La dignité est-elle dans l'apparence de soi et la conservation de la communication ? Dans le souvenir qu'on laissera aux autres ? Mais dans ce cas il vaudrait mieux disparaître avant la vieillesse ou en tous cas avant que la maladie qui conduit à sa propre destruction ne se développe, c'est-à-dire disparaître avec l'apparence de la bonne santé.

    Si l'on veut « mourir dans la dignité », faudrait-il se suicider ? Beaucoup l'ont fait, comme Montherlant qui se donna la mort dans la crainte de devenir aveugle. Ce fut le cas ces jours-ci de l'écrivain belge Hugo Claus au stade initial d'une maladie d'Alzheimer et sans menace vitale. Mais il y a une différence entre les deux : le premier s'est tué lui-même et le second a été exécuté par un médecin encadré par la législation de son pays, un peu comme les souverains vaincus qui demandaient à leur serviteur de les tuer.

    J'avoue être mal à l'aise devant la double fonction du médecin dans les pays où le suicide dit assisté est permis : soigner et tuer. Tuer un malade devenant un acte médical et dans le cas présent un acte préventif en l'absence de douleurs physiques et une conservation notable des facultés (du moins d'après les journaux). Il est vrai que la déchéance intellectuelle est bien pire qu'une diminution des capacités physiques qui même extrême n'empêche pas des individus de s'exprimer de façon remarquable. 

    Je pense aussi à la possibilité - et quel que soit le cas - d'une erreur diagnostique au stade initial d'une maladie dont le génie évolutif est souvent variable. A la découverte possible d'un traitement pendant l'évolution du mal. Qu'en sera-t-il lorsque les impératifs économiques conduiront peut-être à proposer une « fin digne » afin d'éviter les dépenses importantes qu'exigent les maladies terminales.

    Comme c'est difficile ! Et cela nous concerne tous si l'on n'a pas la chance de mourir subitement.


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  • Nous sommes naturellement schizophrènes. Des machines à déformer la réalité, nous projetant sans cesse hors du présent, vivant des émotions hypothétiques, des peurs anticipés ou des regrets dépassés
    Les hommes rêvent de vivre intensément le présent, déguster le moment qui passe, se débarrasser du fardeau passé et évacuer la crainte de l'avenir. Percevoir vraiment le monde et non son interprétation. Prendre conscience des choses et des êtres sans l'entrave de la pensée qu'ils suscitent. Voir l'objet et non la pensée de l'objet. Etre récepteur de ce qui est, de la source des choses et non de leur idée. Faire taire en soi-même ce commentaire qui usurpe la place du réel. Cette réflexion qui tourne et ne voit qu'elle-même.
    L'autre jour, un bref instant, en marchant dans une rue, j'ai réussi à faire taire cette pensée omniprésente, envahissante, totalitaire. Cet écran immatériel, ce verre cathédrale tomba tout un coup et je fus tout entier la proie d'une sensation unique, pure, directe, ni repoussée, ni amplifiée, ni minorée, ni déformée par les tourbillons incessants des pensées inutiles. Ma conscience fut tout entière envahie par une sensation enfin authentique : la douleur provoquée par mon cor au pied.

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  •   L’axe de la Terre passe par le nombril de chacun. Et le monde tourne autour de son nombril. C’est un moteur puissant. C’est un composant de l’Histoire qui n’est plus à la mode, on parle plus volontiers de forces économiques, d’évolution sociale, mais sans le nombril tordu d’Hitler la deuxième guerre mondiale aurait-elle eu lieu ?   Il n’est donc pas étonnant que chacun regarde son nombril et avec la caution philosophique du « connais-toi toi-même » de Socrate. Il le regarde avec attendrissement ou désespoir. Après tout le nombril est unique et périssable et le temps est limité pour le regarder.   La tendance est de le montrer et on ne perd pas une occasion pour le faire et lui donner de la valeur. Il y a peu la mode pour les jeunes filles était de le laisser à l’air, ce qui a entrainé sa banalisation, ce qui est dommage. La littérature est d’une autre portée et surtout la poésie qui est l’expression littéraire la plus nombriliste, le nombril étant recouvert d’un voile transparent, charmant ou amer. Et ne parlons pas du monde des blogs qui est l'exposition de nombrils (dont le mien) la plus vaste et la plus sophistiquée qui soit   Regarder son nombril, bien que pleinement justifié, ne permet pas toujours de jeter un œil intéressé sur le nombril des autres (blogs mis à part) et sur le monde qui tourne autour. Mais heureusement, il y a des spécialistes pour regarder le nombril d’autrui : notamment les psychologues et les psychanalystes. Souvent ces spécialistes ont du mal à faire le tour de leur propre nombril alors il gagne leur vie en contemplant celui des autres.

     


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