• 416. De l’abus sexuel à l’abus de langage

    416. De l’abus sexuel à l’abus de langageUne gynécologue, par ailleurs femme politique*, a été accusée de viol après un toucher vaginal difficile probablement en raison d’une contraction vaginale. On pourrait accuser cette gynécologue de brutalité, mais pourquoi de viol pour un acte réalisé dans le cadre professionnel. Pourquoi ne pas accuser un gastro-entérologue de sodomie pour un toucher rectal douloureux ou d’attouchement pour une palpation du ventre ? Pour ma part j’aurais pu être accusé d’agression sexuelle récidivée pour les très nombreuses fois où j’ai été obligé de soulever un sein pour ausculter le cœur. D’ailleurs, lors de l’auscultation d’une patiente, son mari, qui avait tenu à être présent pendant l’examen, m’avait élégamment fait remarquer sur un ton admiratif : « vous avez dû en voir des nichons dans votre vie ! » comme si j’étais un voyeur. Il est bon que la parole des femmes se soient libérée pour les agressions qu’elles subissent, mais parler de viol pour un examen gynécologique va finir par décrédibiliser la notion même de viol, comme on jette la confusion en qualifiant d’emblée une drague lourde d’agression sexuelle. Curieuse tendance en Occident à se considérer de suite comme une victime dès que l’on vit une situation que l’on estime déplaisante. Nous sommes devenus faibles**. Dans l’illustration ci-contre, que l’on doit à Jan Steen, le médecin prenant le pouls de la patiente pourrait être accusé de commettre un geste déplacé.

    * Chrysoula Zacharopoulou, nouvellement nommée secrétaire d'Etat chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux.

    ** "la youtubeuse Manon Bril, qui fait notamment des vidéos de vulgarisation sur l’histoire et la mythologie sur sa chaîne “C’est une autre histoire”, raconte à Mediapart que le jeune homme (Léo grasset, youtubeur) avec qui elle a entretenu une relation durant plusieurs années, l’a “mise dans une insécurité émotionnelle énorme”. “Il m’a kidnappée émotionnellement”, ajoute-t-elle." (HuffPost). Peut-être qu'un jour les aléas de l'amour deviendront des délits.

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 23 Juin 2022 à 10:46

    En effet, tout médecin est obligé de tâter, examine en profondeur et sonde le patient... Comment pourrait-il soigner autrement ?

      • Jeudi 23 Juin 2022 à 11:01

        La télémédecine a un champ limité surtout en gynécologie.

    2
    Souris donc
    Jeudi 23 Juin 2022 à 11:32

    Les tribunaux devraient condamner ces "plaignantes" à de lourdes peines, pour diffamation, dénonciation calomnieuse, ça les calmerait et dissuaderait les autres. 

    Esculape est le fils d'Apollon. 

     

      • Jeudi 23 Juin 2022 à 11:58

        Mais pas aussi séduisant. Les plaignantes condamnées ?! Vous voulez la révolution.

    3
    Jeudi 23 Juin 2022 à 15:12

    Incompréhensible !  Parce qu'elles ne disent même pas que les gestes en question étaient inutiles ou sans rapport avec l'objet de la visite !  C'est juste la brutalité du geste qui semble avoir créé chez elles un ressenti de viol. 

     

      • Jeudi 23 Juin 2022 à 16:23

        Apparemment. Cette gynécologue fait peut-être mal son métier mais cela n'a rien à voir avec un viol. Une selle de vélo commet-elle un viol si elle est traumatisante ?

    4
    Vendredi 24 Juin 2022 à 22:14

    Le témoignage à la télé d'une des plaignantes et la troisième plainte pour "violence gynécologique" confirment que ce qu'on lui reproche est, en fait, sa froideur, son manque d'empathie et la brutalité de ces gestes. 

    Il y a qq années, il y avait eu une association de patients qui reprochait aux oncologues des choses similaires : la brutalité avec laquelle on leur avait annoncé leur cancer, la brièveté des visites de contrôles périodiques, le manque d'information sur les effets secondaires, etc... Il y avait quelques médecins qui répondaient " à la guerre comme à la guerre" et d'autres qui s'excusaient en disant que leur formation n'avait rien prévu à ce niveau.

      • Vendredi 24 Juin 2022 à 23:34

        L'empathie ne s'apprend pas. Mais la question est peut-être plus complexe. La médecine française a changé ces dernières années influencée par la médecine américaine. Ne rien cacher, dire la vérité crûment, concept entré dans le droit. J'ai connu une époque moins brutale et plus difficile à assumer jusqu'à offrir une illusion transitoire mais plus facile à vivre pour le patient.

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