• 388. La chute des chromosomes

    Quand l’âge nous prend, et même si l’on ne campe pas sur des positions passéistes en approuvant l’évolution de la société lorsqu’elle va dans le sens de la tolérance ou de la justice, on peut tout de même être surpris par la rapide évolution des mœurs. Il en est ainsi de la procréation qui devient de plus en plus artificielle depuis que les médecins et les biologistes s’en sont mêlés en passant d’une médecine préventive, curative ou palliative à une médecine du bonheur cherchant à combler les désirs individuels et en cédant aux revendications plus politiques que sanitaires de chacun.

    388. La chute des chromosomesIl en est de même de l’identité du genre en séparant gaillardement le sexe du genre pour suivre les constructions intellectuelles, qui tiennent plus de la fiction que de la réalité, nées dans les cerveaux fertiles made in USA, surtout féminins, si je peux me permettre cette horrible expression binaire, en partant du postulat que tout est construction sociale et en effaçant sans la moindre hésitation les chromosomes de l’équation. Et on nous sert à toutes les sauces le « on ne nait pas femme, on le devient » de Simone de Beauvoir qui, elle, a parfaitement réussi sa féminité du type binaire. Le transgenre (meilleur terme que transsexuel puisque que l’on ne peut pas changer le sexe qui s’obstine à rester dans les cellules et les organes) est ainsi sorti de la psychiatrie où il était jadis cantonné pour devenir un chaînon plus ou moins fabriqué entre l’homme et la femme.

    Entendons-nous, la dysphorie de genre* est durement vécue par ceux et celles qui en sont atteints, le suicide est possible et la transition n’est pas une partie de plaisir : traitement hormonal et éventuellement chirurgie sont loin d’être anodins. Par contre ce que je trouve redoutable est que l’on puisse envisager une transition qui pourrait aller de soi dès le plus jeune âge, avant la puberté (alors que beaucoup d’enfants à ce moment se rétractent), une position favorisée par une véritable publicité qui sévit sur les réseaux sociaux dont s’abreuvent les jeunes générations. Une dérive soutenue par des associations féministes et trans et qui auront probablement gain de cause.**

    Le changement de genre semble rentrer dans les mœurs comme quasiment une norme. Ce qui conduit à considérer qu'il existe des femmes avec ou sans utérus et des hommes avec ou sans prostate, et le risque théorique pour un homme de mourir d'un cancer de l'utérus et pour une femme de mourir d'un cancer de la prostate. Ce n'est pas "trouble sur le genre", mais confusion sur le genre. L’Education nationale a sorti des instructions destinées aux établissements scolaires pour l’accueil des enfants transgenres, même dans le primaire ! Je ne connais pas le détail de ces instructions, notamment pour le sport, les toilettes etc… je sais simplement qu’il est recommandé d’utiliser le prénom usuel (donc modifié) mais pour les examens il est demandé de conserver le prénom inscrit à l’état civil, mais je suppose, comme ailleurs, que l’état civil fera tôt ou tard sa transition.

    Pour en revenir à Simone de Beauvoir après le « deuxième sexe », il serait souhaitable d’en décrire un troisième, ou plus si affinité, voire pas de sexe du tout.

    * "En janvier 2022, la nouvelle classification internationale des maladies (CIM-11) élaborée en 2019 entrera en vigueur. Les situations trans y sont dépathologisées, le terme de « dysphorie de genre » (transexualisme) n’y apparaît plus. En revanche, une rubrique « Troubles en lien avec la santé sexuelle » intègre plusieurs catégories : incongruence de genre, changement d’anatomie chez la femme, changement d’anatomie chez l’homme."

    ** C'est après avoir rédigé ce billet que j'ai pris connaissance de la parution dans l'express du 20 septembre d'une tribune intitulé : "Changement de sexe chez les enfants : nous ne pouvons plus nous taire face à une grande dérive" signée par une cinquantaine de psys, médecins, et intellectuels (dont Elisabeth Badinter, Réné Frydman et Xavier Emmanuelli) qui dénoncent une "emprise idéologique sur le corps des enfants" en soulignant "une inflation considérable des demandes de changement de sexe chez les enfants et notamment chez les adolescentes...au prix d'un traitement médical à vie, voire chirurgical sur des corps d'enfants ou d'adolescents"

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  • Commentaires

    1
    Lundi 4 Octobre à 20:21

    Je me demande si Simone de Beauvoir a imaginé que son slogan deviendrait  "on ne nait pas femme, on le devient par les traitements hormonaux et la chirurgie

      • Lundi 4 Octobre à 20:47

        Certains l'utilisent dans ce sens. C'est slogan couteau suisse.

    2
    Lundi 4 Octobre à 20:36

    J'ai connu un garçon devenu fille, mais la pauvre! elle avait des mollets de rugbyman, une voix de stentor pas de poitrine et une taille de garçon, elle faisait l'objet de quolibets et pleurait à l'école presque tous les jours, cela se passait pourtant dans les années 60 ce garçon avait trop de chromosomes féminins pour rester garçon, je pense que sa vie à continuée en grisaille...si il/elle vit toujours !

      • Lundi 4 Octobre à 20:50

        Ses chromosomes étaient bien masculins et compte tenu de son aspect ils se manifestaient largement.

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    3
    Souris donc
    Mardi 5 Octobre à 08:57

    La génération selfie renie les idéaux hérités du Siècle des Lumières, et notamment l'universel des valeurs humaines, pour multiplier les cases, de couleur, de genre, afin de pouvoir s'ériger en parangon éveillé, et agresser impunément. 

      • Mardi 5 Octobre à 09:42

        Pour la sexualité, ce ne sont plus quelques cases, mais un casier.

    4
    Mardi 5 Octobre à 09:01

    Avant, on gérait les bugs de la nature autrement. On était un "garçon manqué" ou un homme "efféminé".  Etre officiellement homosexuel en couple n'empêchait pas Jean Marais de jouer des rôles de  Prince charmant.

    C'était plus simple et plus compliqué à la fois. D'autant que la tolérance sociétale devenait de plus en plus générale. 

      • Mardi 5 Octobre à 09:38

        Plus simple en apparence mais avec beaucoup d'hypocrisie et de non-dits. Cependant on semble tomber dans l'excès inverse en le justifiant par des théories fumeuses. Pour moi (je vais me faire honnir) la dysphorie du genre est une maladie qui peut nécessiter un traitement et où le patient doit être respecté et aidé. Mais dire que le sexe biologique n'est qu'un "présupposé" et que tout est construction sociale laissent le champ libre à n'importe quoi.

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