• A L’EAU, poème téléphoné

    A L’EAU, poème téléphoné

     

    Il plut sur la ville comme il plut sur le cœur des campagnes.

    L’eau a crû jusqu’à la crue, et les riverains ébahis furent cuits,

    Qui l’eut cru.

     

    Le réveil sonna et l’ocre Seine sortit de son lit,

    Il était l’heure de travailler les berges englouties,

    Les quais débarrassés cette fois des promeneurs

    Furent offerts aux péniches qui montaient en douceur.

     

    Le zouave qui fait le pont depuis la décolonisation

    S’est recyclé comme étalon aqueux bénévole.

    Dès que la Seine découche, ses pieds pataugent,

    Chacun regarde le plongeur au niveau du pantalon,

    Mais lui reste de pierre devant les eaux folles,

    Ses yeux toujours fixés sur la ligne bleue des Vosges.

     

    Dans les bas-fonds, les rats des caves se rebiffèrent,

    Et sortirent en trottinant vers la lumière du jour gris,

    Visiteurs clandestins des ordures ménagères,

    Ils écartèrent un vieil SDF en montrant leurs dents,

    Alors que l’homo sapiens en manquait cruellement.

    Et le premier des rongeurs devant les restes, dit :

    Que d’os, que d’os…

     

    Dr WO. Pour ce poème, je préfère utiliser mon pseudo.

    « Un psychanalyste qui parle tropQuel est l’hurluberlu qui a parlé de société apaisée ? »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 28 Janvier à 12:27

    J'aime beaucoup ce poème d'eau...

    La Loire commence elle aussi à s'élargir sur ses berges, j'habite très loin d'elle heureusement.

      • Dimanche 28 Janvier à 13:58

        Un poème d'eau comme un rat d'eau.

    2
    Dimanche 28 Janvier à 17:14

    Ça ne rime à rien, je sais, mais je tenais à partager une information qui a été donnée en direct sur je ne sais plus quelle chaine d'info, par un.e "envoyé.e (très) spécial.e" ou par le/la présentateur/tateuse de service:

    "Notons, une fois encore, que les riverains des cours d'eau en crue sont les premiers à âtre "impactés" par les inondations."

                                                                                                                                                   (image d'archives)

      • Dimanche 28 Janvier à 17:43

        Un impact avec la bêtise

    3
    Souris donc
    Dimanche 28 Janvier à 19:12

    Non, non, ne vous cachez pas derrière le pseudo, Dr Wo, vous sauvez le passé simple de son naufrage titanique orchestré par Najat par souci d'égalitarisme entre les enfants des quartiers et les enfants chez qui le passé simple est parlé couramment. Par pure bienveillance, plus de passé simple ! Fini, les -îmes, -âmes, -ûmes ! Quand un élève écrit il disa, il prena, il finissa, il pouva, ils prenèrent, il a la sensation du passé simple. Comme le sentiment d'insécurité de Lionel Jospin.

      • Dimanche 28 Janvier à 19:33

        Vous avez remarqué l'utilisation appuyée du passé simple comme un petit pied de nez bien modeste à ceux qui veulent le faire disparaître, alors que c'est un temps bien adapté pour raconter une histoire.

      • Souris donc
        Dimanche 28 Janvier à 19:54

        Vous m'épatâtes (surtout si vous épluchez les pommes de terre. Purée !)

      • Dimanche 28 Janvier à 20:29

        Comme quoi il faut tenir compte de l'esthétique ou de la musique de la langue qui doit pouvoir se lire sans heurter.

    4
    Lundi 29 Janvier à 11:29

    Venir au secours du passé simple, c'est bien. J'eusse aimé que vous réservassiez le même traitement au subjonctif.

      • Lundi 29 Janvier à 11:44

        Vous venez de prouver que vous en êtes un spécialiste, à vous de jouer.

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