• 274. La chimie ! Vous dis-je

    274. La chimie ! Vous dis-je

    Images de neurones saisies par la chercheuse Alexandra Auffret

    (et non le ciel et la mer à travers des branches d'arbres)

    Une étude est parue récemment sur le suivi pendant 5 ans de plus de 400 patients atteints de la maladie de Parkinson et traités par des médicaments visant à pallier le déficit en dopamine dans certaines structures de leur cerveau. Le déficit de ce neurotransmetteur au niveau des connexions entre neurones étant responsable de la maladie. La dopamine est une molécule impliquée, entre autres, dans la sensation de satisfaction et de récompense.

    Près de la moitié des patients traités par ces médicaments qui miment l’action de la dopamine (« agonistes dopaminergiques ») cèdent à leurs impulsions et n’ont pas hésité à satisfaire leurs envies pouvant aboutir à des troubles alimentaires, une hyperactivité sexuelle, des achats compulsifs, une dépendance au jeu et même à l’exhibitionnisme, mais aussi à l’augmentation de la créativité artistique ou littéraire.

    La dopamine joue-t-elle un rôle dans ce qui serait une addiction au shopping ? L'oniomanie, trouble lié à l'achat compulsif qui toucherait environ 1% (6% dans certaines études) de la population mondiale (60% de femmes). Anxiété du manque qui ne peut être comblée que par l’achat.

    Est-ce la peur de manquer qui pousse de façon incompréhensible (pour moi) des gens qui ont tout et qui en veulent davantage jusqu’à se perdre. Combien a-t-on vu de gens fortunés prendre des risques insensés pour agrandir leur fortune, une augmentation qui ne leur sert strictement à rien. C’est sans doute plus un jeu qu’une nécessité. Ainsi en est-il de l’ex-roi Carlos d’Espagne qui devait entrer dans l’histoire auréolé d’avoir rétabli la démocratie dans son pays après la dictature de Franco, et d’avoir par la suite fait échouer un coup d’Etat. Cet homme qui jouissait d’un grand prestige, et à qui rien ne manque, est en passe d’être accusé de malversations, fraude fiscale, comptes en Suisse. Etait-il dans le besoin pour s’embarquer dans une telle galère ? Il y a de la chimie là-dessous.

    « Quand on cherche à avoir la peau des autres.On n'a pas de pétrole, mais on a de l'urine »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Août à 22:45

    Qu'en est-il, alors, du libre-arbitre ?

    Les personnes ayant réalisé cette étude étaient-elles sous l'emprise de leur propre dopamine ?

    La dopamine se vend-elle clandestinement dans certains quartiers difficiles pour y rendre la vie plus agréable ?

    Pourquoi est-ce que je pose ces questions ?

     

     

      • Vendredi 10 Août à 09:08

        Parce que poser ces questions satisfait votre curiosité mais vous n'aurez pas la récompense de véritables réponses. Ce que l'on peut-être dire est que les déterminants sont très nombreux (génétique, épigénétique, hormones, neurotransmetteurs, mémoire etc..) intriqués et que l'ensemble constitue un équilibre qui est notre personnalité. Cette complexité même laisse probablement une place à la liberté. Par contre cette liberté pourrait être menacée en cas de déséquilibre d'origine interne ou externe privilégiant certains de ces déterminants au dépens des autres. Bien sûr, tout ce que je viens d'écrire n'a aucune valeur scientifique et est sans doute faux; cette conclusion n'est pas en faveur d'une sécrétion de dopamine.

    2
    Vendredi 10 Août à 09:31

    L'achat compulsif est encouragé par la publicité envahissante. Envahissante au point de constituer une part très importante de notre environnement et donc des stimuli auxquels nous sommes soumis et qui tous ont pour but de provoquer l'acte d'achat. Même les publicités pour des produits qui ne nous concernent pas (produits d'hygiène féminine pour les hommes par exemple ou mousse à raser pour les femmes) participent à ces stimuli et rendent celles qui nous concernent plus efficaces. C'est comparable à ce qui se passe dans les rues commerçantes. L'abondance de boutiques est bénéfique pour le chiffe d'affaires de toutes et la fermeture de commerces diminue les achats de ceux qui restent.

      • Vendredi 10 Août à 11:19

        Vous avez raison. C'est l'abondance qui suscite le manque.

    3
    Vendredi 10 Août à 19:25

    Ah Doc, en apprenant les déboires d'un Trump, d'un Juan Carlos et même d'un Hollande, je me réjouis que mes ex (certes, infiniment moins nombreuses que celles de ces illustres personnages -mais aussi moins vénales-)  aient gardé avec moi des rapports cordiaux et qu'aucune d'elles n'ait songé à dénoncer à l'administration fiscale ces notes d'hôtel que je faisais parfois passer en notes de frais ou révélé à la Sécu la véritable nature des congés maladie que je partageais avec elles.

    Carlus (adepte de la relativité) smile

      • Vendredi 10 Août à 20:49

        Cela restera entre nous. wink2

      • Vendredi 10 Août à 23:06

        Je voudrais préciser qu'au delà de la légèreté de mon propos, je partage votre indignation et votre incompréhension : comment un roi d'Espagne (ou d'ailleurs) peut-il se livrer à de tels agissements ? A-t-il peur de la précarité du job ? pense-t-il à l'avenir de sa progéniture ? 

         

      • Vendredi 10 Août à 23:16

        Aucune motivation ne parait dans ces cas sensée

    4
    Souris donc
    Vendredi 10 Août à 19:45

    De la chimie et de la chimère.

    Plus que Carlos d'Espagne, Elon Musk est dopaminé à coup sûr. Après avoir envoyé une de ses Tesla en orbite autour de la terre, il envisage de coloniser mars avec 1 million de terriens.

      • Vendredi 10 Août à 20:53

        Il ne se prend pourtant pas pour un dopaminable

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